Monter dans sa voiture le matin et lui parler parfois sans s'en rendre compte. Et être en colère contre elle quand elle a des ratés. On a tous entendu des histoires semblables et on les pense anecdotiques. Sauf qu’elles ne le sont pas. Une étude iVOX commandée par 2ememain.be quantifie d’ailleurs d’ampleur du phénomène et, disons-le tout de go, les résultats sont surprenants. Ainsi, pas moins de 70 % des Belges interrogés déclarent être fiers de leur voiture. Ça n'a l'air de rien, mais c'est un chiffre qui dit beaucoup sur la place qu'occupe encore le véhicule dans l'identité quotidienne.
« Béa » et les autres
Une personne sur six en Belgique donnerait un nom à sa voiture. Chez les moins de 34 ans, on monte même à un sur quatre. Ce sont eux aussi qui lavent leur voiture le plus souvent : 28 % s'y collent chaque semaine. Et ça ne s'arrête pas au prénom. Près d'un Belge sur trois (31 %) avoue parler à son véhicule de temps à autre. Une proportion similaire lui offre régulièrement une petite tape ou une caresse encourageante sur le tableau de bord. Certains ont même réfléchi au genre de leur voiture : 28 % la considèrent comme une « elle » et 21 % en parlent au masculin.
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Les francophones assument plus
L’étude relève aussi des différences régionales. Les francophones sont plus nombreux à considérer leur voiture comme autre chose qu'un moyen de transport : 53 % très exactement contre 42 % chez les néerlandophones. L'identification à la voiture comme reflet de soi est aussi plus marquée au sud du pays avec 48 % contre 35 %.
On apprend aussi que la culpabilité fait partie du quotidien de beaucoup d'automobilistes belges. Près de la moitié (47 %) se sentent mal à l'aise quand leur voiture est sale, ce qui explique sans doute pourquoi le lavage hebdomadaire est une habitude bien ancrée chez les jeunes. Mais la carrosserie ne serait pas la seule source de malaise : 40 % des Belges avouent également se sentir coupables lorsqu'ils tardent à faire le plein. Un chiffre qui grimpe à 48 % chez les francophones, contre 34 % chez les Flamands. L'étude ne dit pas pourquoi cet écart existe. Si seulement on pouvait expliquer ça par le prix du carburant…
L'adieu qui coûte
C'est au moment de la revente que l'attachement se révèle manifestement dans toute son intensité. Plus de la moitié des répondants (54 %) disent se sentir profondément tristes à l'idée de vendre leur voiture. Chez les femmes et les francophones, le chiffre grimpe à 60 %. Une voiture est donc perçue comme plus qu’un bien patrimonial. Ce sont en réalité des années de trajets, de souvenirs et de petites aventures mécaniques. Pour beaucoup, la voiture représente donc une partie de leur identité. Si ça peut consoler les plus attachés d'entre nous, tomber amoureux du modèle suivant ne prend généralement pas très longtemps.
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