L'essentiel de l'info :
· ProLogium a lancé début septembre la production en série de sa cellule solide de 381 Wh/kg, une densité validée par le TÜV et bien supérieure à celle du lithium-ion, même si on est encore loin des 500 Wh/kg promis pour 2030.
· Cette technologie sera fabriquée à Dunkerque, à 20 km de la frontière belge dès 2028 et avec 1,375 milliard d'euros de subsides français. Cette technologie ira d'abord aux modèles premium comme ceux de Mercedes qui est actionnaire du fabricant taïwanais.
· Une batterie mobilise toute une chaîne de valeur, des matériaux au recyclage et la Belgique y tient plusieurs maillons avec Umicore, Melexis ou encore Comet. Il y a une vraie carte à jouer, mais à condition que les pouvoirs publics et les entreprises saisissent l'occasion.
On en parle beaucoup, mais on a enfin du concret. En ce début septembre, le fabricant taïwanais ProLogium a lancé la production en grande série de sa cellule à électrolyte solide, la Gen 3.5, avec une densité énergétique de 381 Wh/kg. C’est une belle avancée, car aujourd’hui, les meilleures cellules lithium-ion plafonnent autour de 250 à 300 Wh/kg. Et ce qui est nouveau, c’est que ces batteries ne resteront pas confinées à Taïwan. La première usine hors d'Asie se construit à Dunkerque, à 20 km de La Panne.
Enfin en série
Le solide, on sait ce que ça promet : plus de sécurité, plus d'énergie dans le même volume, grâce à un électrolyte céramique qui remplace le liquide inflammable des cellules classiques. La nouveauté, c'est que ProLogium affirme désormais produire cette cellule en série et non plus en laboratoire, avec une densité vérifiée par le TÜV Rheinland et une conformité testée selon la nouvelle norme chinoise qui sépare le vrai tout-solide des batteries semi-solides qui sont plus répandues.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Que donnerait une telle densité sur une vraie voiture ? Prenons la Mercedes CLA 250+, qui affiche 792 km WLTP avec sa batterie de 85 kWh (qui est de type NMC à ce jour). À poids de pack égal, en passant à 381 Wh/kg, nos calculs situent l'autonomie théorique autour de 1.000 à 1.200 km. La fourchette est large et comporte sa part d'approximation, car une cellule n'est pas un pack : le refroidissement, la structure et l'électronique ajoutent du poids et rognent le gain. C'est une projection calculée par nos soins, pas une réalité.
Les cellules solides seront en outre plus chères. Et elles n’iront pas sous le capot d’une CLA, mais davantage sur un modèle haut de gamme. Quant aux 381 Wh/kg, ils ne sont qu'une étape. CATL, Toyota et plusieurs constructeurs chinois visent 500 Wh/kg à l'horizon 2030.
Là où ça coince
Fabriquer une bonne cellule est une chose. La produire par millions, proprement, en est une autre. Là où plusieurs projets européens ont trébuché, ProLogium arrive avec un atout : une expertise déjà rodée à Taïwan, où son usine tourne depuis 2024. Reste que Dunkerque ne démarrera qu'en 2028 avec une capacité d'abord modeste de 12 GWh visés en 2032, puis jusqu'à 44 GWh à terme si le marché suit. Les premières cellules iront vraisemblablement vers Mercedes, actionnaire minoritaire et partenaire technologique, après des projets menés avec les chinois Nio et Aiways.
Trois maillons belges ?
Et si cette proximité était une chance ? La question mérite d'être posée en Belgique. Car une batterie, ce n'est pas qu'une cellule, mais une longue chaîne de valeur, de la matière première jusqu'au recyclage, en passant par l'électronique qui la pilote. Et sur cette chaîne, notre pays a plusieurs atouts à faire valoir. Umicore figure parmi les grands noms mondiaux des matériaux de cathode et exploite à Olen une des plus grandes installations européennes de prototypage pour les batteries solides. Melexis produit les puces qui pilotent le courant, la batterie et le moteur, jusque chez BYD. Comet, en Wallonie, s'est imposé comme un recycleur de métaux de premier plan et il vient d'engager 244 millions d'euros d'ici 2032, notamment pour extraire à grande échelle le cuivre des déchets électroniques, ce métal que réclament moteurs et câblages. Mais rien ne l'empêcherait, demain, de pousser vers les matériaux de batterie.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
La Belgique, à un jet de pierre, est bien placée. Encore lui faut-il une impulsion. D'autant que le prochain règlement industriel européen (l’Industrial Accelerator Act ou IAA) conditionnera les aides à l'achat à un contenu européen, offrant des débouchés à ceux qui savent déjà faire. La balle est dans notre camp.
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar