Ce qui avait démarré comme une mise à jour logiciel over-the-air (OTA) visant à renforcer la sécurité d’une voiture s'est finalement terminé en émeute vis-à-vis de Xiaomi. Le géant de l'électronique est récemment entré sur le marché des voitures électriques, notamment avec la berline SU7 Ultra qui défiant sans complexe la Porsche Taycan. Sauf que le constructeur vient de faire une spectaculaire marche arrière suite à la réaction des clients. La pomme de discorde ? Une mise à jour à distance qui réduisait considérablement la puissance de la voiture, et ce pour des raisons de sécurité. Pourrait-on aussi voir cela en Europe ?
Mais il y a une histoire à raconter. Lors de son lancement, la SU7 Ultra a été présentée comme un fleuron technologique : une berline électrique forte d’une puissance colossale de 1.548 ch grâce à la présence de trois moteurs électriques. Avec pareille cavalerie, le 0 à 100 km/h ne demandait pas plus de deux secondes, le tout pour un prix défiant toute concurrence : moins de 65.000 euros ! Avec cette proposition, Xiaomi avait beau être un inconnu dans le secteur automobile, il s’est tout de suite taillé une solide image avec une offre exceptionnelle à un prix cassé. À l’époque, la sortie du constructeur a même permis à Porsche d'augmenter ses ventes.
Moins de puissance
Mais une controverse est apparue lorsque Xiaomi a réduit la puissance maximale de la SU7 Ultra en y implantant un nouveau logiciel (1.7.0). La puissance a ainsi été réduite de 1.548 ch à 900, soit une perte de quelque 640 ch. Bon, bien entendu, les clients ne se retrouvaient pas avec la puissance d’une Dacia Spring, mais on ne peut pas dire que la nouvelle a été accueillie avec enthousiasme.
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Mais pourquoi cette perte de puissance ? Selon le constructeur, cette modification était nécessaire pour garantir la sécurité du véhicule. Car il y a quelques semaines, un terrible accident mortel s’est produit avec un exemplaire et c’est bel et bien la vitesse qui était à l’origine du frame. Xiaomi a donc décidé que seuls les propriétaires qui réussissaient à établir un temps chrono précis sur un tour du circuit étaient autorisés à pouvoir disposer de la pleine puissance. Vache ! Par ailleurs, pour décourager les envies de courses au feu rouge, Xiaomi a introduit un temps d’attente de 60 secondes avant la mise en fonction du « launch control ».
Il va sans dire que les propriétaires ont moyennement accepté la nouvelle et qu’ils ont émis de nombreuses réclamations. À juste titre, ceux-ci se sont sentis floués puisqu’ils avaient pour la plupart acheté la voiture sur base de ses performances. Le fait qu’elle soit tout d’un coup bridée n’a pas été accepté. Bien évidemment, l’affaire a fait le tour des réseaux sociaux et il a été avancé que comme la décision de réduction de la puissance était unilatérale, elle constituait une violation de l’accord d’achat.
Face à la déferlante, Xiaomi n’a pas pu faire la sourde oreille très longtemps et le constructeur s’est vu contraint d’annuler sa mise à jour. Dans un communiqué, la marque a expliqué qu’elle « appréciait les commentaires passionnés de la communauté » et qu'elle « communiquerait de manière plus transparente sur les futures mises à jour dorénavant ».
Avec les Chinois, mais pas les Européens
Cette affaire fait émerger plusieurs questions relatives à ces mises à jour à distance. C’est une pratique courante chez Tesla, Rivian, Polestar ou de nombreuses marques traditionnelles telles que BMW ou Audi. Et chez Xiaomi donc. Cette technologie permet de mettre les véhicules à jour via les réseaux téléphoniques, mais aussi de modifier ou de restreindre certaines fonctionnalités ainsi que d’activer ou de supprimer certaines options.
La question la plus prégnante est celle de savoir jusqu’où s'étend le pouvoir du constructeur et où commencent les droits du propriétaire. Si les performances peuvent être limitées après l'achat, on peut se poser la question de la propriété d’un objet. Comment les consommateurs peuvent-ils se protéger à cet égard ?
Pour Xiaomi, cet incident est une vraie leçon à tirer autour de la gestion des attentes et des droits de la clientèle. En Europe, les consommateurs sont mieux protégés. Les constructeurs sont en effet tenus d'informer sur la nature et l'impact des mises à jour OTA. Et le consentement préalable des consommateurs doit être obtenu pour les mises à jour qui affectent la fonctionnalité ou les performances du véhicule. Cela permet d'éviter que ceux-ci ne soient confrontés à des modifications inattendues ou non désirées. Ces règles sont établies par les Nations unies (n° 156 : Mises à jour des logiciels et système de gestion des mises à jour des logiciels) et reconnues par l'Union européenne. Ouf (pour nous) !
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