Les avancées en matière d'électrification des véhicules se succèdent à un rythme effréné. Et aujourd'hui, celle-ci concerne les moteurs électriques. On les pensait pourtant déjà largement optimisés après une décennie de perfectionnement. Mais il n’en est rien et ces éléments continuent d’évoluer de manière très profonde, comme le démontre le Chinois Geely.
Un groupe motopropulseur électrique compte aujourd'hui une dizaine de composants indépendants : le moteur, le réducteur, le convertisseur, la gestion thermique, chacun avec son propre boîtier, son poids et ses propres pertes d'énergie. Geely a décidé rationaliser tout ça. Le groupe chinois a dévoilé son système Thunder, conçu par sa filiale InfiMotion, qui fusionne l'ensemble en un seul bloc. Le rendement annoncé est impressionnant avec 93,8 % sur le cycle CLTC, un peu différent du nôtre. C’est une valeur remarquable, mais qui n’est pas encore transposable au cycle WLTP, car ça nécessiterait de connaître la cartographie complète de rendement du moteur, ce qui Gelly n’a pas encore communiqué.
#Geely Galaxy unveils the world's first "Thunder 16-in-1 Intelligent Electric Drive," integrating motor, motor controller, reducer, DCDC, OBC, PDU, HBMS, LBMS, VCU, TMS, active pre-charge control, powertrain gateway, capability management, charging management, motion control, and… pic.twitter.com/fAnFbzMZbj
— ThinkerCar (@thinkercar) July 16, 2026
Un seul boîtier léger
Le système regroupe douze fonctions matérielles et quatre fonctions logicielles dans un seul boîtier en alliage de magnésium. Ainsi, le moteur, le réducteur, le convertisseur, le chargeur embarqué et la gestion de la batterie cohabitent dans un espace qui, chez la concurrence, en occupe généralement le double de place. Au total, ce sont plus de 180 composants qui disparaissent purement et simplement. Et le résultat est là : le moteur ne pèse que 75 kilos, ce qui est 15 % plus léger que la moyenne du marché. On notera encore que le câblage haute tension est ici réduit de 30 % et que la hauteur du bloc a été ramenée sous 325 mm. Cette compacité constitue aussi une vraie avancée puisqu’elle permet de libérer 28 litres de plus pour l’espace de chargement.
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On l’a dit, le rendement atteint les 93,8 %. Mais qu’est-ce que ça signifie concrètement pour les utilisateurs ? Et bien une chute drastique de la consommation. En général, une voiture électrique consomme en moyenne entre 15 et 18 kWh/100 km en usage réel. Or, lors d'un défi organisé autour du lac Qinghai, la Geely Galaxy TT équipée de ce moteur a été mesurée à... 8,2 kWh/100 km. Un record validé par le Guinness Book. Le tout repose sur une architecture 800 volts et une technologie de contrôle baptisée One-Chip, qui fait chuter le temps de latence de 40 à 2 millisecondes.
Chaleur fatale
L’ensemble repose sur une architecture 800 volts et une technologie de contrôle baptisée One-Chip, qui fait chuter le temps de latence de 40 à 2 millisecondes entre une sollicitation de couple et la réponse du moteur. Ce n'est pas la puissance brute qui progresse ici, mais la précision du pilotage. En effet, le couple s'ajuste vingt fois plus vite à chaque roue qu'auparavant. Un second record en tire d’ailleurs directement parti : deux Galaxy TT reliées ont maintenu un drift continu sur 46 kilomètres sur sol mouillé. On pourrait y voir un simple coup de communication, mais ça reste avant tout une façon de prouver que le refroidissement et le pilotage électronique du couple tiennent la distance ailleurs qu'en laboratoire.
Et ce n’est pas tout : Geely pousse aussi l'optimisation du côté de la chaleur fatale, cette énergie perdue que la plupart des systèmes laissent simplement se dissiper. À -18°C, le dispositif peut récupérer l'équivalent de 7 kWh de chaleur générée par le moteur et l'électronique de puissance, une ressource qu'il réinjecte dans le circuit de la pompe à chaleur du véhicule. Résultat : jusqu'à 40 % d'énergie électrique économisée sur le chauffage de l'habitacle. En hiver, les conducteurs de voitures électriques savent combien ça peut compter... Et comme si ça ne suffisait pas, Geely ajoute encore à son nouveau moteur un objectif de durabilité de cinq millions de kilomètres.
Geely veut être vu aux avant-postes. L'industrie automobile chinoise ne rattrape plus personne et elle impose désormais son tempo. Il y a cinq ans à peine, on la regardait encore comme un marché en retard. Mais ça, c'est terminé.
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