Sur le plan politique et législatif, le projet de vignette routière belge a déjà franchi plusieurs étapes, sans être encore définitivement adopté. Après l’accord politique conclu entre la Wallonie, la Flandre et Bruxelles en juillet, le gouvernement flamand a approuvé une première fois le principe et son avant-projet de décret le 10 juillet 2026. Le texte a ensuite été réapprouvé le 18 septembre, après plusieurs avis consultatifs, avant d’être transmis au Conseil d’État.
En Wallonie, le gouvernement a approuvé l’accord de coopération entre les trois Régions et adopté en première lecture, le 10 septembre, les textes nécessaires à la mise en place de la vignette. Ceux-ci doivent encore franchir plusieurs étapes consultatives et législatives. Bruxelles est également partie prenante de l’accord interrégional, même si une adoption formelle des textes d’exécution par le gouvernement bruxellois n’est pas encore effective. Le dispositif doit par ailleurs respecter le cadre juridique européen et il sera examiné par les instances compétentes d’ici la fin de l’année. À ce stade, l’objectif reste une entrée en vigueur simultanée dans les trois Régions le 1er mai 2027.
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L’introduction de la vignette vise surtout à faire payer les automobilistes étrangers pour les routes belges et leur entretien. Mais tous ne l’entendent pas de cette oreille. Ainsi – et ce n’est pas un cas isolé –, des habitants ont fondé le collectif « Les frontaliers disent non à la vignette belge » dans la petite ville française de Givet, un bout de territoire qui s'avance comme une presqu'île en Belgique. On franchit la frontière sans y penser, pour nourrir ses animaux ou boire un coup de l'autre côté. Mais avec la vignette, ça pourrait bientôt coûter de l’argent à ces frontaliers. Et ils ne sont pas d’accord. Interrogés par le RTBF, ces Français ne demandent toutefois pas l'abandon de la mesure, mais bien son application aux petits villages frontaliers, souvent plus pauvres et dépourvus d'alternatives de mobilité.
La Flandre aussi
Ce mécontentement frontalier ne s'arrête pas à la frontière franco-wallonne. Plus au nord, à Poperinge, en Flandre-Occidentale, une motion a été votée pour demander une adaptation du dispositif. Le bourgmestre a proposé au micro de France 3 la création d'une zone tampon de « 15, 20, 25 km » sans contrôle le long de la frontière. L'idée rejoint celle de Givet. D’autant que derrière la grogne des automobilistes, il y a aussi l'inquiétude des commerçants frontaliers, qui vivent en partie de cette clientèle venue faire ses courses en Belgique. Décourager le passage, c'est risquer de tarir une partie de l'activité économique locale.
Mais les initiatives ne sont pas que locales. Dans une réponse parlementaire, le Luxembourg affirme avoir formellement demandé à la Wallonie d'étudier « une zone frontalière exemptée de redevance » afin de préserver les déplacements de proximité qui sont nombreux entre les deux pays. La Wallonie n'a encore rien promis. La porte est encore entrouverte, mais on voit mal comment elle pourrait le rester, car ce sera alors la porte ouverte aux débordements.
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