Depuis plusieurs semaines, les affaires de Tesla ne sont pas des plus florissantes. Ce n’est évidemment un secret pour personne. Rappelons qu’en 2024, les ventes de la marque américaine ont été très bonnes puisque Tesla a même fini à la première place des constructeurs de voitures électriques, devant BYD (même si le Chinois prend l’avantage en chiffre d’affaires). Le marché et les investisseurs étaient alors portés par la perspective de l’arrivée d’Elon Musk au sein du gouvernement américain auquel il promettait d’appliquer sa recette.
Sauf que depuis, la situation s’est nettement dégradée. Se sentant pousser des ailes (alors qu’elles étaient déjà pas mal grandes), l’homme a multiplié les annonces chocs et les frasques, ce qui a fait chuter les ventes et le cours de l’action. Alors que la valorisation boursière de la marque atteignait les 1.500 milliards de dollars fin décembre 2024, elle est tombée à... 880 milliards de dollars début mai 2025. Une claque !
Virer Elon Musk ?
Dans ce contexte, une information est parvenue aux oreilles des journalistes du Wall Street Journal : l’intention du Conseil d’administration de la marque de remplacer Elon Musk au poste de PDG. Le journal rapportait que des cabinets de chasseurs de têtes avaient été contactés à ces fins. Mais l’information a été rapidement démentie sur le réseau social X, dans un post signé par Robyn Denholm, la présidente du Conseil d’administration : « le PDG de Tesla est Elon Musk et le conseil est très confiant dans sa capacité à continuer à mettre en place son plan de croissance. »
Earlier today, there was a media report erroneously claiming that the Tesla Board had contacted recruitment firms to initiate a CEO search at the company.
— Tesla (@Tesla) May 1, 2025
This is absolutely false (and this was communicated to the media before the report was published).
The CEO of Tesla is…
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Fin de l’histoire ? Pas si sûr, car selon la Wall Street Journal, plusieurs membres du Conseil d’administration – dont Elon Musk fait aussi partie – ont demandé au milliardaire de reconnaître publiquement qu’il passait plus de temps au DOGE (son ministère de l’efficience) que dans son bureau chez Tesla.
La situation est-elle vraie ou pas ? En fait, la question ne se pose pas. En général, il n’y a pas de fumée sans feu et ce qui est certain, c’est qu’Elon Musk commence à en énerver plus d’un. Il semble dès lors normal – car c’est bien le rôle d’un Conseil d’administration – de se poser des questions à la vue des résultats catastrophiques et à chercher à tout prix à pérenniser l’entreprise qu’il pilote. Sauf que chez Tesla, les choses ne sont pas si simples et les administrateurs ont en partie les poids et les poings liés. Car il ne faut pas oublier qu’Elon Musk fait aussi partie du Conseil en tant qu’actionnaire et qu’il détient à lui seul 12% des actions de Tesla (pour environ 98 milliards de dollars). Pas question donc de prendre une décision stratégique sans lui, c’est une évidence. Ce scénario est du reste celui qui prévaut chez SpaceX, puisque le milliardaire détient 42% de l’entreprise pour une valeur de 147 milliards de dollars.
Musk est-il vissé à son siège ? Pas totalement non plus. Car si la situation perdure, il serait sans doute opportun (pour Musk aussi) de mettre quelqu’un d’autre à la tête du constructeur automobile qui expose moins l’entreprise aux risques politiques. Les marchés et les investisseurs seraient probablement rassurés, même si une frange d’irréductibles actionnaires ne juge que pas Musk.
L’IA plutôt que l’automobile ?
Mais faut-il voir les choses avec nos yeux d’aujourd’hui ? Car la question est de savoir si Tesla va-t-elle rester une entreprise d’automobiles électriques telle qu’on l’entend en 2025 ? Parce qu’en réalité, l’entreprise est à une phase charnière de son existence : soit elle fait simplement et traditionnellement face à la concurrence mondiale (et chinoise), soit elle se lance à corps perdu dans l’intelligence artificielle en fabricant des robots taxis et des robots humanoïdes. Si c’est cette deuxième option qui s’impose, Tesla deviendrait alors une entreprise d’IA et de robotique, une évolution qui ne serait pas pour déplaire à Elon Musk lui qui est tout, sauf traditionnel. Et cela expliquerait aussi ses démarches politiques qui viennent d’ailleurs de franchir une étape : les autorités fédérales américaines viennent d’assouplir les règles encadrant les tests de véhicules autonomes, ce qui – bingo ! – a restimulé l’action Tesla en bourse. Tout est dans tout...
À la recherche d'une voiture ? Cherchez, trouvez et achetez le meilleur modèle sur Gocar.be