De plus en plus de conducteurs tentent d’échapper à leurs responsabilités après un accident ! En dix ans, le nombre d’accidents corporels avec délit de fuite a progressé de 8% dans notre pays, passant de 4.467 à 4.814. Cela représente en moyenne, 92 accidents par semaine ! Le VIAS, l’institut de sécurité routière, tire la sonnette d’alarme et entend approfondir l’étude du phénomène...
Les piétons paient un lourd tribut. Aujourd’hui, un accident corporel sur quatre impliquant un piéton blessé ou tué, s’accompagne d’un délit de fuite. Il y a deux ans, cette proportion était d’environ un sur cinq ! L’année dernière, 1.006 piétons ont été victimes d’un conducteur qui a poursuivi sa route après l’accident…
En chiffres absolus, ce sont toutefois les cyclistes qui sont le plus souvent confrontés à ce type de comportement. L’année dernière, 1.819 cyclistes ont été renversés par un conducteur qui a pris la fuite, soit 15% de l’ensemble des accidents corporels impliquant un vélo ! Les autres usagers vulnérables sont eux aussi souvent laissés sur place : dans 15% des accidents impliquant une trottinette électrique et dans 12% des accidents de cyclomoteur, un délit de fuite est constaté.
De très fortes chances d’être retrouvé
Prendre la fuite après un accident est non seulement moralement condamnable, mais permet rarement d’échapper à la justice ! Les chiffres de la police et du Fonds commun de garantie belge (qui intervient dans l’indemnisation des dommages corporels après un délit de fuite), montrent que la plupart des auteurs sont retrouvés. En 2016, 22% des accidents avec délit de fuite restaient non élucidés. L’année dernière, cette proportion était tombée à 15% : autrement dit, 85% des auteurs finissent par être identifiés ! Cette évolution s’explique notamment par le nombre croissant de caméras ANPR installées le long de nos routes, mais aussi par le travail d’enquête de la police.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Comment expliquer cette hausse ?
Comment expliquer l’augmentation du nombre de délits de fuite ? Cette hausse pourrait s’expliquer par une évolution plus générale de la société, où le respect des règles et le sens des responsabilités semblent s’éroder. « Nous savons, grâce à de précédentes études, que les auteurs de délits de fuite sont souvent sous l’influence de l’alcool et/ou de drogues, ou qu’ils ne sont pas en règle avec leurs papiers », a expliqué Stef Willems, porte-parole de VIAS, à VTM Nieuws. « Augmenter les contrôles en matière d’alcool, de drogues, de permis de conduire, d’assurance et d’autres documents permet de faire reculer les délits de fuite. »
Des sanctions déjà très lourdes
Le délit de fuite est déjà passible de lourdes sanctions. Un conducteur qui poursuit sa route après un accident sans blessé risque une peine de prison de quinze jours à six mois ainsi qu’une amende de 2.000 à 20.000 euros. Le juge peut également lui imposer une interdiction de conduire allant de huit jours à cinq ans.
Si l’accident fait un blessé ou une victime mortelle, les peines sont encore plus sévères. L’auteur risque alors une peine de prison de quinze jours à trois ans et/ou une amende de 4.000 à 50.000 euros ! Dans ce cas, le juge peut en outre prononcer une interdiction de conduire à vie.
Stef Willems ne pense toutefois pas que des peines encore plus lourdes permettraient de dissuader les auteurs. « Ces sanctions n’interviennent qu’après l’accident. De plus, les conducteurs qui commettent un délit de fuite sont souvent sous l’influence de l’alcool ou de drogues. À ce moment-là, ils ne réfléchissent pas rationnellement à la peine qu’ils risquent ! Se focaliser uniquement sur les sanctions ne suffira pas à résoudre le problème. »
Mieux cerner le profil des auteurs
La hausse du nombre de délits de fuite inquiète également le ministre fédéral de la Mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). Il demande à l’institut de sécurité routière d’approfondir l’analyse des causes et de dresser un profil plus précis des auteurs. « Les nouveaux chiffres sont préoccupants, en particulier ceux qui concernent les piétons. Ils montrent qu’il est urgent d’agir ! Dans le futur plan fédéral de sécurité routière, la lutte contre les facteurs qui favorisent les délits de fuite, comme l’alcool, les drogues, la conduite sans permis ou sans assurance, constituera une priorité. La sécurité routière est une responsabilité partagée : chacun doit apporter sa pierre à l’édifice », conclut le ministre.
Année | Accidents corporels avec délit de fuite | Nombre total de victimes | % d’accidents avec délit de fuite |
2016 | 4.467 | 4.989 | 11,1% |
2017 | 4.199 | 4.684 | 11,0% |
2018 | 4.436 | 4.910 | 11,5% |
2019 | 4.458 | 4.956 | 11,8% |
2020 | 3.614 | 3.948 | 11,9% |
2021 | 4.232 | 4.663 | 12,2% |
2022 | 4.786 | 5.316 | 12,7% |
2023 | 4.820 | 5.303 | 13,1% |
2024 | 4.617 | 5.067 | 12,8% |
2025 | 4.814 | 5.297 | 13,0% |
Moyenne 2016-2025 | 4.444 | 4.913 | 12,1% |
Évolution 2016-2025 | +8% | +6% | +17% |
Source : VIAS
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar