Recharge à domicile : des milliers de Belges risquent jusqu'à 250 euros d’amende

Alors que la voiture électrique s’installe dans le quotidien de centaines de milliers de Belges, beaucoup ignorent l’obligation d’une formalité administrative : déclarer la borne de recharge domestique au gestionnaire de réseau. L’oublier, c’est s’exposer à des amendes parfois salées et qui, singularité belge oblige, sont différentes d’une région à l’autre.

Publié le 27 février 2026
Temps de lecture : 5 min

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Recharge à domicile : des milliers de Belges risquent jusqu'à 250 euros d’amende

La voiture électrique s’impose dans le paysage belge. Près de 450.000 modèles 100% électriques circulent aujourd’hui dans le pays, portés notamment par l’essor des véhicules de société. Cela dit, comme on le sait, rouler avec une voiture électrique au quotidien n’est pas chose nécessairement aisée, en particulier pour la recharge. Car le maillage reste insuffisant tandis que les solutions à destination des automobilistes qui vivent en ville ou dans des appartements sont chères et limitées puisqu’il leur faut nécessairement recourir à une borne publique. C’est évidemment plus confortable pour les utilisateurs qui disposent d’une entrée privée ou d’un garage. Ceux-là ont bien souvent fait installer une borne de recharge. Et ça peut réserver des surprises.

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En Flandre par exemple, plus de 70.000 points de recharge privés sont officiellement enregistrés auprès du gestionnaire de réseau Fluvius. Mais, problème, ce chiffre serait loin de refléter la réalité. Selon les estimations relayées par la presse flamande, le nombre réel d’installations serait environ deux fois plus élevé. Autrement dit, près d’une borne sur deux échapperait à l’obligation de déclaration en vigueur depuis juin 2021. Et déroger à la déclaration peut coûter cher : une amende administrative de 117,68 euros.

Une obligation bien réelle

Depuis juin 2021, toute installation en Flandre d’un point de recharge privé – dans un garage ou sur une allée – doit être signalée au gestionnaire de réseau, au même titre que des panneaux photovoltaïques ou que l’usage d’une batterie domestique. La règle vaut également pour les bornes installées avant cette date.

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Et cette situation ne se limite pas au nord du pays. La situation n’est pas différente en Wallonie qui oblige aussi à déclarer sa borne de recharge. Et ici aussi, les chiffres disponibles illustrent le même décalage. Ores recensait 19.320 bornes domestiques déclarées fin 2025 et Resa 6.081 pour un total de 25.401 unités officielles. Là encore, ce volume paraît particulièrement modeste (et même irréel) au regard de l’électrification rapide du parc, notamment des flottes d’entreprise. La Wallonie sanctionne aussi le fait de ne pas déclarer une borne. Et l’amende est autrement plus salée : 250 euros ! Et à Bruxelles, Sibelga applique le même tarif qu'en Wallonie, annonçant de surcroît que la période de sensibilisation est terminée. Autrement dit : pas de cadeau !

Le réseau sous tension

Mais pourquoi faut-il déclarer une borne ? Parce qu’on est en Belgique, on pense immédiatement à la taxation. Vais-je devoir payer plus parce que j’ai une borne ? Pas tout à fait (ou pas encore). En fait, les gestionnaires invoquent avant tout la stabilité du réseau. Une voiture électrique peut quasiment doubler la consommation d’un ménage type. Les pics de consommation, souvent concentrés en début de soirée lorsque les conducteurs rentrent du travail, exercent une pression supplémentaire sur des infrastructures déjà sursollicitées à certains moments.

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En Flandre, il faut rappeler que les choses sont gérées à travers 2,95 millions de compteurs communicants installés et qui permettent d’identifier ces hausses de consommation. Les gestionnaires peuvent ainsi localiser les zones où la demande augmente et planifier des renforcements. En Wallonie par contre, le déploiement des compteurs communicants patine. Ores prévoit d’équiper plus d’un million de clients d’ici la fin 2029 seulement, ce qui laisse augurer une période transitoire délicate.

Qui doit déclarer ?

Dans les faits, il est évident que peu d’automobilistes installent eux-mêmes leur borne. L’opération est généralement confiée à un électricien agréé, organisée par l’employeur ou même par le constructeur lors de la vente d’une voiture électrique. Mais il n’empêche : la responsabilité de la déclaration incombe au client final et pas au professionnel. Cette méthode participe naturellement à l’incompréhension. Car on peut légitimement estimer que l’installateur, en tant que spécialiste et garant de la conformité électrique, devrait intégrer cette formalité dans sa prestation, comme c’est déjà le cas pour les panneaux photovoltaïques du reste.

Ce débat intervient alors que le maillage public de bornes de recharge reste insuffisant. Selon une analyse récente, la Belgique devrait disposer d’environ trois fois plus de bornes publiques pour répondre aux besoins actuels et futurs.

La situation n’est pas neuve, mais elle continue d’interroger : alors que l’État encourage l’adoption de véhicules électriques, il peine par ailleurs à accélérer l’adaptation du réseau et le déploiement des infrastructures. En attendant, si vous disposez d’une borne à domicile, vérifiez bien qu’elle est déclarée...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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