Longtemps, l’obtention du permis de conduire a coïncidé le seuil de l’âge adulte. Presque aucun jeune de 18 ans ne pouvait envisager de continuer sereinement à vivre sans ce précieux sésame. Mais aujourd’hui, ce symbole semble perdre de sa superbe, du moins dans les grandes villes. À Bruxelles par exemple, moins de 5% des jeunes de 18 ans passent leur permis dans l’année contre 11% une décennie plus tôt. La chute atteint les 35% et elle révèle probablement un changement profond de rapport à l’automobile.
Ce recul se vérifie aussi dans la tranche d’âge des 25-30 ans, avec une baisse de 18% en dix ans. Mais faut-il y voir un désamour durable ? Pas forcément, car, selon plusieurs observateurs, on constate surtout un simple report dans le temps. L’âge moyen pour obtenir son permis atteint désormais 25 ans et 5 mois dans la capitale, contre 22 ans en Wallonie et en Flandre. Le permis ne disparaît donc pas de la « to do » , mais il arrive simplement plus tard.
La mobilité en milieu urbain
En réalité, ce phénomène est d’abord urbain. À Bruxelles, la mobilité a radicalement évolué. La voiture n’assure plus que 29% des déplacements, contre 39% en 2010. Dans le même temps, les transports en commun, le vélo, la marche et les engins partagés (trottinettes, voitures, vélos) ont gagné du terrain. Pour une partie des jeunes, l’offre de mobilité alternative rend la voiture tout simplement superflue.
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Ceci s’explique par des étapes de vie retardées (études plus longues, départ du nid familial plus tardif, etc.), une pression financière plus forte et une accessibilité accrue à d’autres moyens de transport. En somme, les conditions du quotidien n’exigent plus forcément une voiture dès la majorité.
Coûts et obstacles à l’examen
Le paramètre le plus important qui pèse dans ce report est sans surprise le portefeuille. Le coût constitue en effet un frein de plus en plus dissuasif. Entre le prix des cours, les échecs aux examens et les obligations de passer par une auto-école dans certains cas, la facture grimpe rapidement. En outre, le permis de conduire est jugé complexe par une majorité de jeunes. Ceux-ci repoussent aussi l’échéance pour ne pas se prendre la tête.
Par ailleurs, le coût de possession d’une voiture est jugé prohibitif, car il y a l’achat du véhicule, mais aussi tous les frais connexes, comme les taxes, l’entretien, le carburant (forcément), mais aussi les assurances qui sont toujours plus chères pour les jeunes conducteurs.
Une nécessité hors des villes
Toutefois, cette désaffection n’est pas uniforme, même si une baisse est observée partout. En Flandre par exemple, 66.415 Flamands ont obtenu leur permis de conduire B en 2024, contre 76.730 en 2014, ce qui porte la baisse à -13,4%, selon le Service public fédéral (SPF) Mobilité.
La situation est encore différente en Wallonie où la baisse du nombre de permis délivrés à 18 ans n’est que de -4,5% en dix ans. Ceci s’explique par le fait que le permis reste un outil indispensable sur ce territoire plus clairsemé : les transports en commun ne couvrent pas partout efficacement les zones rurales et les distances à parcourir restent importantes pour les études, le travail ou la vie quotidienne. Le Forem (l’agence wallonne pour l’emploi) confirme cette réalité : près de 90% des offres exigent un permis, contre seulement 21% à Bruxelles.
Cela dit, une tendance de fond se dessine clairement : le permis n’est plus synonyme de possession d’un véhicule. Il devient une formalité que l’on valide en prévision d’un éventuel besoin professionnel ou familial, sans pour autant s’inscrire dans une logique d’usage régulier. Certes, tôt ou tard, le jeune concerné passera son permis. Le déclin du permis de conduire chez les très jeunes ne signe donc pas la fin de l’automobile, mais il est révélateur d’une transition des usages. La voiture devient donc plus un outil parmi d’autres dans un éventail de mobilités que chacun active selon ses besoins.
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