Tout semble réussir à la marque chinoise BYD qui multiplie les annonces positives. Récemment, c’est de technologie que la marque a parlé. Et elle a bluffé tout le monde en annonçant un réseau de bord à 1.000 Volts (au lieu de 800 pour les voitures les plus performantes d’aujourd’hui), ce qui permettrait selon la marque de récupérer 400 km d’autonomie en 5 minutes (mais il y avait une petite astuce technique, la marque s’étant connectée aux deux connecteurs d’une borne au lieu d’un seul). Presque aussi rapide qu’un plein d’essence donc !
La marque est devenue l’an dernier le deuxième fournisseur mondial de voitures électriques, derrière Tesla, et tout le monde s’attend évidemment à ce qu’elle passe en première position cette année, vu les déboires de la marque américaine. Côté produits aussi, ça se bouscule au portillon, le modèle Sealion 7 ayant été annoncé en octobre dernier tandis qu’au salon de Bruxelles, c’est l’Atto 2 qui était présenté. Le constructeur conserve donc la pression sur ses 110.000 ingénieurs qui, rappelons-le, dépose chaque jours plus de 30 brevets.

En Europe
Forcément, avec un marché saturé en Chine (et qui peine à reprendre son souffle), BYD lorgne autant sur l’Amérique du Nord que sur l’Europe qui pourraient constituer de sérieux débouchés commerciaux. Et comme à son habitude, la marque n’a pas attendu pour passer à l’action. Une usine est prévue au Mexique ainsi que trois sites en Europe : un en Turquie, un en Allemagne (pour mieux narguer Tesla) et un en Hongrie qui doit être d’ailleurs opérationnel dès la fin 2025 avec le nouvel Atto 2.
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Sauf que cet élan vient d’être brisé par la Commission européenne. Et pour une très bonne raison : l’organe européen soupçonne BYD d’avoir bénéficié de subventions de la part du gouvernement chinois pour cette usine, ce qui s’apparenterait évidemment à de la concurrence déloyale. Il faut rappeler que c’est d’ailleurs ce problème des subventions qui ont déjà mené l’Union à lever des droits de douane sur les voitures électriques chinoises. Au total, Pékin aurait subventionné ses constructeurs pour plus de 200 milliards d’euros.

Révélée par The Financial Times, l’information est solide et l’Europe a ouvert une enquête. D’autant qu’il a déjà été constaté que les Chinois importent tout : pièces et main-d’œuvre, ce qui signifie qu’aucun appel n’est pas à des ressources européennes. Si en plus BYD a reçu de l’argent de Pékin...
Quelles sanctions ?
Fondamentalement, le fait que BYD ne fasse pas appel à des ressources européennes n’est pas illégal. Sauf si l’Europe conclut à un comportement déloyal, car subventionné spécifiquement. Mais quelles pourraient être les sanctions ? L’arrêt des travaux ? Pas du tout. Dans le cas de conclusions qui prouveraient le comportement déloyal, BYD pourrait voir la production de son usine limitée, payer une amende, mais aussi rembourser les subventions perçues.
Naturellement, la Hongrie, qui est ouvertement eurosceptique et a bien besoin d’emplois (le chiffre de 10.000 est évoqué ici), a dénoncé l’enquête de Bruxelles. János Bóka, ministre hongrois des Affaires européennes, a indiqué ne pas être surpris de cette enquête : « il est connu que tout investissement qui a lieu en Hongrie apparaît très rapidement sur le radar de la Commission, et la Commission suit avec une attention redoublée chaque décision d'aide d'État qui a lieu en Hongrie », a-t-elle déclaré.

Mais ces enquêtes feront-elles plier BYD aux règles du jeu concurrentiel européen ? Pas sûr, car dès 2026, c’est l’usine turque qui devrait ouvrir tandis que le Chinois en construira aussi une à côté de celle de Tesla, en Allemagne et de laquelle 500.000 voitures devraient sortir par an. BYD se tait dans toutes les langues. Manifestement, le constructeur a tracé sa voie et il ne compte pas en dévier, quoi qu’il en coûte.
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