Tout commence dans les années 1970. Eberhard Schulz, passionné de sportives exotiques, développe dans son garage une voiture unique : l’Erator GTE, prototype inspiré des supercars italiennes. Ce modèle attire l’attention et ouvre à Schulz les portes de Mercedes-Benz, où il collabore sur des projets de recherche. Il participe notamment au développement de la CW311, un concept-car aux lignes radicales présenté sous le nom de Mercedes, sans avenir commercial.
Frustré, Schulz fonde Isdera (acronyme de Ingenieurbüro für Styling, DEsign und RAcing), avec un seul objectif : produire une voiture qui soit la suite logique de la CW311. C’est ainsi qu’en 1984 naît l’Isdera Imperator 108i, un coupé bas, agressif, propulsé par des moteurs V8 Mercedes, au design anguleux et futuriste. Produite artisanalement à une trentaine d’exemplaires, l’Imperator fascine les amateurs mais reste hors de portée, tant financièrement que symboliquement.
Rachat chinois
Dans les années 90, la marque explore de nouveaux concepts, comme le roadster Commendatore 112, équipé d’un V12 Mercedes et de technologies avancées pour l’époque (aérodynamique active, caméra de recul, transmission semi-automatique). Mais la voiture arrive trop tôt, trop chère. Le projet échoue financièrement. Isdera s’éteint presque en silence à la fin des années 90.
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Longtemps considérée comme morte, la marque refait une apparition discrète au Salon de Pékin 2018 avec l’Isdera Commendatore GT, un coupé électrique conçu pour le marché chinois, grâce au partenariat avec la startup chinoise WM Motor. Racheté en 2021 par le groupe Xinghui Automotive, Isdera se sent pousser des ailes avec la construction d’une usine et la création d’un centre de recherche et de développement.
Excès de discrétion
Malheureusement, tout cela n’a pas suffi et Isdera vient de mettre la clé sous la porte. Durant ses quarante ans d’existence, la firme n’a jamais su se mettre en avant et ses produits ont souffert de sa trop grande discrétion.
La production a également toujours été très anecdotique, avec seulement une centaine de voitures construites en 40 ans et de nombreux modèles demeurés uniques. Chaque modèle était fait à la main, personnalisé selon les souhaits du client. Aucun concessionnaire : l’achat passait par un appel direct au fondateur. Une approche unique qui n’est plus dans l’air du temps.
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