Dès le 1er mai 2027, tout frontalier français, néerlandais, allemand ou luxembourgeois qui passera la frontière pour passer en Belgique devra s’acquitter de la vignette routière. Pour ces conducteurs, elle coûtera aussi 90 euros par an pour une voiture électrique, 100 euros pour une voiture récente thermique ou hybride et 125 euros pour les modèles les plus polluants et les oldtimers.
Les communes frontalières espéraient toutefois une zone tampon qui serait sans vignette. Or, Ben Weyts, le ministre du Budget flamand (N-VA) interrogé par des députés la refuse, car elle déplacerait le problème sans le résoudre. Un régime spécial pour certaines routes ne passe pas au nom de l’égalité de traitement, de la faisabilité et du contrôle. Weyts promet un suivi des effets, mais après l’entrée en vigueur.
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Question d’égalité
Cela dit, en Flandre, tout le monde n’est pas de l’avis de Ben Weyts. Bien au contraire. Car la clientèle française frontalière pèse bien plus que les touristes de passage. Christophe Dejaegher (CD&V), bourgmestre et président de la concertation des communes du Westhoek, a sondé 80 entrepreneurs belges et près de trois quarts d’entre eux jugent cette clientèle cruciale pour leur activité. Le décret n’existe pas encore, mais il promet déjà de l’attaquer en justice, car il le juge contraire au principe européen de la libre circulation des biens et des personnes.
Pour lui, la mesure est discriminatoire. Et il ajoute que l’Autriche (dont la Belgique s’inspire) a prévu des zones tampons. Il se demande donc pourquoi ce qui fonctionne là-bas serait impossible ici.
Il faut dire que les autorités françaises, allemandes et surtout néerlandaises sont furieuses via à vis de cette vignette. Ils défendent évidemment le fait que leurs concitoyens puissent rejoindre leur lieu de villégiature dans le sud sans devoir payer plus.
Cela dit, que les pays limitrophes s’insurgent, ça n’a rien de nouveau. Pour rappel, en 2007, le Premier ministre néerlandais Jan Peter Balkenende avait déjà fait reculer Yves Leterme sur cette idée. Weyts assure que la moitié des Flamands paieront autant ou moins qu’aujourd’hui, ce qui n’est pas tout à fait vrai, car les automobilistes paieront un peu plus.
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Sur le même pied ?
Si la Flandre prend position, qu’en est-il en Wallonie ? Car le même problème se pose avec les frontaliers français et luxembourgeois du sud du pays. Mais la Wallonie se tait dans toutes les langues. Et c’est normal, car la vignette devra s’appliquer de la même manière dans les trois Régions. La Wallonie ne pourra donc pas faire autrement. Les frontaliers devront payer, il n’y a presque pas de doute là-dessus. Et pour les automobilistes belges, c’est en fait normal. Car eux vont clairement la payer cette vignette.
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