Quel bilan CO2 pour les voitures anciennes ? Est-ce un loisir vert ?

Souvent considérées comme polluantes, car pour la plupart dépourvues de système de dépollution, les voitures anciennes sont-elles de véritables usines à carbone ? Quel est leur bilan ? On analyse le tout !

Publié le 11 mai 2025
Temps de lecture : 4 min

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Quel bilan CO2 pour les voitures anciennes ? Est-ce un loisir vert ?

Parce qu’un véhicule ne pollue pas uniquement lorsqu’il est en mouvement, nous avons décidé de prendre pour base l’ensemble du cycle de vie d’une voiture. Globalement, les émissions d’une automobile peuvent être décomposées en trois phases.

La première phase concerne la fabrication même de la voiture

Dans cette enveloppe assez large, on regroupe tout ce qui a trait, de près ou de loin, à la production du véhicule. Cela va de l’extraction des matières premières à l’assemblage du véhicule. Selon le type de motorisation, une étude du cabinet Carbone 4 évalue ces émissions entre 6 et plus de 10 tonnes de CO2. Les extrêmes étant, bien entendu, une petite citadine thermique et un gros SUV électrique. Dans le cas d’une voiture ancienne, cette phase est évidemment « amortie » depuis des dizaines d’années. Contrairement à une voiture moderne, acheter une voiture ancienne ne revient pas à commander la production et l’extraction de matières premières, le véhicule étant déjà existant …

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La phase d’utilisation

C’est évidemment cette phase qui nous concerne tout particulièrement. En ce qui concerne les véhicules modernes, une voiture essence consommant 7 l/100 km et parcourant 15.000 km par an émet environ 4,3 tonnes de CO2 par an. C’est bien évidemment sur ce point que les véhicules électriques se rattrapent, même si ici encore, tout dépend du mix énergétique : entre l’électricité allemande produite en bonne partie par des combustibles fossiles et la française essentiellement alimentée par du nucléaire, il y a un monde !

Et concernant les véhicules anciens ? Si l’on se base sur une utilisation moyenne comprise entre 1.000 et 1.500 km par an (données BEHVA) et que l’on considère une consommation moyenne d’environ 10 l/100 km, cela nous donne des émissions annuelles de CO2 d’environ 600 kg. En effet, tous les oldtimers ne sont pas des gouffres à essence : 10 l/100 km, c’est la consommation moyenne d’un roadster anglais ou d’une VW Golf I GTI. Cela vous semble relativement peu ? La raison est simple : certes, les rendements mécaniques d’hier n’ont rien à voir avec ceux d’aujourd’hui, mais les voitures étaient bien plus légères et nettement moins puissantes. En effet, si vous avez des chevaux, il faut bien les nourrir… Bien entendu, une grosse américaine des années 50 consommera nettement plus, tandis qu’une petite populaire comme une Citroën 2CV sirotera son essence avec bien plus de frugalité !

Le recyclage, la dernière phase

Par recyclage, on entend principalement le démantèlement et le recyclage des matériaux. À titre informatif, sachez que pour un véhicule thermique, D-Carbonize estime cette phase responsable d’environ 10% des émissions totales d’un véhicule sur son cycle de vie. Pour un véhicule ancien, et sauf cas exceptionnel comme une perte totale, il n’est généralement pas question de recyclage ou de destruction dans un cycle classique, en raison de la nature même du véhicule, considéré comme un patrimoine roulant, mais aussi parce que les matériaux ne répondent souvent pas aux normes de recyclage actuelles.

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À titre de comparaison…

Selon l’utilisation et la consommation, le bilan carbone d’un véhicule ancien se situe donc entre 400 kg et une petite tonne par an. Bien entendu, pour être parfaitement complet, il faudrait également inclure les émissions liées au remplacement des consommables, à l’entretien… À titre informatif, on peut donc globalement estimer qu’utiliser son oldtimer pendant 10 ans émet autant que… produire un véhicule moderne ! Bien entendu, une confrontation directe n’a pas beaucoup de sens, ces véhicules n’étant pas destinés à la même utilisation.

Si l’on considère le véhicule ancien comme un loisir, on peut s’aventurer dans d’autres comparaisons : on pense, par exemple, à un voyage en avion. Un vol aller-retour à New York équivaut à 2,1 tonnes de CO2 selon Myclimate, soit, à peu près, trois ans au volant de son ancêtre ! Vous êtes amateur de bonne viande ? Selon Le Sillon Belge, un bœuf wallon émet environ 15,2 kg de CO2 par kilo de viande. D’après Statbel, le Belge mange en moyenne 80 kg de viande par an. Bref, calculette en main, cela représente, à la grosse louche, un total de 1,2 tonne de CO2 par an, soit deux ans au volant de votre roadster anglais adoré ! A l’heure actuelle, à savoir avec du carburant fossile dans les pompes, le bilan carbone d’un véhicule ancien n’est évidemment pas nul. Toutefois, il est à relativiser fortement au vu du faible kilométrage effectué.

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Par François Piette Rédacteur automobile

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