Bientôt fini la radio gratuite en voiture ? La Belgique s'y oppose, mais...

Certaines voitures neuves sortent déjà des chaînes de production sans le moindre récepteur radio. L’écoute ne passe plus alors que par le smartphone ou la data embarquée. Le problème, c’est que cela pourrait s’étendre très bientôt à tous les modèles. Faut-il dès lors s’attendre à voir disparaître la traditionnelle radio de nos habitacles ?

Publié le 24 juillet 2026
Temps de lecture : 4 min

Partagez

Bientôt fini la radio gratuite en voiture ? La Belgique s'y oppose, mais...

Dans les catalogues de plusieurs constructeurs, un équipement a discrètement disparu : le tuner radio. De plus en plus de marques vendent déjà des véhicules incapables de capter la moindre fréquence FM ou DAB+ et misent désormais tout sur la connectivité embarquée. Techniquement, rien ne change dans l'habitacle. Les enceintes restent en place, l'amplificateur aussi et l'écran d'infodivertissement continue d'afficher son interface. Ce qui disparaît, c'est uniquement le petit module chargé de capter et de démoduler les ondes FM ou DAB+. Dans ce cas, c’est donc le smartphone ou le récepteur data embarqué (lorsqu’il y en a un) qui fait le travail. Mais cela se paie évidemment même si ça reste léger : via l’abonnement GSM ou alors via le package data souscrit chez le constructeur.

Mais pourquoi cette situation ? En fait, le futur cadre européen censé encadrer cette dérive, le Digital Networks Act, ne protège pas les nouveaux véhicules. Il oblige simplement ceux qui sont déjà sur le marché à continuer de proposer un récepteur FM ou DAB+. Pour les autres, le constructeur peut poser ses choix. Une marque qui supprime le tuner dès la conception du véhicule échappe donc à cette obligation. Ça laisse un boulevard aux constructeurs qui cherchent évidemment à simplifier leurs équipements et à faire des économies. Les acheteurs n'ont donc aucune garantie que leur prochaine voiture captera encore la radio.

P90081273_highRes_bmw-connecteddrive-d

Grande écoute

Le tuner radio fait aussi partie de l’histoire de l’automobile. Les premiers postes se sont installés dans les habitacles dès les années 1930, mais ils étaient encore réservés à une poignée de propriétaires fortunés. Les radios dans les voitures se sont démocratisées véritablement après la Deuxième Guerre mondiale au début des années 1950, quand la radio devient un équipement quasi systématique des voitures neuves. En Belgique, cette présence a même longtemps été taxée : une redevance spécifique sur l'autoradio existait depuis la loi du 26 janvier 1960. Il aura fallu attendre 2008 pour que la dernière Région à la maintenir, la Wallonie, supprime cette taxe de 27 euros que près de 830.000 automobilistes payaient.

Publicité – continuez à lire ci-dessous

On peut dès lors dire qu’écouter la radio fait partie intégrante des voyages en voiture. En effet, en Belgique environ 17 % de l'écoute radio totale se fait au volant et, selon le CIM qui mesure les audiences, 95 % de tout ce qui s'écoute en voiture est de la radio (streaming, podcasts, etc.). La voiture n'est donc pas un terrain secondaire pour le secteur et c’est même un gros réservoir d'audience et donc de revenus pour les médias qui souffrent déjà amplement de la concurrence avec les réseaux sociaux.

bmw antenna

Trois communautés et une seule ligne

Mais revenons au vide juridique européen qui nous occupe. Manifestement, la Belgique n’entend pas en rester là. Et pour une fois, tout le monde semble du même avis : la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Communauté flamande et la Communauté germanophone ont trouvé un terrain d'entente et réclament d'une seule voix le maintien pur et simple de l'obligation d'un récepteur radio dans tout véhicule neuf vendu dans l'Union. Il s’agit de laisser aux automobilistes un accès libre et gratuit aux radios. La Belgique portera cette position dans les négociations européennes sur le Digital Network Act. Mais aura-t-elle gain de cause ? Rien ne le dit.

Heureusement, la Belgique ne mène pas ce combat seule. Le 18 mai dernier, l'UER, la fédération qui regroupe les radiodiffuseurs publics européens, a publié sa propre position sur le DNA, réclamant elle aussi que la protection de la radio en voiture s'étende à toutes les catégories de véhicules et pas uniquement aux voitures particulières. En France, le régulateur audiovisuel (Arcom) pousse dans le même sens et plaide pour que l'obligation pèse directement sur le véhicule plutôt que sur le seul récepteur. Le dossier belge s'inscrit donc dans un mouvement plus large et qui converge vers la même exigence. Espérons que le dossier aboutisse positivement, car pouvoir écouter gratuitement la radio en roulant, ça fait aussi partie de la liberté automobile.

Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :

  1. Consulter gocar.be régulièrement
  2. Suivre Gocar sur Google Actualités
  3. S'abonner à la newsletter Gocar

Par David Leclercq Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.
Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.