Ceux qui nous lisent régulièrement le savent peut-être : votre serviteur n’est pas exactement un débutant en matière de véhicules anciens, car voici 20 ans que je roule régulièrement au volant de ces engins du passé. Et force est de reconnaître que je ne compte plus les pouces levés, les sourires, les exclamations de certains badauds (« mon tonton avait la même ! ») ; bref, toutes ces manifestations souriantes et toujours agréables. Oui, on a vite l’impression de donner du bonheur aux gens, ce qui est franchement sympa, vous en conviendrez !
Une fois, une seule, en 20 ans, j’ai vu une dame se pincer le nez devant le passage d’un rallye d’ancêtres. Il ne s’agit toutefois que de mon expérience personnelle : la voiture ancienne ne récolte-t-elle vraiment que des pouces levés ou son image est-elle un peu enjolivée par la nostalgie ? Une étude allemande fraîchement publiée répond, chiffres à l’appui.
82 % de sourires, ce n’est pas rien
Réalisée par les experts de Wolk & Nikolic avec les grandes fédérations automobiles allemandes (VDA, VDIK, ZDK), la Classic-Studie 2025 en est déjà à sa 6ᵉ édition : plus de 2.000 propriétaires d’oldtimers, 770 propriétaires de youngtimers et une centaine d’ateliers spécialisés représentant un total approchant 4.200 véhicules se sont penchés sur les questions relatives aux véhicules anciens.
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Résultat : 82 % des automobilistes allemands disent être heureux de croiser une ancienne sur la route, contre 71 % lors de la précédente édition. Mieux : 86 % la considèrent comme un véritable patrimoine culturel roulant ! Et il ne s’agit pas de machines réservées à une élite, ce qui participe sans doute à l’aura populaire de ce petit univers : la Classic-Studie rappelle que ce marché n’est nullement élitiste. 45 % des ancêtres allemands sont estimés à moins de 10.000 € et à peine 6 % relèvent du segment premium.
D’ailleurs, petite anecdote au passage : au classement des ancêtres les plus immatriculés chez nos voisins d’outre-Rhin, la Coccinelle, indétrônable depuis des décennies, vient de céder sa couronne à la Golf, talonnée par deux Mercedes historiques, les W123 et W124.
Quasi invisible sur le bitume
Autre chiffre important : ces véhicules ne représentent que 0,6 % des kilomètres parcourus en Allemagne. La raison est simple : en Allemagne, une ancienne roule en moyenne 2.500 km par an, contre 12.000 km pour une voiture « normale ». Et en Belgique ? La dernière étude de la FIVA (Fédération Internationale du Véhicule Ancien) en la matière remonte à 2020 et nous apprend que les propriétaires belges de véhicules anciens sortent 13 fois par an en moyenne au volant de leur oldtimer, pour une distance annuelle de 1.160 km.
Ajoutez à cela la rareté relative des ancêtres (220.000 plaques O sur largement plus de 6 millions de voitures particulières en Belgique, selon Statbel) et nous entrons dans le cœur du sujet : la voiture ancienne est sans doute aussi aimée parce qu’elle n’envahit pas nos routes. On ne la voit pas, ou très rarement, dans les embouteillages de la capitale un matin de semaine, quand l’humeur est plutôt maussade, mais plutôt le dimanche matin, sur une route de campagne ensoleillée, quand l’ambiance est autrement plus légère. Ajoutez à cela la nostalgie, voire la curiosité, et vous obtenez ce qui ressemble fort à un cocktail gagnant, car très populaire !
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