Le nouveau permis de conduire européen arrive : voici tout ce qui change d’ici 2030

D’ici 2030, il va y avoir un gros changement pour le permis de conduire en Europe. Celui-ci va passer au format numérique. Il sera donc accessible sur smartphone, mais aussi valable plus longtemps et reconnu dans toute l’Union. L’objectif est évidemment de mieux contrôler, une affaire qui arrange bien la Belgique où le nombre de conducteurs sans permis explose.

Publié le 20 octobre 2025
Temps de lecture : 6 min

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Le nouveau permis de conduire européen arrive : voici tout ce qui change d’ici 2030

C’est fait ! Le Parlement européen vient d’approuver la création du permis de conduire numérique européen, un document unifié et dématérialisé qui sera reconnu dans les 27 États membres d’ici la fin de la décennie. Accessible depuis un smartphone, ce permis digital simplifiera les démarches des automobilistes autant qu’il facilitera le travail des forces de l’ordre. 

Pour l’eurodéputé Yvan Verougstraete (Les Engagés) qui a porté le dossier, il s’agit d’une « avancée concrète pour simplifier la vie des citoyens et renforcer la sécurité sur nos routes ». Ce futur permis permettra notamment la réactivation immédiate d’un titre expiré, sans passer par la bureaucratie actuelle. Une déchéance décidée dans un pays sera aussi automatiquement reconnue dans toute l’Union, ce qui mettra donc fin aux disparités nationales.

Autre changement notable : la validité du permis passera de dix à quinze ans, une mesure censée réduire la charge administrative. Le coût pourrait, lui aussi, diminuer d’environ 25%, selon les estimations du cabinet de Verougstraete, grâce aux économies engendrées par la digitalisation. Reste que le prix final demeurera à la discrétion des États membres et même dans certains cas – comme chez nous – aux autorités locales. Car en Belgique, le tarif peut varier fortement d’une commune à l’autre.

Une révolution

En Europe, les règles de conduite des motos légères varient fortement d’un pays à l’autre, et les conducteurs l’ignorent souvent. En Belgique, détenir un permis B obtenu avant 2011 permet de piloter une moto de 125cc, sans permis moto spécifique. La même logique s’applique en France, en Grèce ou ailleurs, où certaines équivalences de permis autorisent la conduite de scooters ou motos légères. Mais attention : ces équivalences n’ont de valeur que sur le territoire national. Ainsi, un Belge conduisant une 125cc en Grèce ou un Français enfourchant un deux-roues en Espagne se retrouvent automatiquement en infraction. Dans certains cas, la situation est encore plus restrictive : en Espagne, par exemple, seuls les détenteurs d’un permis B espagnol datant d’au moins trois ans peuvent légalement conduire une moto légère. Autrement dit, la libre circulation ne s’étend pas aux règles du permis de conduire. L'idée est que, à l'avenir, cette exception soit généralisée.

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Cela signifie donc qu’un conducteur belge pourra désormais louer et conduire un scooter léger en Espagne, en Italie ou en Grèce sans enfreindre la loi locale. « Beaucoup ignoraient qu’ils étaient dans l’illégalité lorsqu’ils circulaient à l’étranger », soulignait encore Yvan Verougstraete. Cette reconnaissance mutuelle des équivalences entre États membres mettra fin à une zone grise longtemps ignorée du grand public.

Par ailleurs, pour les citoyens européens qui déménagent d’un pays à un autre, plus aucune démarche d’échange de permis ne sera nécessaire. Un simple transfert numérique suffira, ce qui va aussi dans le sens d’un espace unique de mobilité.

Vers un permis connecté au véhicule ?

Mais l’arrivée de ce permis digital va aussi donner des idées à d’autres. Et il va ouvrir la voie à des applications inédites. Le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) envisage en effet d’en faire un outil de sécurité active. Son équipe pense en effet à en faire une forme de verrou relié à la voiture et qui, lorsqu’il est invalide, empêcherait le démarrage du véhicule.

L’idée serait d’intégrer une technologie de blocage électronique, analogue à l’éthylotest antidémarrage. Un conducteur frappé d’une interdiction verrait son permis digital « désactivé » et ça rendrait sa voiture inutilisable. Un projet pilote doit être étudié par le SPF Mobilité et l’institut VIAS pour évaluer la faisabilité technique et juridique de cette mesure. On est un peu sceptique avec cette perspective. Car cela signifierait que tous les véhicules devraient être équipés de ce type de blocage d’origine. On voit mal en effet que les concessionnaires équipent toutes les voitures en aftermarket. Et ça nécessiterait aussi de toutes les voitures soient connectées à internet pour vérifier la base de données. Quid encore d’un conducteur privé de permis qui louerait une voiture pour se déplacer ? Beaucoup de questions donc et, probablement, un travail et une mobilisation de trop grande ampleur pour que la mesure puisse être envisagée.

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Explosion des conducteurs sans permis

Cela dit, le besoin de contrôle de la validité des permis de conduire est bien nécessaire. Parce qu’en Belgique, le nombre de conducteurs circulant sans permis valide explose. Selon les chiffres du SPF Mobilité, la police intercepte 91 automobilistes par jour au volant sans permis valide. En 2023, ils n’étaient « que » 64 par jour – ce qui était toutefois déjà un record.

Entre janvier et septembre 2025, 25.000 conducteurs ont été surpris sous le coup d’une interdiction de conduire sur environ 210.000 contrôles effectués. Ces chiffres sont jugés « dramatiques » par le député Wouter Raskin (N-VA) et ils alimentent la crainte d’un problème structurel de sécurité routière. Le parti nationaliste flamand plaide pour des contrôles automatiques grâce aux caméras ANPR (reconnaissance automatique des plaques). Là encore, l’idée serait de connecter le système Mercurius, qui centralise les interdictions de conduire, au réseau ANPR, permettant ainsi de repérer instantanément tout véhicule conduit par une personne déchue de son permis.

Mais cette pratique pose une question fondamentale : ces caméras pourront-elles, demain, associer automatiquement un conducteur à un permis suspendu ? Techniquement, les caméras ANPR pourraient évoluer vers une reconnaissance faciale couplée aux bases de données nationales. Mais il y a peu de chance que le cadre légal le permette un jour pour des questions de vie privée. En outre, les conducteurs sans permis ne roulent pas nécessairement avec leur véhicule. Dès lors, se baser comme donnée principale sur la plaque d’immatriculation ne semble pas judicieux. Si la technologie est capable de beaucoup de choses, la mise en œuvre à grande échelle d’une telle mesure impliquerait un débat politique et éthique de grande ampleur. Est-ce une priorité ?

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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