La faillite de Northvolt a fait des dégâts. Plusieurs constructeurs ont en effet du renoncer à leurs contrats et trouver de nouvelles sources d’approvisionnement. Par ailleurs, en difficulté financière, Northvolt n’a plus pu financer certaines de ses filiales, comme son entreprise de recyclage Revolt ou sa branche de batteries industrielles, Northvolt Industrial. Et ça a aussi été le cas de Novo Energy, une co-entreprise avec Volvo censée construire des batteries lithium-ion.
Dans ce contexte, Volvo a dénoncé en janvier dernier une violation du pacte d’actionnaires et annoncé sa volonté de reprendre l’entièreté des parts de Novo Energy afin de pouvoir équiper ses véhicules électriques ainsi que ceux de sa marque jumelle, Polestar. Mais les choses sont plus compliquées que prévu, car le marché de la voiture électrique ne croît pas tel qu’espéré. De ce fait – et même s’il n’a pas encore finalisé son rachat de la structure –, Volvo doit prendre de décisions douloureuses. Comme celle d’alléger les coûts à court terme en licenciant 50% des effectifs de Novo Energy.
50% du personnel
C’est une nouvelle déconvenue pour des projets de production de batteries pour véhicules électriques en Europe après le report d’un an de la construction de l’usine de batteries semi-solides ProLogium du côté de Dunkerque et dont la mise en production n’interviendra pas au mieux avant 2028 au lieu de 2027.
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Initialement, le projet Novo Energy était de construire une usine de batterie en Suède capable de produire 50 GWh de cellules par an, soit de quoi équiper 500.000 voitures électriques. Mais cet objectif est aujourd’hui irréalisable. Pour le CEO de Novo Energy, « malgré tous nos efforts pour sécuriser notre activité et une recherche continue et approfondie d’un nouveau partenaire technologique approprié, les défis économiques actuels et les conditions du marché ont rendu impossible le maintien de nos opérations à l’échelle actuelle ». En clair : la demande n’est pas suffisamment soutenue que pour rester sur le plan initial. Il faut donc réduire les coûts en attendant des jours meilleurs. Et il n’y aurait pas meilleur moyen de le faire qu’en coupant dans les effectifs, comme souvent.
La possibilité de batteries européennes ?
On se demande si l’Europe sera un jour vraiment capable de renforcer localement sa production de batteries. Les politiciens évoquent sans cesse la notion d’autonomie stratégique, spécialement vis-à-vis de la Chine. Mais ce n’est évidemment pas en annulant, reportant ou coupant dans les projets qu’on y arrivera.
Peut-on croire dès lors à ce projet d’usine suédoise à Torslanda ? Apparemment oui si on en croit la direction qui estime qu’il reste possible avec 150 emplois pour alimenter justement les voitures produites par Volvo. C’était d’ailleurs le plan du constructeur : utiliser dès 2026 des batteries européennes pour ses voitures produites en Europe. Cela dit, il n’est pas certain que cette échéance soit aujourd’hui respectée. Novo Energy va malgré tout continuer ses opérations, mais de manière plus limitée et elle a réitéré son intention de finaliser la première phase de construction de la future usine. Du côté de Volvo, Hakan Samuelsson, le nouveau PDG dépêché au chevet de la marque qui est devenue structurellement déficitaire, a indiqué que Volvo seule ne pourra pas à terme utilise l’entièreté de la production de Novo Energy. Il faudra donc trouver d’autres partenaires et prioritairement le propriétaire de Volvo, le groupe Geely, qui veut aussi construire une partie de ses voitures en Europe.
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