Dans le laboratoire Futurama du Renault Technocentre de Guyancourt, soit à l’abri des regards, les ingénieurs travaillent sur ce que la marque française présente comme un alcootest numérique. Le principe est étonnamment simple : avant de partir, vous posez votre doigt sur un capteur. Celui-ci analyse, à travers la peau, votre taux d’alcool dans le sang. Si celui-ci dépasse une limite prédéfinie, la voiture refuse tout simplement de démarrer. Renault avait déjà présenté ce concept plus tôt cette année au R-Space Lab, mais de nouveaux détails montrent aujourd’hui que la marque compte bel et bien transformer cette idée en une technologie prête pour la série !
Et si un passager sobre faisait le test ?
Sur le papier, le système paraît simple. Et la façon de le contourner aussi : il suffirait de demander à un passager sobre de poser son doigt sur le capteur, puis de laisser le conducteur éméché prendre le volant. Renault a évidemment anticipé ce scénario : le constructeur prévoit donc de coupler le capteur tactile aux caméras déjà présentes dans l’habitacle. Celles-ci doivent vérifier que c'est bien le conducteur qui passe le test et non le copilote. Ces caméras ont en outre une autre fonction dans le cadre du programme Human First de Renault et des nouvelles exigences européennes « GSR2 » : surveiller la fatigue et la distraction. Demain, elles pourraient donc aussi servir à authentifier la personne qui se soumet au contrôle d’alcoolémie !
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Du prototype à la série
Renault veut intégrer, vers 2028, plusieurs technologies issues du programme Futurama à la nouvelle plateforme RGEV Medium 2.0, qui doit notamment servir au nouveau Scénic et au remplaçant du Rafale. La marque lancera prochainement des essais cliniques afin d’évaluer la fiabilité de son alcootest. En effet, le système devra être irréprochable : un faux positif, qui empêcherait un conducteur parfaitement sobre de démarrer, serait tout aussi problématique qu’un faux négatif ! Mains froides, transpiration, crème pour les mains ou saleté : le capteur devra rester fiable dans toutes ces situations et ce, pendant des années !
L’idée de mesurer le taux d’alcoolémie par simple contact n’est d’ailleurs pas totalement nouvelle. Nissan, partenaire industriel de Renault, avait déjà présenté en 2007 un concept équipé d’un capteur intégré au levier de vitesses. Volvo est même allé plus loin en commercialisant l’Alcoguard en 2008. Mais il s’agissait encore d’un appareil séparé dans lequel il fallait souffler. Le système n’a jamais vraiment décollé, notamment parce que les particuliers n’avaient guère envie de passer un alcootest chaque fois qu’ils montaient dans leur voiture ! Renault espère qu’un contrôle aussi discret qu’un simple contact du doigt permettra de changer les mentalités...
Cette fois, le contexte pourrait jouer en sa faveur
En une dizaine d’années, beaucoup de choses ont changé. Et la législation évolue elle aussi : depuis juillet 2024, les voitures neuves dans l’Union européenne doivent disposer d’une interface facilitant l’installation d’un antidémarrage par éthylotest. Le dispositif n’est donc pas obligatoire en lui-même, mais les voitures doivent être préparées à en recevoir un, notamment si un juge de police l’impose. Renault semble donc vouloir profiter de cette évolution ! Reste à savoir si le constructeur français réussira là où l’industrie tâtonne depuis vingt ans : intégrer discrètement ce type de technologie dans des millions de voitures de série. Si le pari est réussi, l’antidémarrage par éthylotest pourrait ne plus être perçu comme une sanction réservée aux conducteurs condamnés pour conduite sous influence, mais devenir un équipement de sécurité comme un autre. Un peu comme la ceinture de sécurité en son temps ?
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