Un réservoir plein de Diesel vaut aujourd'hui plus de 120 euros. À 2,48 euros/l, le carburant est devenu une marchandise suffisamment précieuse pour que des individus investissent une vingtaine d'euros dans un kit de siphonnage disponible en quelques clics sur n'importe quel site de vente sur internet. Avec ce matériel basique, un voleur peut vider un réservoir en moins de dix minutes, sans bruit et sans laisser de trace. À 1,95 euro/l, le sans-plomb n'est pas davantage épargné. Le phénomène avait déjà observé lors de la flambée des prix liée à la crise ukrainienne en 2022 et il est en train de reprendre de l'ampleur.
Vingt euros, dix minutes
Mais les automobilistes peuvent-ils se prémunir de ces vols ? Car outre, le carburant, cet acte s’accompagne souvent de dégâts, notamment au niveau des trappes de ravitaillement. La première parade tient dans le fait de se parquer dans un box fermé ou un parking souterrain, ces derniers étant soit privés soit publics et donc équipés de caméras. Mais il faut évidemment en disposer. À défaut, l'emplacement de parking mérite d’être considéré : une place bien éclairée et à fort passage décourage davantage qu'un recoin sombre. Coller le côté trappe à carburant contre un mur ou un obstacle complique aussi sérieusement la tâche d'un siphonneur qui opère forcément à la va-vite. Ces réflexes ne coûtent rien, mais supposent d'y penser systématiquement. Il suffit en réalité d’être un peu plus organisé que le véhicule garé à côté pour faire la différence.
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Évitez le plein complet
Le timing compte également dans la prévention au vol de carburant. En effet, la veille d'un week-end prolongé ou d'un départ en vacances, les voitures stationnent plus longtemps et, souvent, avec le réservoir plein. Faire le plein le matin du départ plutôt que la veille au soir peut donc être une bonne idée.
Sur le plan technique, il faut par ailleurs signaler que tous les véhicules ne sont pas logés à la même enseigne. Depuis 2006, le groupe Volkswagen – notamment les Golf, Polo, Tiguan, mais aussi Audi, Seat, Skoda et Porsche – équipe ses modèles d'une goulotte rendue inviolable grâce à l’usage d’un tuyau souple. BMW et Mini ont adopté le même principe. Ford intègre également un système anti-siphonnage directement dans la goulotte de remplissage tandis que Renault opte pour un bouchon à clé sur certains modèles. À l'inverse, d’autres marques comme Hyundai, Mercedes ou Smart se limitent à une trappe couplée au verrouillage centralisé. Il s’agit souvent d’un mécanisme en plastique fragile que les siphonneurs n'ont aucun mal à forcer.
Pour les véhicules non protégés de série, il existe des crépines anti-siphonnage perforées qui sont vendues chez les spécialistes de pièces auto pour quelques euros. Elles s'insèrent dans la goulotte et bloquent l'introduction d'un tuyau. Un bouchon fermant à clé constitue par ailleurs une barrière supplémentaire. On les trouve aussi dans les enseignes spécialisées. Aucune solution n'est infaillible, mais ces dispositifs peuvent décourager les voleurs moins bien équipés.
Les amendes salées pour les voleurs
En Belgique, le siphonnage constitue un vol simple au sens de l'article 461 du Code pénal : la peine peut aller jusqu'à cinq ans d'emprisonnement, assortie d'une amende oscillant entre 254 et 4.500 euros après application des décimes additionnelles légalement obligatoires. Il existe en outre des circonstances aggravantes : si la trappe à carburant a été forcée, le vol est requalifié en vol avec effraction et la peine peut alors grimper à une réclusion de cinq à dix ans. Pour les victimes, déposer plainte auprès de la police locale reste indispensable, ne serait-ce que pour activer une éventuelle prise en charge des dégâts par son assureur.
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