La ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder (N-VA), n’est pas satisfaite de la politique actuellement menée avec les radars-tronçons et qui avait été mise en place par celle qui l’a précédée, Lydia Peeters (Open VLD). Et contre toute attente, ce désaccord vient de la pousser à supprimer la majorité des nouveaux dispositifs prévus sur les routes régionales, car elle les juge inadaptés. Ainsi, sur les 82 radars-tronçons initialement programmés, seuls dix seront effectivement installés. Ce qui signifie donc que plus de 85% des zones de contrôle prévues sont simplement annulées. Ce n’est pas une surprise : comme Gocar.be le rapportait déjà en novembre dernier, Annick De Ridder s’est opposée il y a déjà plusieurs mois aux décisions de plusieurs bourgmestres.
Vache à lait
Cette décision fait suite à des critiques régulières émanant du Parlement flamand, où la prolifération des radars-tronçons est régulièrement dénoncée. Plusieurs parlementaires (de droite) affirment en effet que ces dispositifs sont devenus des vaches à lait pour l’État et n’ont plus grand-chose à voir avec la sécurité routière.
Annick De Ridder partage ce point de vue et elle estime que les radars-tronçons ne devraient être déployés que là où la vitesse représente un réel danger. Dans ce cadre, elle a d’ailleurs chargé l’Agence des Routes et de la Circulation d’établir une liste précise des points noirs. Pour les identifier, l’agence utilise la méthode dite du « 5-3-1 » et avec laquelle on compte des points en fonction de la nature ou de l’impact de l’accident : un accident mortel vaut cinq points, un blessé grave trois points, un blessé léger un point, etc. Les lieux qui atteignent plus de quinze points et où une vitesse excessive est identifiée en cause sont alors éligibles à l’installation d’un radar-tronçon.
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« Le filtrage a permis de réduire le besoin en radars-tronçons à une dizaine d’appareils. Ce sont pour moi les seuls endroits où de tels contrôles doivent être maintenus », a déclaré Annick De Ridder. Elle souhaite donc concentrer ce type de contrôle sur les zones les plus accidentogènes. Les emplacements précis n’ont toutefois pas été révélés.
Le problème des entreprises privées
L’idée selon laquelle les radars tronçons ne servent qu’à ponctionner de l’argent aux automobilistes reste très répandue. Les partis d’opposition pointent surtout les dispositifs communaux qui, comme par hasard, se sont multipliés ces derniers mois et dont la gestion est aussi confiée à des entreprises privées qui perçoivent une rémunération fixe par amende. L’an dernier, on apprenait que le patron de Trafiroad engrangeait des millions grâce à ce dispositif, son entreprise touchant une commission de 24 euros par amende – ce que les communes justifient comme un coût d’entretien.
En mai dernier, la commune de Grimbergen a dû désactiver son radar tronçon, installé sans communication claire ni étude préalable. Pour se faire une idée définitive sur le sujet, Annick De Ridder a commandé une étude spécifique à VIAS pour évaluer la pertinence ou non des radars-tronçons communaux. Mais les résultats ne sont toutefois attendus avant un an.
Les experts en sécurité routière réservés
Les arguments d’Annick De Ridder peinent toutefois à convaincre les experts en sécurité routière. Pour la plupart d’entre eux, le raisonnement de la ministre est erroné : il faut au contraire agir de manière préventive sur les lieux où la vitesse est excessive afin d’éviter les accidents. Pour appuyer leur discours, ils citent des études internationales qui démontrent l’efficacité des radars-tronçons.
Mais Annick De Ridder veut aller plus loin encore : les panneaux qui alertent de la présence d’un radar-tronçon et que l’ancienne ministre de la Mobilité avait fait retirer seront réinstallés. La ministre estime en effet que les conducteurs ont le droit d’être informés lorsqu’ils vont être contrôlés. « Une communication claire est essentielle. Les citoyens doivent savoir que l’application de la loi est juste et transparente » a justifié la ministre.
Cette situation pourrait-elle se produire en Wallonie ? Actuellement, le nombre de radars-tronçons est beaucoup moins élevé qu’en Flandre, mais des contrôles locaux commencent à apparaître, comme c’est le cas à Namur et dans sa périphérie (chaussée de Dinant, début de la Nationale 4 vers les Ardennes, etc.). Mais il faudra voir comment les choses évoluent, car, actuellement, les communes ne peuvent pas encore directement verbaliser pour les petits excès de vitesse, le texte de loi étant toujours en gestation. Son entrée en vigueur changera peut-être la donne. À suivre...
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