L'essentiel de l'info :
· L'agence fédérale américaine de sécurité routière a ouvert un audit sur la manière dont Tesla a certifié seul son Cybercab, un véhicule dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs.
· Amazon avait affronté un audit identique avec son robotaxi Zoox en 2022 : quatre ans de procédure et un changement complet de stratégie réglementaire avant le feu vert commercial de juillet 2026.
· En Europe, un tel véhicule ne pourrait aujourd'hui être déployé en série, quand le simple FSD supervisé a déjà exigé dix-huit mois de tests avant son autorisation belge.
Ce 3 septembre, Tesla a fait monter des passagers payants dans de petites deux places dorées aux portes-papillon dans les rues d'Austin (Texas). La marque américaine a immatriculé quarante-cinq Cybercabs et orchestré un événement discret en centre-ville. Cette mise en service concrétise une promesse formulée près de deux ans plus tôt, lors de la présentation « We, Robot » d'octobre 2024.
Musk avait annoncé une production dès avril 2026. Comme toujours, il y a eu un peu de retard dans le calendrier de l’homme le plus riche du monde, mais dans le dossier du robotaxi, il est pour une fois mesuré. Car il ne faut pas Tesla promet la conduite autonome intégrale depuis 2016...
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L'audit qui gâche la fête ?
Est-ce plié pour autant et est-ce que les robotaxis de Tesla vont envahir les rues des villes américaines ? Pas si vite. Car à peine l’annonce de tesla terminée, la National Highway Traffic Safety Administration, l'agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière et de l'homologation des véhicules, a ouvert une procédure d'audit portant sur environ mille véhicules. Pour comprendre ce que l’agence cherche, il faut savoir comment fonctionne l'homologation américaine. Aux États-Unis, aucune autorité ne valide un véhicule avant sa mise sur le marché : c'est le constructeur qui certifie lui-même le respect des normes fédérales de sécurité, l'agence se réservant le droit de vérifier ensuite.
Tesla a donc estimé que plusieurs de ces normes ne s'appliquaient pas à un véhicule dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs latéraux. Et c'est précisément ce raisonnement que la NHTSA veut examiner en cherchant notamment à savoir sur quelles données Tesla s'est appuyé pour l'établir. Il n’est pas question de rappeler les voitures produites ou de leur interdire de rouler – du moins pas dans un premier temps. L'agence pose simplement une question et elle attend une réponse.
Le fantôme du Zoox
Ce scénario n’est pas inédit. En 2022, le Zoox d'Amazon, robotaxi cubique lui aussi dépourvu de commandes, avait tenté la même autocertification. La NHTSA avait ouvert un audit identique. Zoox a fini par faire demi-tour, abandonnant cette voie pour solliciter une exemption formelle à huit normes fédérales distinctes, rappelant au passage l'intégralité de sa flotte. Le feu vert commercial n'est arrivé qu'en juillet 2026. Près de quatre ans. Rien ne dit que Tesla connaîtra le même sort, le mécanisme diffère et la réglementation évolue en sa faveur. Mais le précédent est là, têtu.
Neuf dehors, connu dedans
Mais quelles sont les caractéristiques techniques du Cybercab ? Certains pourraient croire à un Model Y déguisé, ceux qui roulent dans les rues d’Austin depuis à peu près un an. Mais ce serait se tromper. C'est un véhicule pensé depuis une feuille blanche pour se passer de conducteur et dont la carrosserie ne compte qu'environ 80 pièces de structure là où une automobile classique en aligne des centaines. L’assemblage est plus simple et donc moins cher. Sous le plancher, une batterie modeste d'environ 48 kWh alimente un unique moteur avant de 219 ch pour une autonomie homologuée de l'ordre de 470 km. Des chiffres qui trahissent une obsession d’efficience.
En revanche, côté logiciel, le Cybercab ne roule pas sur une technologie inédite : il reprend le socle du système Full Self-Driving qui anime déjà les Model Y, mais dans une version plus aboutie. Le hardware est nouveau, mais pas les lignes de code. On se demandait d’ailleurs quelle était la place de l’IA Grok de Musk dans le Cybercab. En fait, un ingénieur a reconnu qu'elle avait contribué à développer le logiciel, mais qu’elle ne tient pas le volant. Ça, ça reste l'affaire du réseau neuronal de Tesla.
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Impossible en Europe ?
Peut-on s’attendre à voir les Cybercabs démarquer chez nous aussi ? Tout simplement parce que l'Europe fonctionne à l'envers de l'Amérique. L'homologation précède donc la mise en circulation et il n’est pas question qu’un véhicule ne roule avant d'avoir été approuvé. C’est une première chose.
Ensuite, le cadre européen ne laisse aujourd'hui passer les véhicules pleinement automatisés qu'au compte-gouttes, c’est-à-dire en petites séries. Rappelons d’ailleurs que le simple FSD supervisé a exigé dix-huit mois de tests avant son feu vert néerlandais en avril 2026 et qui a été reconnu ensuite par la Flandre. Pour appeler un Cybercab, il va donc falloir encore attendre...
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