Les voitures chinoises posent-elles un risque d'espionnage ?

Des marques comme BYD, MG et Xpeng ont conquis nos routes à une vitesse record. Mais tandis que le consommateur regarde surtout le prix attractif et les gadgets modernes, les services de sécurité occidentaux observent avec une attention croissante ce qui se passe sous le capot. Ces voitures sont-elles moins innocentes qu’elles n’en ont l’air ?

Publié le 24 février 2026
Temps de lecture : 4 min

Partagez

Les voitures chinoises posent-elles un risque d'espionnage ?

Les chiffres du bureau d’études Dataforce ne mentent pas : près d’une voiture neuve sur dix en Europe est désormais d’origine chinoise, et leur progression se poursuit sans hésitation. Elles sillonnent notre paysage urbain en toute discrétion, mais selon le service de renseignement allemand (BfV), elles pourraient faire bien plus que rouler. L’organisme a récemment averti que ces véhicules représentent un « risque considérable » pour la sécurité nationale. La crainte ? Qu’ils agissent comme des espions roulants, collectant d’énormes quantités de données et les transférant vers des instances gouvernementales chinoises.

Plus que de simples données GPS

Le véhicule électrique moderne n’est plus un simple moyen de transport mécanique ; c’est un ordinateur sur roues, truffé de caméras, de microphones, de capteurs lidar, de puces électroniques et, surtout, d’intelligence artificielle. Et c’est précisément là que le bât blesse. Les services occidentaux redoutent que ces capteurs ne se contentent pas de scanner la route, mais qu’ils enregistrent aussi des infrastructures sensibles.

chips-gocar

Vous passez avec votre tout nouveau SUV chinois près d’une base militaire ou d’un bâtiment gouvernemental ? Les caméras destinées à l’aide au stationnement ou à la conduite autonome peuvent alors capturer des images détaillées de l’environnement. En Pologne, on préfère déjà jouer la carte de la prudence : le pays a récemment interdit l’accès des véhicules chinois aux complexes militaires. L’armée polonaise craint que les capteurs intégrés puissent servir à transmettre des informations sensibles, voire à préparer des actes de sabotage.

Publicité – continuez à lire ci-dessous

Prise de contrôle à distance

Aux États-Unis, les autorités vont encore plus loin. Sous la présidence de Joe Biden, une interdiction stricte des logiciels chinois (et russes) dans les voitures connectées entrera en vigueur à partir de 2027, tandis que le matériel est déjà dans le viseur depuis 2023. Cela a contraint des marques comme Volvo et Polestar, dont l’actionnariat est étroitement lié à la Chine, à rechercher de nouveaux fournisseurs locaux pour leurs modèles destinés au marché américain. Les Américains ne redoutent pas seulement l’espionnage, mais aussi le piratage et la prise de contrôle à distance.

digitale-auto-gocar

Un scénario redouté consiste en la création d’objets fantômes. Des hackers pourraient manipuler les capteurs d’un véhicule afin que le système « voie » des obstacles inexistants, provoquant un freinage brutal sur autoroute ou une embardée soudaine. La désactivation simultanée de milliers de voitures, ou leur redirection coordonnée dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, est également envisagée à Washington comme une menace réelle. Théoriquement, des voitures connectées pourraient être utilisées comme des armes.

Un cheval de Troie ?

Le problème dépasse toutefois la seule marque inscrite sur le capot. Même des voitures européennes embarquent des puces et des capteurs chinois. On se souvient notamment de la controverse autour de Nexperia. Des experts établissent un parallèle avec le secteur des panneaux solaires : dans certains onduleurs chinois, des modules de communication dissimulés avaient été découverts, absents de toute documentation officielle. La crainte est que des « portes dérobées » similaires soient intégrées aux puces automobiles, renforçant l’image d’un véritable cheval de Troie technologique. 

Mais la collecte de données n’est pas une spécialité exclusivement chinoise. La méfiance est réciproque. Depuis 2021 déjà, les Tesla sont par exemple interdites sur certains sites gouvernementaux et bases militaires en Chine.

Existe-t-il des preuves concrètes de cette forme moderne d’espionnage ? Pas vraiment, du moins pas à ce stade. Faut-il pour autant cesser massivement d’acheter des voitures chinoises par précaution ? Cela semble économiquement irréaliste et, pour le consommateur, pas indispensable à court terme. En revanche, de nombreux experts plaident pour des règles plus strictes concernant le stockage des données. Une piste serait d’imposer que les données des véhicules immatriculés en Europe soient stockées et traitées par des instances européennes, afin d’en limiter l’accès aux gouvernements étrangers.

Une chose est sûre : la prise de conscience est là. Votre voiture ne vous transporte plus seulement d’un point A à un point B ; elle observe et écoute en permanence.

À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be

Par Piet Andries Rédacteur automobile

Partagez

Contenus sponsorisés

Gocar marketplace
Vous cherchez un véhicule neuf ou d'occasion ?
Hybride, électrique ou thermique ? Neuve ou d'occasion ? Spécialiste dans la recherche de véhicules neufs, d’occasions et sur toute l’actualité automobile.

Sur le même sujet

Gocar newsletters
Gocar est la référence. Que ce soit sur les dernières actualités auto ou les sujets brûlants de mobilité !
Abonnez-vous à notre newsletter Gocar pour rester au top de l’information et connaître tous les bons plans !
Votre inscription a bien été enregistrée.