Petit rappel : KGM, c’est le nouveau nom de SsangYong, un petit constructeur sud-coréen spécialisé dans les 4x4 et vendu chez nous depuis plus de 30 ans déjà.
En 2022, SsangYong (qui était alors la propriété du groupe indien Mahindra & Mahindra) a été racheté par le conglomérat sud-coréen KG Group, actif dans divers secteurs d’activités. Et la marque a été rebaptisée KGM (KG Mobility) en 2024.
Le constructeur est discret sur notre marché, avec environ 1.000 voitures vendues par an. La gamme est large mais ne comprend que des SUV et 4x4 (du petit Tivoli au grand Rexton) ou des pick-up.
Il y a Musso et Musso EV…
Chez KGM, il y a Musso et Musso EV. À ne pas confondre… Il y a d’abord une différence de moteurs : le Musso boit du diesel, alors que le Musso EV s’alimente à l’électricité. Mais il y a aussi une différence de châssis : le Musso EV est un dérivé du SUV Torres, auquel on a découpé la partie arrière du toit pour en faire un pick-up ; il a donc le squelette léger et est à la base une… traction (roues avant motrices), bien qu’une transmission intégrale (version bimoteur) soit proposée. Le Musso, lui, est un robuste pick-up à châssis échelle et pont arrière rigide.
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Un style à l’américaine
Aujourd’hui, on se concentre sur le Musso diesel. Ce pick-up, dérivé du SUV Rexton, est né en 2018 et a déjà subit depuis lors deux liftings (en 2021 et 2022). Le modèle passe cette année à nouveau sur la table d’opération pour une intervention plus sérieuse : il se fait greffer une toute nouvelle face avant, calquée sur celle du Musso EV. Un look typé US, avec une calandre à lamelles lui donnant un petit air de Jeep.
Mais sous cette nouvelle robe, rien ne change techniquement et le Musso reste disponible en deux versions : le « normal » mesurant 5,15 m (ce qui est court pour le segment) ou le « Grand » qui étire sa tôle sur 5,46 m.
Presque luxueux…
À bord, pas de véritable changement : on retrouve un habitacle recouvert quasi-exclusivement de plastiques durs, comme souvent dans les pick-up. Ceci dit, le mobilier semble solidement assemblé et l’équipement est complet, voire même luxueux.
Ce pick-up dispose d’office d’un système d’entrée/démarrage mains libres, reçoit un tableau de bord numérique, un grand écran central tactile de 13,6 pouces pilotant un multimédia à jour (avec notamment le GPS et les connexions Apple CarPlay et Android Auto sans fil qui fonctionnent très bien), des ports USB-C, un chargeur smartphone sans fil, une clim’ auto bizone, des sièges avant chauffants et réfrigérants à réglages électriques, un volant chauffant ou encore un système de vision panoramique en 3D grâce à 4 caméras montées autour du véhicule. On a même droit à une vue « carrosserie transparente » qui permet de voir ce qui se passe sous la voiture pour évoluer plus facilement en tout terrain. Bref, il ne manque rien.
Une banquette confortable
À l’arrière, l’espace aux jambes est généreux et la banquette confortable. Certes, elle n’est pas très rembourrée, mais on est bien installé grâce à un dossier suffisamment incliné. On trouve aussi un accoudoir central, deux prises USB-C et même des sièges latéraux chauffants en haut de gamme. Le dossier de banquette peut également se rabattre pour charger des objets à bord. Bien vu.
Un diesel raffiné
Sous le capot, un seul moteur bien connu : le 4-cylindres 2.2 turbo diesel poussé à 202 ch et 400 Nm de couple. Ce diesel est particulièrement bien isolé pour l’univers des pick-up. Il ne vibre pas et ne claque jamais trop.
Ce bloc à mazout est associé à la base à une boîte manuelle à 6 vitesses, dont la commande est agréable : petit levier ergonomique et guidage costaud sans être rugueux. Mais on lui préfère la boîte automatique (le moteur est alors poussé à 441 Nm de couple), comptant elle aussi 6 rapports. Une boîte douce et suffisamment rapide. Bien sûr, cette boîte auto typée tout terrain mouline plus que celle d’un SUV, mais c’est pour mieux « ramper » sur les terrains difficiles et en conduite avec attelage. Une transmission bien adaptée à l’usage d’un pick-up.
On s’étonne juste de la grille de commande démodée (elle copie celle des boîtes automatiques Mercedes des années 1980…) et d’un mode manuel peu ergonomique et lent, qui se pilote via des impulsions sur un petit bouton monté sur le pommeau de boîte. Soit.
Grand confort de suspension
En version courte, le Musso repose sur des ressorts arrière hélicoïdaux, ce qui est très rare dans le monde du pick-up et rend cet engin nettement plus confortable que ses rivaux.
La tenue de route est également saine et la direction relativement précise (bien qu’elle soit plus démultipliée que sur un SUV ou une voiture ordinaire). Mais il faut garder à l’esprit que ce pick-up est un « enclenchable » (pas de différentiel central) et évolue donc la plupart du temps en propulsion (roues arrière motrices). Il ne peut pas rouler en 4x4 sur route sèche, sous peine de riper en virage et d’endommager la transmission. Mais dans ce segment, les concurrents à transmission intégrale permanente sont très rares (Ford Ranger et Volkswagen Amarok).
Notons que ce pick-up KGM dispose aussi d’une gamme de vitesses courtes pour les terrains très accidentés et certaines manœuvres difficiles avec attelage. À ce propos, le Musso peut tracter 2,8 tonnes avec la boîte manuelle et 3,5 tonnes avec l’automatique. Pour le Grand Musso, c’est respectivement 2,6 et 3,5 tonnes. La version haut de gamme Titanium s’équipe aussi d’un blocage du différentiel arrière pour conserver de l’adhérence sur les terrains les plus boueux.
Une charge utile décevante…
Si le Musso est particulièrement confortable grâce à ses ressorts hélicoïdaux, ceux-ci moins costauds que les habituels ressorts à lames des pick-up, réduisant ici très fortement la charge utile, avec maximum 865 kg, contre une bonne tonne pour les meilleurs pick-up. Et le Musso ne peut embarquer que 400 kg dans sa benne. En plus d’être peu costaude, la benne du Musso de base est courte (1,30 m contre 1,50 m pour la moyenne du segment).
Celle du Grand Musso est par contre plus longue (1,61 m) que chez les concurrents. Et ce dernier est monté sur des ressorts arrière à lames, ce qui porte la charge utile jusqu’à 1.085 kg. Le Grand Musso peut embarquer 700 kg dans sa benne.
Dans tous les cas, la benne est bien aménagée, avec une ridelle à déverrouillage électrique et descente amortie pour plus de confort, et aussi un marchepied intégré de chaque côté du pare-chocs arrière pour grimper facilement à bord. On trouve aussi un nouvel éclairage LED intégré, ainsi que 8 œillets d'arrimage dans la benne.
Le tarif du Musso 2026
L’un des points forts de ce pick-up coréen, c’est son très bon rapport prix/prestations/équipement. Le Musso débute à 34.702 euros HTVA (41.990 TVAC) en boîte manuelle, ce qui est très raisonnable pour un pick-up double cabine à transmission intégrale, d’autant que l’équipement de la version de base est déjà très bien fourni. La boîte automatique coûte 1.652 euros HTVA (2.000 TVAC). Le Grand Musso, lui, débute à 35.736 euros HTVA (43.240 TVAC) en boîte manuelle.
Bien sûr, comme tous les pick-up, le Musso est flingué sur la taxe de mise en circulation, avec 3.053 euros à Bruxelles, de minimum 6.936 euros en Wallonie et 13.969 euros en Flandre. Pour les indépendants qui peuvent prouver l’usage professionnel du véhicule, le Musso est considéré comme un utilitaire, avec les avantages fiscaux que cela comprend, dont une exemption de la taxe de mise en circulation.
Ce pick-up KGM est couvert par une garantie de 5 ans/150.000 km et consomme raisonnablement : nous avons relevé une moyenne de 10,4 l/100 km au volant de la version courte à boîte automatique.
Conclusion
Cette évolution n’est en fait qu’un gros lifting, sans avancées techniques. Mais le Musso reste un pick-up très agréable à conduire et très confortable (surtout la version courte à ressorts hélicoïdaux). Il souffre aussi toujours du même défaut, à savoir une charge utile en retrait face aux références (surtout en version courte à ressorts hélicoïdaux…). Et KGM n’a pas non plus la même image de marque que Ford, Toyota ou Volkswagen, mais compense par un prix d’achat plus bas. Une alternative à méditer si vous n’avez pas besoin de charger du très lourd.
- Tarif concurrentiel
- Équipement de série déjà très complet
- Confort de suspension du « court » à ressorts hélicoïdaux
- Moteur diesel discret pour le segment
- Accord diesel/boîte auto agréable
- Places arrière confortables et spacieuses
- Charge utile en retrait (surtout version « courte »)
- Longueur de benne en version « courte »
- Alertes d’assistances à la conduite trop bruyantes
- Fiscalité désormais pénalisante pour les particuliers…
Spécifications KGM Musso 2.2 Diesel
Moteur : 4 cylindres en ligne, diesel turbo, 2.157 cm³, 202 ch/149 kW à 3800 tr/min, 400 Nm de 1400 à 2800 (auto : 441 Nm de 1600 à 2600 tr/min
Transmission : intégrale enclenchable (non permanente)
Boîte de vitesses : manuelle ou automatique, à 6 rapports (+ gamme de vitesses courtes)
L/l/h (mm) : Musso : 5.150/1.950/1.840-65; Grand Musso : 5.460/1.950/1.850-75
Poids à vide (kg) : Musso : 2.075-2.151 ; Grand Musso : 2.205-2.267
Dimensions de la benne (mm) : longueur 1.300, largeur 1.570 (Grand Musso : longueur de 1.610)
0 à 100 km/h (sec) : non communiqué
Vitesse maximale (km/h) : de 172 à 177 km/h
Consommation normalisée (WLTP, l/100 km) : Musso : de 9,0 à 9,6 ; Grand Musso : de 9,8 à 9,9
CO₂ : Musso : 238-252 g/km ; Grand Musso : 257-261 g/km
Prix : Musso : 34.702 euros HTVA ; Grand Musso : 35.736 euros HTVA
Taxe de mise en circulation (TMC) pour particuliers : Flandre : 13.969,29 euros ; Wallonie : 6.936,51 euros ; Bruxelles : 3.053,64 euros
Taxe de circulation : Flandre : 938,96 euros, Wallonie et Bruxelles : 662,64 euros.
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