Depuis quelques années, les automobilistes sont de plus en plus séduits par les pneus 4 saisons. En Belgique, ils représentent d’ailleurs de 20 à 25% des ventes. Il faut dire que ces pneumatiques ont beaucoup progressé et, surtout, qu’ils procurent un haut degré de tranquillité puisqu’il n’est plus nécessaire de permuter et de stocker tandis qu’ils assurent un degré d’adhérence tout à fait convenable, quelles que soient les conditions climatiques. En posséder, c’est donc l’assurance d’être toujours mobile. Tant pis dès lors s’ils sont un tout petit peu plus chers.
Pourtant, les pneumatiques 4 saisons pourraient bien représenter un faux bon plan. C’est en tout cas ce que soutiennent l’Automobile Club allemand (ADAC ) et le Touring Club Suisse (TCS) qui viennent de publier des tests complets, dont les résultats posent question.
Des distances de freinage allongées
Le test est sans appel. En freinage d’urgence sur route mouillée (80 km/h-0 km/h), un véhicule équipé du meilleur pneu testé – le Continental AllSeasonContact 2 – s’arrête après 31,3 m alors que le pire élève, l’Arivo Carlorful A/S, réclame 42,6 m. Concrètement, alors que la voiture dotée du Continental est déjà à l’arrêt, celle chaussée d’Arivo roule encore à 41 km/h. Si on fait la moyenne des 16 pneus testés, les gommes 4 saisons nécessitent 34,9 m pour marquer l’arrêt alors que la moyenne relevée sur 17 pneus été est de 31,7 m.
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Les essais prenaient naturellement aussi en compte l’adhérence sur sol sec, mouillé et verglacé ainsi que des critères environnementaux (usure, bruit, consommation). Et là encore, les écarts sont nets. Entre le meilleur et le plus mauvais pneu sur sol sec, l’écart de freinage atteint 7,3 m. Ces écarts de performances ne se manifestent pas que par temps chaud. En effet, sur la neige, certaines gommes ne freinent quasiment pas relèvent les deux organismes : le Petlas Multi Action PT565, par exemple, laisse le véhicule filer à 16 km/h alors que les meilleurs pneus l’arrêtent sur la même distance.
Le compromis montre ses limites ?
L’ADAC et le TCS notent que les bons pneus 4 saisons sont plus nombreux que précédemment. Il y a en a quatre cette année qui sont très recommandables, contre seulement un l’an dernier (Goodyear, Continental, Pirelli et Bridgestone). Ce qui était moins attendu par contre, c’est que les pneus pas recommandés soient aussi nombreux. Il y en a douze dont certains sont pourtant fabriqués par des marques prestigieuses. Ainsi, le Michelin Crossclimate 2 échoue dans la catégorie des pneus « recommandés » et il n’obtient que trois étoiles sur cinq tout comme le Dunlop All Season 2. Pire encore : Vredestein qui a pourtant fondé une bonne part de sa réputation sur les pneus 4 saisons n’obtient que deux étoiles sur cinq.
Quatre pneus sont carrément à éviter si on tient à rester en vie. Ils sont tous chinois et naturellement très bon marché. Au bilan, les deux organismes estiment que la moitié des pneus testés ne sont pas recommandés. C’est peu et cela incite donc à la prudence au moment du choix.
Quelle conclusion tirer ?
Tout ceci nous montre que, malgré les progrès, les pneus 4 saisons restent des compromis et qu’ils atteignent de plus en plus vite leur limite d’utilisation dans un contexte de changement climatique. On sait que les canicules et épisodes neigeux intenses vont se multiplier dans les années à venir, ce qui placera ces pneus en dehors de leur zone de fonctionnement raisonnable avec tout ce que cela suppose en termes de risques.
On le sait : les pneus sont chers et ils font mal au portefeuille lorsqu’il faut les remplacer. Cela dit, c’est comme pour tout : le mouton à cinq pattes n’existe pas. Ou quand on pense l’avoir trouvé, il ne tient souvent pas longtemps debout.
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