Ça y est, c'est décidé : la Région de Bruxelles-Capitale va elle aussi réformer sa taxation automobile. Jusqu'ici, elle fonctionnait sur un modèle d'un autre siècle, calculé sur la seule puissance du moteur, celle qu'on exprime en chevaux fiscaux à partir de la cylindrée ou en kilowatts (kW). Ni le poids de la voiture, ni ses émissions de CO₂, ni sa norme Euro n'entraient dans le calcul. Et cela fonctionnait à la fois pour la taxe de mise en circulation que pour celle de circulation annuelle. Jusqu’ici, ce système privilégiait toutefois les voitures électriques qui payaient le tarif plancher de la taxe annuelle, soit 107,18 euros par an depuis juillet 2026. Mais l'accord budgétaire intervenu le week-end dernier et les économies qu'il impose vont rebattre toutes les cartes.
Les gagnants de la réforme
Un gouvernement qui réforme une taxe parle toujours d’abord de ceux qui vont y gagner. Et des gagnants, il y en a. Dès le second semestre 2027, les voitures électriques ne paieront plus la taxe de circulation annuelle, pas plus que les petites citadines jusqu'à cinq chevaux fiscaux inclus. On parle donc des Fiat 500, Toyota Aygo ou Dacia Sandero, entre autres. L'exonération totale concernerait près de 50.000 véhicules, selon le cabinet du ministre du Budget, Dirk De Smedt (Anders). Ça, c’est pour la carotte. Mais à côté, il y a aussi le bâton...
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Les SUV à l'amende
On s’en doute et encore plus en période d’austérité budgétaire, toute faveur fiscale se finance quelque part. Les cadeaux donnés d’une main sont souvent repris de l’autre. Ainsi, la taxe de mise en circulation va augmenter pour les véhicules lourds par l'introduction d'un coefficient lié au poids.
Comme dans les autres régions, le gouvernement assume vouloir décourager l'achat des grands gabarits et espère au passage gonfler ses recettes de 10 % (ce qu’il veut dire que ce ne sera pas complètement découragé non plus...). Les SUV sont dans le viseur et l'accord de majorité évoque même une future zone baptisée Lisa, pour Light and Safe, qui limiterait à terme la circulation des véhicules particuliers les plus lourds, ces pick-up américains du genre Ford F-150 ou Dodge RAM dont le gabarit déborde des places de parking. À voir si ce sera concrétisé...
La vignette derrière tout ça ?
Cela dit, il y a bien une raison pour laquelle le gouvernement a prévu de baisser globalement la taxation automobile : l’arrivée de la vignette routière. Car Bruxelles a signé l'accord comme la Wallonie et la Flandre et elle devait encore en déterminer les modalités. Elle entrera en vigueur en mai 2027 et coûtera entre 90 et 125 euros. La baisse de la taxe de circulation n'est donc pas un cadeau, mais sert à absorber le coût de la vignette. Le ministre De Smedt le dit lui-même : les Bruxellois ne paieront pas un euro de plus.
Une taxe qui baisse d'un côté, une vignette qui arrive de l'autre et un ministre qui jure que tout s'équilibre. Sur le papier, l'opération de réforme de la taxation automobile à Bruxelles est blanche. Mais aucun chiffre ne le prouve encore, et l'Europe n'a pas dit son dernier mot. On demande à voir.
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