Cette autoroute française recharge les voitures électriques pendant qu'elles roulent

Un tronçon d'autoroute qui recharge votre voiture électrique sans que vous ayez à vous arrêter ? Cela semble utopique, mais c'est déjà une réalité en France. Les résultats de recharge sont encourageants, mais un obstacle majeur freine encore le développement de cette technologie.

Publié le 29 octobre 2025
Temps de lecture : 4 min

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Cette autoroute française recharge les voitures électriques pendant qu'elles roulent

Sur l'A10, à environ quarante kilomètres au sud-ouest de Paris, la première autoroute publique au monde où les véhicules électriques se rechargent en roulant a été ouverte. Découvrez la recharge par induction en situation réelle. L'ouverture de ce tronçon, baptisé à juste titre « Charge as you drive », pourrait marquer le début d'une révolution dans le domaine de la conduite électrique.

Sans câbles

Sur une distance de 1,5 kilomètre d'asphalte à hauteur d'Angervilliers, 900 bobines de cuivre sont dissimulées. Alimentées par le réseau électrique, elles génèrent un champ magnétique qui recharge les véhicules électriques équipés du récepteur approprié à leur passage. Cette technologie est développée par la société israélienne Electreon, spécialisée dans la recharge par induction, c'est-à-dire sans câbles. Porsche a dévoilé une technologie similaire pour son futur Cayenne, mais celle-ci fonctionne à l'arrêt dans le garage. C'est donc une autre histoire.

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La mise en service officielle de l'autoroute fait suite à une expérience française lancée il y a deux ans. Ont participé à cette expérience : une voiture particulière, une camionnette, un bus et un poids lourd. Et les premiers résultats sont stupéfiants : le système fournit en moyenne plus de 200 kilowatts de puissance et atteint des pics supérieurs à 300 kilowatts. Concrètement, cela signifie qu'un camion électrique peut recharger un kilomètre d'autonomie par kilomètre parcouru. Pour les voitures plus petites, cela pourrait même se traduire par un gain de trois kilomètres par kilomètre d'asphalte avec recharge par induction.

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Point de basculement

Selon le PDG de VINCI Autoroutes, la société française gestionnaire des autoroutes à péage et partenaire de cet essai, il s'agit d'un véritable tournant. « Si nous déployons cette technologie à grande échelle, explique Nicolas Notebaert, nous pourrons électrifier beaucoup plus rapidement le transport routier et réduire considérablement les émissions de CO₂. » Son homologue chez Electreon, Oren Ezer, parle également d'un tournant décisif. « Aucun autre système ne peut fournir une telle puissance pendant que les véhicules roulent. Notre technologie répond à toutes les exigences du gouvernement français et va même au-delà », déclare-t-il fièrement.

Les avantages sont évidents : sur un réseau routier équipé d'un système de recharge par induction, les véhicules peuvent rouler avec des batteries plus petites (jusqu'à 71 % plus petites selon l'université de Göteborg), un poids réduit et une autonomie accrue sans pause pour recharger. Cela les rend non seulement moins chers, mais aussi plus efficaces et plus respectueux de l'environnement. En effet, des batteries moins volumineuses signifient moins de matières premières telles que le lithium et le cobalt, et donc une empreinte écologique réduite.

La France en tête

Le projet sur l'A10 fait suite à deux années de recherches intensives. La durabilité des bobines a été testée en laboratoire, avec des simulations de vingt-cinq ans de trafic routier. La chaussée a également été soumise à des tests rigoureux afin de garantir la résistance du système à une utilisation quotidienne.

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La France est ainsi le premier pays à tester une telle technologie sur une autoroute publique à circulation quotidienne. La Suède dispose également d'un tronçon, l'« Elväg », équipé de cette technologie de recharge et d'autres, mais seuls les véhicules d'essai y sont autorisés. La Belgique a mené pendant quatre ans un projet pilote similaire avec des bus, mais a renoncé à donner une suite concrète à ce test qui s'est achevé en 2013.

Récepteur spécial

La piste à induction n'est donc pas une nouveauté. Elle n'est pas non plus sans défis. Tout d'abord, le véhicule doit être équipé d'un récepteur spécial pour la recharge par induction, ce que peu de marques proposent à ce jour. Mais ensuite, cela implique également un coût énorme. On parle d'environ 6 millions d'euros pour un kilomètre de piste à induction, soit environ dix fois plus qu'un tronçon d'asphalte classique. 

Les initiateurs du projet sont néanmoins enthousiastes. Si les résultats restent positifs, ils souhaitent étendre le système à des milliers de kilomètres d'autoroutes en France, puis peut-être dans toute l'Europe. Pourrons-nous bientôt rentrer chez nous en Belgique avec une batterie plus pleine qu'au départ ? Si l'échelle permet de limiter les coûts, cette idée a certainement de l'avenir...

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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