La Flandre a décidé de frapper fort pour enrayer le fléau du téléphone au volant. Depuis le début de l’année 2025, une nouvelle réglementation fait de cette infraction une faute du troisième degré, c’est-à-dire parmi les plus graves du Code de la route. Selon les autorités locales, près de 8% des accidents mortels sont liés à l’usage du smartphone en conduisant.
Dans la province d’Anvers, plus de 3.000 automobilistes ont déjà dû remettre leur permis durant les six premiers mois de l’année, soit en moyenne dix-sept par jour. Le message est clair. Les contrôles se sont intensifiés et les sanctions sont appliquées avec rigueur.
Des sanctions lourdes et immédiates
En cas de constatation, la police peut infliger une perception immédiate de 174 euros (hors frais administratifs). Si l’automobiliste conteste et que le tribunal confirme l’infraction, la sanction grimpe entre 240 euros et 4.000 euros, assortie d’un éventuel retrait de permis de huit jours à cinq ans. Et il faut noter que les jeunes conducteurs (permis obtenu il y a moins de 2 ans) sont d’office renvoyés devant le tribunal de police. La sanction sera donc beaucoup plus sévère.
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Mais la principale nouveauté en Flandre est l’application immédiate d’un retrait de permis, sans attendre une décision du juge. Cette mesure vaut pour toute personne interceptée avec un téléphone en main, même si elle réside ailleurs dans le pays. Un automobiliste bruxellois ou wallon surpris sur le sol flamand tombe donc sous le coup de cette législation, sans aucune dérogation possible.
Une expérience révélatrice
Ces sanctions sont bien réelles. Comme le relatait RTL Info, un automobiliste wallon en a récemment fait l’amère expérience. Livreur de profession, il a été contrôlé alors qu’il tenait son téléphone au volant sur une route flamande. Convaincu qu’il s’agissait d’une simple contravention, il a découvert sur place que son permis était retiré pour quinze jours. Une mesure qui met directement son activité en péril.
L’homme s’interroge aujourd’hui sur la légalité de cette sanction automatique. Mais la règle est sans ambiguïté : dès lors que l’infraction est constatée, elle est soumise au nouveau régime. Le seul recours possible consiste à saisir un avocat spécialisé en droit de la route, mais il faut être honnête : les marges de manœuvre sont minces tant la loi est stricte.
Ce que la loi autorise
La législation belge n’interdit pas totalement l’usage du téléphone, mais impose qu’il soit fixé dans un support. Le dispositif peut être installé sur le tableau de bord, sous le pare-brise ou dans une grille de ventilation, à condition de permettre une utilisation strictement mains libres. Il est permis d’ouvrir brièvement une notification comme on le ferait avec une interface multimédia, mais pas de taper de message, de regarder de film ou encore de scroller sur les réseaux sociaux. L’écran du smartphone peut évidemment servir à la navigation ou aux appels vocaux, mais toute autre manipulation manuelle reste proscrite.
En cas de doute, c’est la règle de base qui prévaut : le conducteur doit conserver le contrôle total de son véhicule et pouvoir effectuer à tout moment les gestes nécessaires à la conduite. Notons que même ajuster la climatisation ou changer de station radio peut être considéré comme une distraction dangereuse le cas échéant.
Vers un durcissement généralisé ?
Il y a beaucoup de chances que le durcissement flamand inspire les autres régions belges. En Wallonie comme à Bruxelles, les autorités multiplient les campagnes de sensibilisation contre les distractions numériques au volant. L’objectif est d’uniformiser la sévérité des sanctions sur l’ensemble du territoire et... de remplir les caisses qui, comme on le sait, en ont bien besoin.
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