Un matin d’octobre, un silence inhabituel règne à l’usine Volvo de Torslanda, en Suède. Dans le hall de montage la dernière Volvo V90, noire et élégante, glisse doucement vers la fin de son parcours au sein de la chaîne d’assemblage. Cette voiture ne sera ni livrée à un client, ni immatriculée : elle est destinée à rejoindre la Volvo Heritage Collection, au « World of Volvo » de Göteborg, une musée consacré à la marque suédoise.
La disparition de la V90 marque un tournant pour Volvo. Ce modèle était en production depuis 2016. Conçue sur la plateforme SPA, commune à la S90 et au XC90, il était le digne descendante de nombreux modèles breaks de la marque qui ont fait son succès depuis les années 50. On se souvient entre autres de l’inoxydable 240 breaks qui était la voiture idéale pour les vacances par excellence !
Le vent a tourné
Au fil des années, la voiture a été modernisée : nouvelles motorisations hybrides, mises à jour logicielles et finitions de plus en plus luxueuses. Avec son immense coffre, elle était apprécié par une clientèle très familiale qui appréciait son confort feutré et ses performances.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Cependant, le vent a tourné et les SUV ont tout raflé sur leur passage et le break Volvo est passé de mode. Avec des ventes en berne, le V90 a tenu bon encore quelques années avant d’être sacrifié sur l’autel de la rentabilité. Volvo vise désormais une transition vers une offre fortement électrifiée. Le modèle S90 a déjà disparu du marché, laissant la place à ES90, une berline électrique conçue pour reprendre le créneau.
Ventes confidentielles
Outre l’ES90, la gamme actuelle de Volvo ne comprend plus que des crossovers et autres SUV, de l’EX30 au très controversé EX90, en passant par l’EC40. Pour une petite frange de la clientèle de la marque sino-suédoise, la firme a vendu son âme au diable en abandonnant petit à petit les breaks. Du côté du management de Volvo, on affirme que les clients ont tranché.
Il faut dire que cette année, un peu moins de 7.000 exemplaires de la V90 ont été vendus, ce qui représente à peine plus d’un petit pourcent des ventes mondiales de la marque, ce qui ne représente presque rien. Dans certains pays, la V60, break plus compact que la V90, est encore disponible mais son avenir s’avère également compromis et ses jours semblent comptés.
Le plus étonnant que les breaks se vendent encore bien chez d’autres constructeurs. C’est le cas par exemple de Mercedes, Audi et BMW pour qui cette forme de carrosserie est capitale, tant la demande est encore soutenue. La Volvo V90 accusait son âge malgré un facelift et elle ne disposait pas d’une version performante, alors que la concurrence allemande propose des versions très épicées de ses breaks (AMG, RS6 et M5). Ceci explique peut-être la disparition du break Volvo.
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be