Cet accessoire est parfaitement connu des automobilistes belges, même si ceux-ci n’y sont pas directement confrontés, du moins sur notre territoire : le speed gun ou, comme on l’appelle en France, le radar jumelles. Ce dispositif permet de mesure la vitesse rapidement pour les bridages mobiles. En général, leur portée est de 600 m et la marge d’erreur est de l’ordre de 5km/h, mais de nouveaux speed gun fonctionnant par laser sont désormais beaucoup plus efficaces avec une portée de 1,5 km. Plutôt redoutable.
La Belgique ne connaît pas l’usage du speed gun. Ou très peu, car jusqu’ici, une seule zone de police (boraine) le testait depuis début 2024. Sa portée était de 200 m et il permettrait de détecter les vitesses excessives, le non-port de la ceinture ou encore l’usage du téléphone au volant. Mais il ne pouvait pas entraîner de verbalisation puisqu’il s’agissait d’un test grandeur nature. L’appareil n’était donc pas officiellement homologué. La police ne pouvait dès lors que jouer la carte de la prévention.
Bientôt en Belgique ?
Toute la question est de savoir si la Belgique garnira son arsenal de répression routière avec ces jumelles ? La proposition est tentante, car l’efficacité de cet appareil n’est plus à prouver tandis que pour les forces de l’ordre, il est aussi beaucoup plus facile à utiliser, car plus léger que les radars mobiles qui nécessitent d’être installés transportés ou fixés sur une voiture.
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Depuis 2021, un projet d’achat pour la police de la route est dans les cartons. Et depuis cette époque, on constate que ça tergiverse. Selon Sud Info qui a pu obtenir des informations internes à la police, le speedgun serait pointé du doigt pour un problème d’homologation. En effet, lorsqu’un automobiliste est flashé, une photo est prise ce qui constitue une donnée personnelle protégée et qui ne l’est en fait pas... Si le radar est volé, les malfrats peuvent donc accéder à ces données. C’est pour cela d’ailleurs que l’Europe recommande des niveaux plus élevés de cryptage pour ces appareils. S’agissant d’une recommandation simple, d’autres pays européens ont décidé de ne pas la suivre. Mais la Belgique a une autre vision sur la chose. Ce qui peut aussi se comprendre alors que l’autorité de protection des données ordonne la désactivation de radars-tronçons.
Cela dit, une autre raison serait aussi potentiellement bloquante pour l’utilisation de ces speedguns : l’équité. En effet, il permet aux policiers de sélectionner les voitures et donc les plus gros excès de vitesse. De quoi coincer les conducteurs plus rapides que les autres et donc de se focaliser sur les récidivistes ou les grands excès de vitesse. Ce qui n’est pas une mauvaise chose puisque cela empêcherait que les parquets soient engorgés. Cela dit, moins de plus – aussi « qualitatifs » soient-ils – signifie aussi moins de rentrées financières, indique une source de Sud Info. Or, ces appareils coûtent facilement autour des 10.000 à 11.000 euros. Ce problème de rentabilité est connu et la France le reconnaît elle-même. Quoi qu’il en soit, le dossier est sur la table du ministre de l’Intérieur, Bernard Quintin (MR). On verra ce qu’il décide.
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