Au café du commerce, lorsqu’on parle des accidents de la route, on pointe souvent la vitesse du doigt comme étant la seule responsable. Mais cette vision est en fait fausse ou au moins très réductrice. Toutes les études – belges comme européennes – montrent que la vitesse est certes l’un des facteurs de cause des accidents de la route, mais elle n’est pas la seule et, à ses côtés, figurent en bonne place l'alcool, les drogues et... la distraction du volant (notamment celle causée par le téléphone portable).
Cela dit, à côté de ces facteurs certes prépondérants (30% des accidents mortels), il en existe d’autres qui sont sous-estimés, voire totalement ignorés des automobilistes, car ils font partie de la vie quotidienne.
La fatigue et... les enfants !
Si l’inattention au volant provoque de nombreux accidents, c’est aussi le cas de la fatigue, c’est une évidence. Selon l’Agence wallonne de sécurité routière (AWSR) interrogée par SudInfo, les états de fatigue avancés ou la somnolence seraient responsables de 20 à 25% des accidents en Europe. La fatigue multiplierait ainsi par huit le risque d’accident, car avec elle, l’attention est relâchée, les réflexes plus lents tandis que le sommeil ne pointe jamais loin. Il peut d’ailleurs surprendre en une fraction de seconde. Rares sont les conducteurs qui n’ont jamais ressenti cet état.
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Par ailleurs, si la maternité ou la paternité sont de vrais bonheurs, ils représentent aussi un risque pour les parents qui connaissent des nuits courtes et entrecoupées. Les pleurs d’enfants, les réveils en sursaut et les phases de sommeil sont autant de sources de stress et de fatigue qui augmentent les risques. Ces périodes sont d’autant plus dangereuses qu’elles peuvent durer plusieurs mois au cours desquels la fatigue s’accumule. Là aussi les études montrent que dormir seulement cinq heures par nuit pendant plusieurs jours d’affilée multiplie par six le risque d’accident.
Mais cette réalité n'est pourtant pas comprise par beaucoup d’automobilistes. Les études montrent que les conducteurs belges estiment pouvoir bien résister à la fatigue. Or, un conducteur qui n’a plus dormi depuis 17 heures se trouve en état de fatigue avancé et son comportement sera d’ailleurs similaire à celui d’un taux d’alcoolémie de 0,5 g/l.
La charge mentale et le café
Nos vies sont de plus en plus remplies : entre obligations professionnelles, familiales, les occupations privées et les besoins administratifs, on ne sait parfois plus où donner de la tête. C’est ce que les spécialistes appellent la charge mentale ou le stress. Et quand celle-ci est trop élevée, elle empêche l’automobiliste d’être vraiment présent sur la route. En restant dans ses pensées, le conducteur agit alors comme une machine, sans réellement prêter attention à ce qui se passe autour de lui, avec tous les risques (et l’absence ou le retard de réaction) que cela suppose.
Pour se réveiller et se donner du tonus, certains automobilistes s’abreuvent de café. Mais là aussi, ce serait une très mauvaise idée. Car le café n’agit pas de manière linéaire. Dès lors, s’il peut dissiper la fatigue, il ne la supprime pas non plus. Et lorsque les effets d’excitation sont terminés, le coup de mou se représente, souvent de manière bien plus puissante qu’auparavant. En outre, abuser du café peut engendrer de la nervosité chez certains conducteurs, ce qui n’est pas non plus de nature à aborder la route de manière apaisée.
Les médicaments et le rhume des foins
Les Belges sont de bons clients des entreprises pharmaceutiques, c’est bien connu. Cela dit, ce qui est souvent négligé, ce sont les effets d’un médicament sur la conduite. En général, on avale la pilule sans se poser de question, alors que la notice peut renseigner des effets indésirables sur la conduite automobile.
Les statistiques montrent que 25 accidents mortels par an seraient dus à une prise de médicament. Là aussi, les effets semblent évidents : somnolence, manque d’attention, etc. Le risque d’accident serait dans ce cas de figure cinq fois plus élevé.
Ce facteur risque d’en faire sourire plus d’un. Mais, oui, le rhume des foins (et on est en plein dedans, un Belge sur six en souffre) est un facteur de risque pour les accidents. Quand on dit rhume des foins, c’est bien entendu pour couvrir toutes les allergies rencontrées. Car le nez et les yeux qui coulent, les éternuements soudains sont autant d’éléments qui rendent la conduite dangereuse, sans parler de la fatigue qui se manifeste forcément aussi. Lors d’un éternuement, le conducteur est d’ailleurs aveuglé en moyenne pendant 3 secondes, ce qui peut déjà constituer une sacrée distance parcourue lorsqu’on roule sur l’autoroute à 120 km/h (100 m). Chaque année, plusieurs accidents de la route trouvent cette cause. Comme pour le manque de sommeil, un rhume des foins aurait le même effet qu’un taux d’alcoolémie de 0,5 g/l.
Enfin, dernier facteur étonnant qui augmente le risque d’accident, c’est la nourriture. Lorsqu’on prend le volant, a fortiori pour un long trajet, manger léger est fortement conseillé, car la digestion puise de l’énergie et engendre donc une certaine fatigue. Là aussi, les réflexes et l’attention peuvent être altérés. Autant de paramètres dont il faut tenir compte, car ils sont trop souvent négligés.
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