A première vue, on se dit qu’il faut avoir sérieusement abusé des psychotropes pour se lancer trois jours dans la boue, la grisaille, la flotte, le tout déguisé en lord anglais ! Et pourtant, à chaque édition, le Goodwood Revival réussit à rassembler largement plus de 100.000 personnes. En outre, et contrairement à l’immense majorité des événements automobiles, on y voit quasiment autant de femmes que d’hommes… Quelle est donc la recette de cette machine à succès ?
Retour en arrière !
Le Goodwood Revival, comme son nom l’indique judicieusement aux oreilles anglophiles, célèbre l’âge d’or du circuit automobile de Goodwood, à savoir de 1948 à 1966, avec des courses reprenant exclusivement des modèles ayant couru sur le tracé et un public qui joue le jeu en sortant de sa garde-robe des vêtements d’époque...
Petit détail qui a toute son importance : le circuit est inchangé depuis 1966, que ce soit dans son tracé, ses tribunes, voire sa… largeur de piste, très limitée ! En matière de courses, il faut bien le dire, le spectacle est total, d’autant que l’on retrouvait derrière les volants de nombreux pilotes (très) chevronnés : Jenson Button, Jacques Villeneuve, Dario Franchitti, Rob Huff, Tom Kristensen… On vous le garantit, voir ces Cobra, Type E, GT40 et autres Ferrari 250 passer en travers dans des gerbes d’eau, parfois séparées de quelques millimètres, c’est un spectacle capable de donner des frissons à n’importe quel passionné !
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Un univers unique en son genre
Le spectacle sur la piste ne se limite pas qu’aux batailles acharnées : on y a vu aussi des parades de mini bus VW, d’Alfa Romeo et même des… moutons, célébrant le parcours sensationnel du regretté Jim Clark, fermier à ses heures perdues et considéré par ses pairs, comme l’un des meilleurs pilotes de tous les temps ! Une parade regroupant toutes ses plus célèbres machines fut également orchestrée : un moment hors du temps, notamment pour Jackie Stewart, particulièrement ému devant l’hommage fait à son ami disparu…
En dehors de la piste, le spectacle ne manque pas non plus : il y a bien sûr les tenues des visiteurs qui sont en soi une source inépuisable d’étonnement, mais aussi les innombrables concerts de musique d’époque, concours et autres démonstrations. Rajoutez à cela une offre étendue et variée de food trucks, des Spitfire qui rugissent au-dessus des têtes, ainsi qu’un parc d’attractions d’époque et vous obtenez un événement infiniment plus familial que Le Mans Classic ou les 6 heures de Spa…
Alors, succès mérité ou réputation surfaite ?
On ne va pas se mentir, si tout ce qui est tombé du ciel a rajouté une bonne dose de spectacle sur la piste, cette flotte céleste a rendu l’événement pénible à plusieurs moments : le tweed de grand-papa a fini maculé de boue (et on ne vous parle même pas de nos jolies chaussures : on a opté pour des bottes le dernier jour…), nos petits plats ont pris l’eau et nos Guinness aussi… Le thème de l’année « Summer of Love » avait donc du mal à coller à la réalité du terrain !
Quant aux parkings, ils étaient organisés sur des prairies qui ressemblaient davantage à des champs de patates, avec tout ce que cela suppose… Quoique : ce n’est pas tous les jours que l’on voit une Aston DB5 embourbée et maculée de boue ! Toutefois, entre deux averses torrentielles, Goodwood dévoile toute sa magie : un événement à nul autre pareil qui évolue dans une autre dimension spatio-temporelle. Alors oui, c’est cher (75 livres par personne et par jour), ce n’est pas adapté à la pluie, c’est bondé et les embouteillages pour y accéder (ou en sortir) sont parfois monstres, mais il suffit d’une éclaircie pour tout oublier…
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