Voitures électriques : l’UE veut réserver les aides aux modèles fabriqués en Europe

L’Europe poursuit son offensive contre les importations de voitures électriques chinoises à bas prix. À l’avenir, les voitures électriques qui pourront bénéficier de subsides devront être composées à 70% de pièces fabriquées sur le sol européen. Il existe cependant une exception importante et toutes les marques automobiles ne voient pas cette règle d’un très bon œil.

Publié le 19 février 2026
Temps de lecture : 4 min

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Voitures électriques : l’UE veut réserver les aides aux modèles fabriqués en Europe

Après les droits de douane et les tarifs minimum imposés aux modèles chinois, la Commission européenne franchit une nouvelle étape vers une politique « l'Europe d’abord » pour les voitures électriques. Dans le projet du nouveau « Industrial Accelerator Act » qui sera présenté la semaine prochaine, il est indiqué que les voitures électriques ne pourront prétendre aux aides publiques que si elles sont majoritairement produites en Europe. C’est ce qu’a révélé le Financial Times.

Négociations encore en cours

Si cette proposition se concrétise, cela signifie que les nouvelles voitures 100 % électriques, les hybrides et les modèles à hydrogène bénéficiant d’aides d’État – ou achetés ou loués par des instances publiques – devront être assemblés dans l’Union européenne. En outre, au moins 70% de leurs composants devront provenir d'un pays membres de l'Union. Cette proportion reste toutefois encore conditionnelle dans le projet, des négociations se poursuivant en coulisses.

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En théorie, cette idée d'arriver à un taux de 70% paraît pourtant peu probable. L’Europe ne dispose quasiment plus d’une véritable industrie de production de batteries depuis la faillite de Northvolt. ACC a également mis en pause deux de ses trois usines prévues. Mais la proposition européenne intègre aussi les batterie dans cette nouvelle règle puisqu'elle constitue le cœur de la voiture électrique.

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Des exigences plus strictes pour les batteries sont toutefois en préparation. Certains composants clés (mais ils ne sont pas encore précisés) devront malgré tout provenir d’Europe. Un point potentiellement sensible pour le secteur, car de nombreux constructeurs européens dépendent fortement de la technologie et des matières premières chinoises pour produire leurs batteries.

Sous pression

L’objectif de la mesure est clair : Bruxelles veut mieux protéger l’industrie européenne face à ce qu’elle considère comme une concurrence déloyale en provenance de Chine. L’industrie manufacturière de l’Union représente environ 2.600 milliards d’euros. Mais le secteur est sous forte pression, confronté aux importations chinoises bon marché, à des prix de l’énergie élevés et aux coûts liés à la politique climatique stricte de l’Europe. Volkswagen a ainsi déjà annoncé que ses restructurations ne suffisaient pas et qu’un plan d’économies supplémentaire de 60 milliards d’euros serait nécessaire. En Belgique, la stratégie « acheter local » est également défendue par le parti Vooruit qui a déposé une proposition de loi visant à réserver les avantages fiscaux des voitures de société aux seuls modèles construits en Europe.

Comme souvent, ces nouvelles règles sont le résultat d’un intense travail de lobbying. De grands constructeurs comme Stellantis et Volkswagen ont ouvertement plaidé en faveur d’un système récompensant davantage les véhicules « Made in Europe ». Ils ont également demandé l’introduction d’un bonus CO₂ pour les voitures électriques produites en Europe.

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La Turquie et le Royaume-Uni aussi ?

Le secteur reste toutefois divisé. BMW avertit que ces règles pourraient entraîner des coûts supplémentaires et davantage de lourdeurs administratives. Mercedes craint également que des exigences trop strictes ne freinent l’innovation et ne provoquent d’éventuelles mesures de rétorsion de la part de la Chine. D’autres constructeurs plaident encore pour une interprétation plus large du « Made in Europe » qui inclurait aussi la production dans des pays bénéficiant d’une relation commerciale privilégiée, comme le Royaume-Uni ou la Turquie.

Les constructeurs chinois ne semblent pas pris au dépourvu dans ce contexte. Ils cherchent depuis longtemps à sécuriser leur position. BYD lancera bientôt la production en Hongrie des Atto 3 et Atto 2 et investit également dans une usine en Turquie. L’entreprise pourrait ainsi contourner en partie les nouvelles règles européennes. Pour Tesla, c’est une mauvaise nouvelle alors que ses ventes sont déjà en chute libre. Le Model 3 destinée aux clients européens est produite à Shanghai et il serait donc directement touchée par ces nouvelles règles.

Une chose est certaine : Bruxelles opte plus clairement que jamais pour un protectionnisme économique. Reste à savoir si l’Europe dispose réellement des moyens industriels pour se gérer seule.

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Par Piet Andries Rédacteur automobile

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