Crise énergétique : bientôt 110 km/h sur l’autoroute ?

L’an dernier, cette idée avait encore reçu un « niet » très clair. Mais avec la crise énergétique liée à l’Iran, le débat refait surface. Et ceux qui s’opposaient jusque-là à une baisse de la vitesse maximale sur autoroute pourraient aujourd’hui se raviser…

Publié le 7 avril 2026
Temps de lecture : 5 min

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Crise énergétique : bientôt 110 km/h sur l’autoroute ?

Il y a environ un an, la ministre flamande du Climat, Melissa Depraetere (Vooruit), avait plaidé ouvertement pour une réduction de la vitesse maximale sur nos autoroutes. Son idée : passer de 120 à 100 km/h. Son objectif était de réduire les émissions de CO2 pour aider à lutter contre le réchauffement climatique. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette proposition n’était pas du goût de la N-VA : la ministre flamande de la Mobilité, Annick De Ridder, avait déclaré sans grande nuance qu’« il n’en [était] absolument pas question » ! Le ministre-président flamand, Matthias Diependaele, avait pour sa part renchéri sur X : « La vitesse maximale sur autoroute reste 120 km/h. Point. »

Moins d’un an plus tard, cette proposition revient pourtant sur la table. Mais cette fois, elle arrive au fédéral et avec une limite fixée à 110 km/h. A vrai dire, la mesure n’est cette fois plus liée au climat, mais à l’explosion des prix des carburants !

Protocole d’urgence

Le blocage du détroit d’Ormuz met le monde entier sous pression. Le diesel se vend à 2,2 euros le litre et l’essence n’est pas très loin derrière... L’Agence Internationale de l’Energie (AIE) a donc activé un protocole d’urgence (pour la sixième fois seulement de son histoire), avec un plan en 10 points destiné à réduire rapidement la consommation de pétrole. Le deuxième point de cette liste prévoit de diminuer d’au moins 10 km/h la vitesse maximale sur autoroute. Il ne s’agit donc pas d’une réponse à un problème écologique, mais bien à une situation de crise !

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Hans Bonte (Vooruit).
Hans Bonte (Vooruit).

Pour les pays qui n’ont pas de marge budgétaire pour réduire les accises (dont la Belgique, comme la plupart des membres du gouvernement le répètent régulièrement), limiter la vitesse est la seule solution gratuite ! La baisse des accises via le « cliquet inversé », défendue par le président du MR Georges-Louis Bouchez qui est opposé à toute réduction de vitesse, s’est heurtée aux réalités budgétaires et a finalement été abandonnée. Une option de moins, donc, pour tenter de contenir le problème.

Économie de guerre

Avec le soutien de l’AIE et de la Commission européenne, le scénario défendu autrefois par Depraetere ressort donc des cartons. Son successeur, Hans Bonte, le remet lui aussi en avant : fin du mois dernier, il a d’ailleurs publié un cadre d’urgence complet, prêt à être activé rapidement. Et parmi les mesures considérées, on retrouve les limitations de vitesse !

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© CC BY-SA 4.0 Marc Ryckaert

La position de la N-VA est aujourd’hui beaucoup plus inconfortable : l’argument climatique pouvait encore être écarté comme une lubie de la gauche. En revanche, l’argument énergétique est fort différent : l’AIE n’est pas un « Greenpeace déguisé », mais l’organisme de crise des pays industriels occidentaux ! Il devient donc difficile d’ignorer ses recommandations… A noter que si la vitesse maximale devait être revue, ce serait une compétence fédérale, puisqu’elle est fixée dans le Code de la route. Le ministre fédéral de la Mobilité Jean-Luc Crucke (Les Engagés) y réfléchit. « Vous pouvez aussi réduire votre vitesse. Dans une économie qui est une économie de guerre, chacun doit faire un effort », a-t-il déclaré à la RTBF, en évoquant même une limite abaissée à 100 km/h.

35 euros d’économie

Mais concrètement, est-ce que cela change vraiment quelque chose si tout le monde roulait à 110 km/h, voire 100 km/h ? Les chiffres montrent que oui. La résistance à l’air fait qu’une voiture consomme jusqu’à 18 % de moins sur autoroute, en roulant à 110 km/h. À 100 km/h, l’économie peut même atteindre 25 % ! Pour une voiture essence qui consomme en moyenne 7 litres aux 100 kilomètres, cela revient à descendre à 5,2 litres. Avec un plein de 40 litres, cela représente une économie de plus de 35 euros ! Mais l’objectif n’est évidemment pas seulement de faire baisser la facture des automobilistes : il s’agit aussi de réduire la pression sur les stocks de carburant. L’AIE estime l’effet global à environ 290.000 barils économisés par jour.

Bon à savoir, la Belgique a déjà appliqué ce genre de mesure. Pendant la crise pétrolière de 1973, la vitesse sur autoroute avait été limitée à 100 km/h et celle sur les routes nationales à 80 km/h. À cela s’étaient ajoutés six dimanches sans voiture et l’extinction de l’éclairage public. Détail intéressant : la limite actuelle de 120 km/h date justement de cette période, à savoir du 21 mai 1974. En effet, cette limitation avait été introduite comme compromis après la crise. Avant cela, il n’y avait tout simplement aucune vitesse maximale sur autoroute ! Reste à voir si le gouvernement belge osera refaire ce choix… Tout dépendra de la durée pendant laquelle les prix du pétrole resteront élevés. Mais avec des marges budgétaires très limitées, cela pourrait bien devenir la seule option réaliste !

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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