Contrôle technique : une voiture d'occasion sur cinq recalée en Flandre, et des assouplissements arrivent

En 2025, 9.624 voitures d'occasion ont été immédiatement interdites de circulation après leur passage au contrôle technique en Flandre. C’est 26 par jour. C’est le fait d’un parc automobile belge qui vieillit et de défauts qui s'accumulent alors même que des assouplissements prévus par la réforme arrivent en septembre. N’y a-t-il pas un problème ?

Publié le 30 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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Contrôle technique : une voiture d'occasion sur cinq recalée en Flandre, et des assouplissements arrivent

En 2025, les centres de contrôle technique flamands ont ausculté 482.809 véhicules d'occasion avant leur revente entre particuliers, soit une hausse de 2 % par rapport à 2024. Sur cet ensemble, il apparaît que plus de 93.000 présentaient au moins un défaut majeur ou dangereux. Ça représente 19 % des voitures examinées, soit quasi une sur cinq, selon les données compilées par GOCA Vlaanderen, la fédération des centres agréés.

Parmi eux, 9.624 ont décroché une carte rouge assortie d'une interdiction de circuler immédiate, pour cause de « défaut dangereux ». Selon GOCA interrogé par les journaux de Mediahuis, ce type de défaut constitue un danger direct et immédiat pour la sécurité routière ou l'environnement. Concrètement, cela signifie que le conducteur n'est plus autorisé à rouler que pour se rendre au centre de contrôle, à son domicile et au garage pour exécuter la réparation. La représentation du véhicule est obligatoire endéans les deux mois.

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© GOCA Vlaanderen

Des voitures dangereuses

Les exemples fournis par GOCA sont variés, mais ils parlent d'eux-mêmes. Une Mercedes de 2013 affichant « seulement » 100.000 km au compteur présentait un sous-châssis arrière corrodé et fissuré, ce qui compromet directement la tenue de route. Autre exemple : une Volkswagen de 2009 et de 241.000 km se signalait par un ressort arrière droit cassé. Là encore, il s’agit d’un élément dont la défaillance rend le comportement du véhicule imprévisible et allonge la distance de freinage. Naturellement, ces avaries sont invisibles à l'œil pour un particulier.

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Les 83.405 autres véhicules recalés l'ont été pour « grand défaut », ce qui est certes un cran en dessous dans l'échelle de gravité. Mais ça reste malgré tout problématique, car dans ce cas de figure, la restriction géographique de circulation ne s'applique pas. La réparation doit toutefois intervenir dans les quinze jours, suivie d'une contre-visite dans les deux mois.

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© GOCA Vlaanderen

Le parc vieillit

La corrélation est évidente : plus les voitures sont âgées, plus les cartes rouges s'accumulent, indique GOCA Vlaanderen. Et les chiffres sont surprenants : à cinq ans, une voiture sur dix est recalée tandis qu’à dix ans, c'est une sur cinq. Et à vingt ans, c’est une sur deux. Or, 63,9 % des voitures vendues en Belgique en 2025 étaient des occasions (chiffres Traxio) et ce marché reste en croissance en raison principalement de la baisse du pouvoir d’achat. L'âge moyen du parc belge dépasse désormais les dix ans. Le compteur est en marche depuis 2021 : la tendance est à la hausse, sans discontinuer.

Des assouplissements dès septembre

Face à ce constat chiffré, on ne peut que s’interroger sur l’avenir de la sécurité automobile en Belgique. Car à partir du 1er septembre 2026, la Flandre supprime le contrôle technique obligatoire avant la revente pour les voitures achetées par un particulier domicilié en Flandre. Le Car-Pass reste bien entendu exigé, qui trace l'historique kilométrique du véhicule, mais l'examen technique préalable disparaît et le délai de réparation passe de 15 jours à 2 mois. Par ailleurs la fréquence des contrôles périodiques est aussi passée à deux ans pour tous les véhicules, quel que soit leur âge ou leur kilométrage, même pour ceux de plus de 10 ans ou affichant 160.000 km.

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© GOCA Vlaanderen

Certes, pour la Flandre, il s’agissait de s’aligner sur les standards européens et de désengorger les centres de contrôle, mais à la vue des chiffres de GOCA Vlaanderen, on comprend surtout que ces assouplissements vont porter préjudice à la sécurité routière, des propriétaires comme des autres usages. Une voiture avec une suspension qui casse peut faire de gros dégâts et pas seulement à la carrosserie. On ne peut donc que s’étonner de cette situation, surtout que la réforme avait été présentée par ses promoteurs comme neutre sur le plan de la sécurité routière. On constate que ce n’est pas le cas.

Et au sud du pays ?

Rappelons que la Wallonie n'est pas concernée par cette réforme. Les règles y restent donc distinctes. Mais au sud du pays, la tendance est identique. Selon les chiffres du Service public de Wallonie Mobilité Infrastructures, 228.410 voitures ont décroché un certificat rouge en 2025 lors du contrôle périodique, soit 18,39 % des inspections, une hausse de près de 10 % en un an. 

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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