À première vue, le bilan semble encourageant. L’étude Rolling Wheel menée durant l’été 2025 par TRAXIO (la fédération du secteur automobile et des secteurs connexes) sur plus de 1.000 véhicules montre que les automobilistes belges accordent davantage d’attention à l’état général de leurs pneus. Les cas d’usure excessive, de dommages visibles ou de profils (profondeur de la sculpture) sous la limite légale reculent nettement par rapport aux constats dressés les années précédentes.
Cette évolution semble donc confirmer l’impact positif des campagnes de sensibilisation menées par le secteur. Autre facteur qui joue peut-être positivement sur la situation : le ralentissement de l’inflation qui est loin des niveaux explosifs rencontrés en 2022 et après. Cela dit, à côté de cette bonne nouvelle, il y en a une autre moins bonne. En effet, Rolling Wheel met aussi en avant la multiplication des montages de pneus différents (marques, modèles, profils), une pratique qui comporte des risques sur la route en matière de tenue de route, donc de sécurité routière. Et, aussi performantes soient-elles, les aides à la conduite ne peuvent pas toujours tout rattraper.
L’homogénéité, règle fondamentale
Les données de l’étude de TRAXIO sont sans appel : près de 14,8% des véhicules contrôlés présentent des pneus différents montés sur un même essieu. Transposé à l’échelle nationale, cela représente tout de même plus de 900.000 voitures qui circulent dans des conditions de sécurité dégradées. Et en toute illégalité...
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Pour rappel, la règle d’homogénéité ou de cohérence impose que les pneus gauche et droit d’un même essieu soient strictement identiques sur plusieurs critères : les dimensions, la marque, le type de gomme ou le modèle, la catégorie saisonnière, les indices de charge et de vitesse ainsi que la profondeur de sculpture. Le non-respect d’un de ces critères entraînera de facto un comportement routier imprévisible, notamment lors de freinages d’urgence ou de manœuvres d’évitement.
Ce qu’on sait moins que c’est déroger à cette règle d’homogénéité des pneumatiques expose aussi à de solides amendes. Rouler avec des pneus non conformes est une infraction du deuxième degré qui peut entraîner une amende de 116 euros, mais beaucoup plus si le véhicule est impliqué dans un accident. Et encore, l’automobiliste peut aussi avoir des problèmes avec son assureur qui pourrait se retourner contre lui suite à un sinistre.
Des combinaisons illégales
Parmi les erreurs fréquemment commises, la plus fréquente concerne le mélange de pneus été, hiver et quatre saisons sur un même essieu. C’est une pratique observée sur 3,5% des véhicules inspectés, soit environ 215.000 voitures en Belgique. Cette configuration est non seulement dangereuse, mais également interdite.
Autre combinaison à proscrire : l’association de pneus hiver à l’avant et été à l’arrière (ou l’inverse). Ce type d’association modifie radicalement l’équilibre du véhicule et augmente le risque de perte de contrôle. Et ce que les automobilistes ignorent aussi, c’est que ces associations malheureuses perturbent aussi le fonctionnement de systèmes de sécurité comme l’ABS ou l’ESP.
L’étude de TRAXIO estime que plus de 300.000 conducteurs roulent avec des indices de vitesse non concordants, près de 150.000 avec des indices de charge différents et plusieurs dizaines de milliers avec des écarts significatifs de sculpture. « Des pneus présentant de grands écarts entre eux minent le bon fonctionnement des systèmes de sécurité électronique », souligne encore Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO. « Mélanger des pneus de types différents constitue une atteinte directe à la sécurité routière. » Cela dit, si des problèmes subsistent à une échelle assez importante, il faut malgré tout se focaliser sur le positif et sur le fait que les automobilistes belges sont globalement plus attentifs et soigneux.
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