À partir d'avril 2028, tout propriétaire britannique d'une voiture 100 % électrique paiera 3 pence par mile parcouru, soit environ 2,2 centimes d'euro par kilomètre. Cette décision concerne aussi les hybrides rechargeables, mais ces dernières s'en tirent un peu mieux, avec un tarif de 1,5 penny le mile, soit entre 1,1 et 1,2 centime d'euro selon les sources. Pour un usage annuel moyen outre-Manche, la facture peut grimper vite.
Mais comment les autorités vont-elles vérifier le kilométrage réel de chaque véhicule ? En fait, ce n’est pas encore très clair. Car au Royaume-Uni, une voiture neuve échappe au contrôle technique annuel pendant ses trois premières années, qu’elle soit électrique ou non. Il est donc impossible de relever le compteur de manière indépendante. L'administration britannique reconnaît qu’elle devra donc s'appuyer sur une autre méthode de déclaration, mais elle n’en dévoile pas encore les modalités.
Le nerf de la guerre
Mais pourquoi imposer une telle taxation ? Et pourquoi aux véhicules propres justement ? En fait, le raisonnement du gouvernement britannique est relativement simple à comprendre : plus les voitures roulent à l'électricité, moins l'État perçoit de taxes sur le carburant.
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En Belgique, l'État a tout de même touché 6,165 milliards d'euros en accises sur les carburants en 2025, un record historique selon le SPF Finances et ce malgré l'essor de l'électrique. Mais le paradoxe n'est qu'apparent. Car le parc automobile belge ne comptait encore que 6 % de véhicules électriques fin 2024, contre 38 % des nouvelles immatriculations aujourd'hui. Les choses vont donc évoluer et un jour ou l'autre, chaque gouvernement européen devra affronter la même équation budgétaire. On ne voit pas bien comment il pourrait y échapper. La Suisse et l'Islande ont déjà exploré des pistes similaires ces dernières années, avec des fortunes diverses, preuve que le sujet dépasse largement le seul cas britannique.
Et si Bruxelles suivait ?
La question se pose donc aussi en Belgique, même si des accises sont incluses dans les prix de l’électricité. On pourrait faire l’exercice de transposer le taux britannique au kilométrage belge donne une idée concrète de ce que ça représenterait. Pour 10.000 km par an, un conducteur de voiture électrique paierait environ 220 euros, contre 330 euros pour 15.000 km, 440 euros pour 20.000, 550 euros pour 25.000 et 660 euros pour 30.000 km.
Pour les hybrides rechargeables, la note se situerait entre 110 et 120 euros pour 10.000 km et grimperait jusqu'à 330 voire 360 euros pour 30.000 km. Un rouleur belge typique, entre 15.000 et 25.000 km par an, se situerait donc quelque part entre 330 et 550 euros annuels au volant d'un modèle zéro émission.
Justice fiscale ?
La Belgique change aussi progressivement son fusil d’épaule pour la fiscalité automobile, notamment pour les voitures électriques et les électrifiées. Longtemps, elles ont bénéficié de taxes réduites, mais ce temps est révolu avec la masse de voitures à batterie en circulation. On le voit d’ailleurs avec la refonte des taxes de mise en circulation en Wallonie. Et ce n’est pas fini.
La Belgique a prévu aussi de mettre en place sa vignette routière qui, rappelons-le, ne sera pas neutre pour tous les Belges. La Flandre a prévu de revoir sa fiscalité automobile dès janvier 2027. On le voit, le débat ne fait que commencer.
Une industrie vent debout
Sans surprise, la mesure britannique passe mal du côté des constructeurs. L'industrie automobile estime qu'on ne peut pas faciliter une transition en douceur vers les véhicules électriques en augmentant leur coût d'utilisation. L'argument n'est pas innocent au moment où les ventes de voitures électriques progressent fortement en Europe. Mais vu les situations budgétaires de la plupart des pays européens, les gouvernements estiment, eux, que celui qui roule doit contribuer. Mais comment souvent, c’est la voiture qui y passe.
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