Cette fois, le coup de pied dans la fourmilière ne vient ni d'une réforme flamande ni d'une contre-réforme wallonne du contrôle technique. Il vient de Bruxelles où, ce 5 mai 2026, la Commission des transports et du tourisme du Parlement européen a adopté sa position sur la révision de la directive 2014/45/UE, soit le texte-cadre qui encadre le contrôle technique dans les 27 États membres depuis 2014. Par 30 voix pour, 11 contre et 2 abstentions.
Aucun centre de contrôle, en Belgique ou ailleurs dans l'Union, n'est aujourd'hui tenu de vérifier les airbags d'un véhicule ni son système de freinage automatique d'urgence. Ces équipements, pourtant montés en série sur la quasi-totalité des voitures neuves depuis plusieurs années, ne figurent tout simplement pas dans la grille d'inspection périodique. Mais ça va changer.
Proposed changes to EU roadworthiness rules spark debate: older cars avoid stricter tests, while advanced safety systems and emissions checks take centre stage. https://t.co/5uNetutA19
— The Brussels Times (@BrusselsTimes) May 5, 2026
Douze ans de retard
Désormais, l’inspection du contrôle technique intégrer les airbags et les systèmes de freinage d'urgence automatique. Les eurodéputés ont estimé que ces équipements devraient « faire partie des inspections périodiques pour s'assurer qu'ils offrent les avantages attendus en matière de sécurité ». Des composants spécifiques aux véhicules électriques et hybrides feront aussi leur entrée dans la grille.
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Autre point souvent passé au bleu, un véhicule faisant l'objet d'un rappel constructeur non exécuté pourrait désormais se voir refuser la carte verte. Si votre constructeur a lancé une campagne de rappel pour un défaut de sécurité et que vous n'avez pas fait la démarche de réparation, le contrôle technique pourrait bientôt vous bloquer net. C'est inédit.
La Commission avait aussi proposé de passer à un contrôle annuel pour les voitures de plus de dix ans. Mais les eurodéputés ont rejeté la mesure, estimant qu'elle n'était ni proportionnelle ni étayée par des données probantes sur la réduction des accidents. Le rythme actuel, une fois tous les deux ans, est donc maintenu. Ce qui ravira la Flandre qui adopte ces mesures au 1er septembre prochain.
Faux kilométrages
L’Europe s’attaque en outre à un autre problème : celui de la fraude kilométrique. La révision prévoit que les ateliers de réparation enregistrent le kilométrage pour toute intervention dépassant une heure. Les constructeurs, eux, devront alimenter les bases de données nationales avec les relevés des véhicules connectés. L'objectif est évident : permettre à l'acheteur d'un véhicule d'occasion de vérifier l'historique kilométrique réel. L’Europe fait donc ce qu’elle avait prévu de faire : adopter le système du Car-Pass belge à l’échelle européenne. C’est une très bonne nouvelle, car la majeure partie des cas de fraude détectés en Belgique concernent des véhicules importés de l’étranger.
Enfin, la révision du texte introduit aussi une autre nouveauté pour qui se déplace en Europe : la possibilité de passer son contrôle technique dans n'importe quel État membre de l'Union, quel que soit le pays d'immatriculation. Un certificat européen temporaire, valable six mois, serait alors délivré, après quoi le contrôle suivant devra avoir lieu dans le pays d'immatriculation. Cet aménagement a surtout été aménagé pour les étudiants en Erasmus ou les frontaliers belges dont l'échéance peut tomber au mauvais moment.
Attention toutefois, car le vote intervenu en Commission n'est pas la version finale. La plénière du Parlement européen devra valider la position à la mi-mai 2026, avant l'ouverture des trilogues avec les États membres. Dès lors, la transposition de ces mesures dans le droit belge prendra encore plusieurs années. Mais le cap est fixé.
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