En début de semaine, le comité technique européen devait voter sur l’autorisation de déployer le FSD (Supervised) de Tesla sur tout le continent. Toutefois, pour des raisons encore inconnues, l’ordre du jour a changé. La décision définitive, qui pourrait d’ailleurs entraîner une nouvelle interdiction du système en Belgique, a été reportée au plus tôt à décembre. Il semble donc peu probable que le déploiement s’étende encore avant 2027, au-delà du petit groupe de pays qui l’ont actuellement autorisé sur la base du feu vert néerlandais, comme la Belgique, l'Estonie, la Lituanie, la Slovénie, la Tchéquie, la Croatie et le Danemark.
Un autre nom
Ces États membres s’appuient sur les essais du RDW, l’autorité néerlandaise chargée des véhicules routiers. Avant de donner son feu vert, celle-ci a parcouru 13.000 kilomètres avec le système, une broutille face aux millions de kilomètres accumulés par les constructeurs traditionnels, et analysé un ensemble de données variées couvrant 1,8 million de kilomètres. Résultat : l’Europe s’est divisée entre partisans et opposants.
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Difficile, aussi, de faire abstraction des intérêts de chacun. Si les Pays-Bas ont ouvert la voie et plaident pour une autorisation complète, est-ce parce que Tesla a son siège à Amsterdam ? Et si l’Allemagne se rallie désormais à cette version revue du dispositif, est-ce parce qu’elle accueille la seule usine européenne de la marque ? Aucune preuve formelle ne permet de l’affirmer, mais il est assez clair que ces intérêts pèsent dans la balance…
Pour l’heure, l’autorisation reste donc temporaire. Le comité technique européen doit encore se prononcer sur le déploiement du FSD (Supervised) à l’échelle du continent. Lors des discussions européennes du 6 octobre, Tesla a fait savoir qu’il était prêt à changer le nom du système pour l’appeler « Assisted Driving ». En effet, plusieurs pays reprochent à l’appellation actuelle (« Full-Self Driving ») de renvoyer trop clairement à la conduite autonome, au risque d’amener le conducteur à surestimer les capacités de la technologie. Tesla a déjà été condamné pour cette confusion, en Europe comme aux États-Unis ! La mention « (Supervised) » avait alors été ajoutée entre parenthèses.
Une marge de dépassement réduite
Tesla est aussi prêt à revoir, par une mise à jour logicielle, le réglage Speed Offset qui permet de dépasser les limitations de vitesse. La marge passerait de 50 à 10 % : concrètement, le système pourrait donc rouler à 55 km/h dans une zone limitée à 50, ou à 99 km/h sur une route limitée à 90. Ce réglage est contraire au règlement ONU n° 171, applicable en Europe, qui stipule que « Le système ne doit pas permettre au conducteur de définir un décalage par défaut par lequel la vitesse maximale actuelle est censée dépasser la limite de vitesse sur route déterminée par le système. » En Belgique, les zones 30 et les règles propres aux rues cyclables ont déjà mis le système en difficulté.
Cette concession a déjà été saluée avec enthousiasme par le ministre allemand des Transports, Steffen Bilger. « Mon objectif est que les conducteurs de Tesla puissent profiter au plus vite des avantages de l’Assisted Driving dans toute l’UE », a-t-il déclaré. Il a également promis de s’engager pour que le système soit rapidement autorisé dans toute l’Europe.
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— Elon Musk (@elonmusk) October 7, 2026
Feu vert en décembre ?
Reste à voir si ces concessions suffiront à convaincre les pays encore réticents. La France, par exemple, s’oppose au système pour une tout autre raison : ses essais ont montré que la caméra embarquée ne surveillait pas assez précisément l’attention du conducteur. Les pays scandinaves, eux, pointent à la fois le non-respect du règlement de l’ONU et les difficultés des caméras du FSD (Supervised) à fonctionner dans des conditions hivernales.
Tesla n’a cependant pas besoin de convaincre tous les pays pour déployer son FSD dans toute l’Europe. Une majorité qualifiée suffit : au moins 15 pays représentant 65 % de la population européenne. Si l’Allemagne se range du côté de Tesla et que la France maintient son « non », des pays comme l’Italie et l’Espagne pèseront soudain très lourd dans la décision. Feu vert ou feu rouge ? Le verdict tombera sans doute en décembre.
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