La multiplication des voitures électriques sans d'incidence sur la pollution des villes ?

L’avènement de la voiture électrique est censé avoir un impact positif sur la qualité de l’air, particulièrement en ville. Mais ce ne serait en fait pas tellement le cas, comme le révèle une étude menée dans le pays d’Europe qui compte le plus de voitures électriques.

Publié le 28 avril 2025
Temps de lecture : 4 min

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La multiplication des voitures électriques sans d'incidence sur la pollution des villes ?

Sur le papier, la voiture électrique est bénéfique pour l’environnement : elle émet moins de CO2 sur un cycle de vie, dure plus longtemps qu’une voiture thermique et ne rejette pas de polluants à l’échappement. Lors de l’utilisation, elle contribue à améliorer la qualité de l’air, spécialement en ville où le trafic automobile à moteur à combustion pèse pour 95% des rejets de monoxyde de carbone et 45% des oxydes d’azote, selon un rapport de l’Union européenne. Et il faut encore compter avec les émissions de particules fines (PM10 et PM2,5) qui provoquent de nombreux décès chaque année.

Dans ce contexte, la généralisation de la voiture électrique permet donc théoriquement de réduire cette part des polluants atmosphériques avec à la clé, une amélioration de la qualité de l’air respiré. Sauf que cette logique n’est en fait pas si évidente que cela. C’est ce que constate la Norvège, pays ô combien en avance sur la question de la voiture électrique en Europe puisque l’an dernier 84% des voitures neuves vendues étaient à batterie – 28% en Belgique en 2024.

Des problèmes de pollution persistants ?

Les autorités norvégiennes constatent en effet que les problèmes de pollution persistent dans la capitale, Oslo. Et que la qualité de l’air est donc nettement moins satisfaisante qu’attendu. Mais qu’est-ce qui cloche? Selon Bloomberg qui a mené l’enquête, si les voitures électriques permettent effectivement de réduire les émissions de CO2, ce n’est pas le cas des particules fines, car les voitures à accumulateur en émettent aussi en (trop) grande quantité.

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Les particules fines produites par les voitures électriques proviennent en particulier du roulement des pneus sur le bitume, mais aussi des freins (poussière). Selon l’ADEME, Agence environnementale française indépendante, les émissions des voitures électriques en la matière seraient même comparables à celles d’une voiture thermique en raison du poids plus élevé de ces véhicules et de l’usure plus marquée des pneumatiques.

Des dépassements réguliers

Oslo constate que les émissions de particules PM10 (les plus grosses donc) dépassent souvent des niveaux acceptables. Et les dépassements sont aussi nombreux que réguliers. Les stations de contrôle disséminées dans toute la ville observent un seuil de 50 μg/m³. Mais ce niveau a été franchi au moins une fois pendant... 95 jours, alors que l’Union recommande de ne pas dépasser 35 jours de dépassement pour des raisons de santé publique. 

Pire : certains jours et à certaines heures, l’air respiré à Oslo a atteint « des niveaux comparables à ceux d’un centre industriel en Chine », indique Bloomberg, ce qui indique donc que l’impact de la voiture électrique n’est donc pas aussi important qu’espéré.

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De nouvelles mesures

Pour parer au problème, la ville d’Oslo vient de prendre de nouvelles mesures. De nouvelles limitations de vitesse ciblées ont été décrétées, des places de stationnement ont été supprimées pour inciter les gens à ne plus venir en ville tandis que des zones sans voiture ont aussi été mises en place.

Bien sûr, en quelques années, la pollution à Oslo a diminué. Mais les résultats restent insuffisants, car tous les véhicules polluent, quel que soit le carburant utilisé. En outre, une ville qui grandit (plus d’habitants), des conditions météorologiques défavorables et la multiplication des tunnels sont autant d’éléments qui favorisent la stagnation de la pollution. Bien évidemment, la voiture n’est pas la seule responsable de la situation : Olso se trouve dans une cuvette, à l’abri des vents tandis que les Norvégiens utilisent toujours de nombreux poêles à bois, responsables aussi de nombreuses émissions de particules (et des PM2,5 encore plus dangereuses). Enfin, Oslo est aussi un port maritime, ce qui, forcément n’arrange rien, comme à Anvers.

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Qu’en penser ? D’une part que faire la distinction entre les différentes sources de pollution est complexe et que, d’autre part, fonder une politique de pollution uniquement sur la généralisation de la voiture électrique est vouée à l’échec. Car si le problème des gaz à l’échappement est résolu, ce n’est pas le cas des particules. En outre, d’autres technologies doivent aussi être considérées et en premier lieu celles des chauffages domestiques qui polluent encore plus que les véhicules. Réduire la pollution atmosphérique doit impliquer d’actionner plusieurs leviers différents. En attendant, Oslo ne reste pas les bras croisés et mène un grand projet de captation des particules avec des pièges électrostatiques. Une nouvelle voie à suivre ?

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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