L'essentiel de l'info :
· Le Belge Melexis devient fournisseur direct de BYD via un Master Purchase Agreement qui lui fait intégrer l'écosystème d'achat mondial du constructeur chinois.
· Le contrat couvre des semi-conducteurs critiques du véhicule électrique, du pilotage moteur à la gestion de la batterie et il consolide la présence de Melexis en Chine, premier marché automobile mondial.
· L'accord intervient aussi alors que Bruxelles prépare des règles de contenu européen pour les aides à l'achat, ce qui fait d'un fournisseur belge un atout potentiel pour un BYD qui va produire en Europe.
Dans l'automobile, un fabricant de composants vend rarement sa pièce directement au constructeur. En temps normal, sa puce part d'abord chez un gros équipementier, un Bosch ou un Valeo, qui l'intègre dans un module complet, un bloc de freinage ou un calculateur, avant de livrer le tout à la marque. Le fabricant de la puce, lui, reste invisible, coincé deux rangs plus bas dans la chaîne. Mais l’entreprise belge Melexis vient de sauter cet échelon.
En signant un Master Purchase Agreement avec BYD, l'entreprise belge devient fournisseur direct au sein de l'écosystème d'achat mondial du groupe chinois. Concrètement, ses puces iront désormais chez BYD sans transiter par un tiers. Le montant du contrat n'a pas été dévoilé, mais l’essentiel est ailleurs. Car ce type de contrat ne s'accorde qu'aux fournisseurs jugés stratégiques.
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Ce que la puce pilote
On parle évidemment de composants que le grand public ne voit jamais, mais sans lesquels aucune voiture électrique ne roule. L'accord couvre des capteurs et des drivers, ces circuits qui traduisent les ordres de l'électronique en puissance envoyée aux moteurs, à la gestion thermique, à l'éclairage, au freinage, à la direction ou aux applications liées à la batterie.
Ces puces mesurent le courant qui entre et sort de la batterie, détectent des positions et pilotent des moteurs. Ce sont autant de fonctions vitales dans un véhicule électrifié, où l'électronique décide de tout. Dieter Verstreken, VP China Strategy chez Melexis, y voit une évolution naturelle d'une collaboration de plusieurs années et appelée à rapprocher les équipes d'ingénierie des deux camps.
Un pied déjà posé
C’est à Ypres en Flandre occidentale qu'est ancrée cette entreprise du Bel 20 dont l'automobile représente près de 89 % du chiffre d'affaires. Un poids qui explique pourquoi le marché chinois, premier au monde pour l'électrique, pèse tant dans sa stratégie. Melexis n'en est d'ailleurs pas à son coup d'essai avec un constructeur chinois puisqu'il fournissait déjà des capteurs de courant à NIO. Le contrat BYD confirme donc cette trajectoire.
Cela dit, le contrat avec BYD pourrait aussi être de nature à arranger le constructeur chinois. En effet, Bruxelles prépare un cadre « Made in Europe » (l’Industrial Accelerator Act) qui conditionnerait les aides à l'achat à un taux de pièces européennes, un seuil de 70 % qui circule, mais n'a rien de définitif. Rien n'est voté. Et le contrat avec Melexis coche précisément cette case au moment où BYD industrialise en Europe avec une usine hongroise et une seconde à l'étude en Espagne. Coïncidence de calendrier ou calcul ? La question mérite d’être posée.
Le marché applaudit
Les investisseurs ont salué cet accord. L'action a gagné près de 2 % en séance à Bruxelles, la plus forte hausse du Bel 20. Reste que l'essentiel n'est pas boursier. Melexis fait partie de ces fleurons industriels belges dont on parle trop peu. Ceux qui loin des projecteurs développent une technologie de pointe au cœur des voitures du monde entier. On l'avait presque oublié. Et c’est ça qui est à saluer.
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