Selon l’étude de l’organisation indépendante environnementale T&E, la largeur moyenne des nouveaux véhicules en Europe augmente de 1,2 cm par an et la hauteur de 0,5 cm. Une voiture moyenne mesurait l'an dernier 4,38 m de long et affichait une hauteur de capot de 84 cm. En 2000, ces chiffres étaient respectivement de 4,09 m et 77 cm.
Cette croissance a inévitablement des répercussions sur l'infrastructure de stationnement. Car la taille des emplacements au sein des villes et des villages n'a jamais été conçue pour de tels gabarits.
Les SUV trop populaires
Selon l'étude, les villes européennes pourraient perdre entre 8,5 et 14 % de leurs places de stationnement en rue d'ici 2040 si la tendance actuelle se poursuit. Dans certains centres-villes plus denses, l'impact pourrait être encore plus important.
La popularité des SUV joue naturellement un rôle majeur dans ce phénomène. Ils sont généralement plus larges et plus longs que les citadines ou berlines traditionnelles, ce qui leur fait occuper davantage de place sur la voie publique.
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Aujourd'hui, le segment des SUV est devenu le plus populaire du marché automobile européen avec 60 % de parts de marché. Et cela a des répercussions sur la sécurité, en particulier sur celle des enfants, car ces derniers restent souvent hors du champ de vision du conducteur en raison du capot surélevé.
À cela s'ajoute le fait que les voitures électriques sont souvent plus grandes que celles qu’elles remplacent et qui fonctionnaient avec un moteur thermique. Les constructeurs doivent en effet allonger les empattements (donc les carrosseries) pour intégrer de grands packs de batterie tout en conservant un espace intérieur suffisant.
Des mesures
Pour les autorités, cette situation constitue un problème et les choix qui vont devoir être opérés sont difficiles. Une solution consiste à élargir les places de stationnement pour accueillir des véhicules plus grands. Mais ceci implique une réduction mécanique du nombre total de places disponibles. Autre option : elles peuvent aussi conserver les dimensions existantes, mais avec pour conséquence que les véhicules déborderont de plus en plus des limites de l’emplacement. Ce dernier cas pose des problèmes de sécurité, car les transports en commun, mais aussi les véhicules de secours, rencontrent de plus en plus de difficulté pour manœuvrer dans les rues étroites.
Certaines villes tentent des expériences. Paris a déjà introduit des tarifs de stationnement plus élevés pour les SUV et les véhicules qui dépassent un certain poids. C’est aussi le cas à Cardiff au Royaume-Uni où une surtaxe intervient au-delà d’un poids de 2,4 tonnes. Ces réflexions s'appuient aussi sur le fait que les véhicules lourds provoquent plus de dégâts (usure) aux infrastructures. À Bruxelles, une taxe basée sur la masse et l’encombrement est également à l'étude. Elle avait été inscrite à l'agenda du gouvernement précédent par la ministre bruxelloise de la Mobilité, Elke Van Den Brandt (Groen).
Et ça pourrait bien aboutir, car le nouvel accord de gouvernement bruxellois va aussi dans ce sens. Il prévoit l'introduction d'une zone « Light and Safe » (zone LISA) élaborée sur le modèle de la LEZ. Dans certaines zones, les voitures particulières les plus lourdes seraient progressivement interdites. T&E plaide pour sa part en faveur d'une limitation européenne de la largeur des nouveaux véhicules et d'un principe de « juste encombrement » qui maintiendrait l'évolution des gabarits juste en dessous des dimensions actuelles avec, d'ici 2040, une longueur moyenne de 4,2 m et une hauteur de capot de 77 cm (84 cm aujourd'hui). Voilà donc l’Europe confrontée à un nouveau casse-tête législatif.
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