Commençons par… le nom : chez Fiat, au début des années 1960, il fallait combler le vide entre la 600 et la 1100. La solution retenue fut d’une logique désarmante : 850, soit exactement la moyenne entre 600 et 1100 ! Et cela tombe bien : c’est aussi, à la grosse louche, la cylindrée du moteur… Lancée en 1964, celle qui portait le nom de projet « 100 G » se présente comme une petite berline quatre places à deux portes.
Le génial Dante Giacosa a essayé de convaincre l’état-major de Fiat d’adopter la traction avant pour ce modèle, mais sans succès. Il reprend alors la solution du « tout à l’arrière », déjà bien connue de la maison avec les 500 et 600. La mécanique est très simple, mais efficace : un quatre-cylindres en ligne refroidi par eau, des roues arrière motrices et une boîte à quatre vitesses.
Le succès est immédiat et massif !
Rien qu’en Italie, la famille 850 atteindra près de 2.250.000 exemplaires : 1.780.000 berlines, 342.873 coupés ainsi que 124.600 cabriolets et spiders. Ajoutez-y la Seat 850, produite en Espagne à partir d’avril 1966, les Neckar allemandes, les Zastava yougoslaves… et vous obtenez une voiture qui a largement contribué à motoriser l’Europe du Sud ! En 1971, la berline 850 est remplacée par la 127, qui connaîtra, elle aussi, un succès colossal.
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Le Coupé et le Spider : là où les choses deviennent sérieuses
En 1965, la famille 850 accueille deux nouvelles versions : un coupé et un spider. Deux modèles plus glamour et très « dolce vita », si vous me permettez de tomber platement dans le cliché. Le Coupé est l’œuvre du Centro Stile Fiat, tandis que le Spider est confié à Bertone, où un certain Giorgetto Giugiaro tient le crayon ! Le résultat n’a plus grand-chose à voir avec la sage berline : il est à la fois sportif et élégant, tout en restant sous les 3,8 m de longueur.
Mécaniquement, ces versions gagnent un peu en muscle : le même moteur de 843 cm³ passe de 34 à 47 ch pour le Coupé et à 49 ch pour le Spider. En 1968, avec l’arrivée du moteur de 903 cm³ développant 52 ch, les modèles sont rebaptisés Sport Coupé et Sport Spider.
Des dérivés à gogo…
Dresser la liste complète des dérivés du modèle ne sera pas simple, car la 850 a également attiré de nombreux artisans du pays, comme Vignale, Moretti, Michelotti, OSI ou encore Bertone. Ce dernier produit notamment la Racer Berlinetta, un dérivé du Spider coiffé d’un toit rigide boulonné et recouvert de vinyle noir. Mais le Graal, c’est sans doute la famille des Abarth OT 1000, revue par le sorcier Carlo Abarth qui poussa le moteur à près de 100 chevaux en compétition !
Bon à savoir avant d’acheter
Vous vous en doutez : c’est une Italienne née dans les années 1960, donc le gros dossier, c’est la rouille. La cote étant très faible, les exemplaires « remis à neuf » n’ont pas toujours bénéficié d’une restauration digne de ce nom. Attention, donc, aux belles peintures : il faut absolument tout passer au peigne fin !
Mécaniquement, en revanche, c’est du bonheur : la voiture est simple, fiable et très facilement réparable. Côté pièces, l’essentiel se trouve, surtout pour la mécanique, mais certaines pièces spécifiques demandent de la patience… et un solide réseau !
Combien ?
C’est probablement l’une des meilleures affaires du moment, d’autant que ce marché est à la baisse ! Les berlines se négocient le plus souvent entre 4.000 et 10.000 €, tandis que les versions Coupé et Spider se vendent généralement entre 10.000 et 15.000 € en bon état. Les modèles ayant bénéficié d’une restauration exemplaire peuvent évidemment réclamer un solide supplément, mais cela reste franchement une aubaine pour une voiture qui donne autant le sourire !
On craque ?
Vous savez quoi ? Oui, complètement : moteur pétillant, architecture typée, bouille adorable et véritable économie à l’usage… Que demander de plus ? Votre humble serviteur avoue un penchant pour le Coupé, dont le style n’est pas sans rappeler celui de la Simca 1000 Coupé Bertone. Le cabriolet, avec son regard malicieux, est également très séduisant. Il reste à trouver un exemplaire réellement sain, ce qui peut prendre un peu de temps…
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