Lancé début 2024 sous la bannière du Bundesministerium für Inneres, le ministère de l’Intérieur autrichien, le programme pilote était ambitieux. Il s’agissait d’évaluer la capacité d'une flotte électrique mixte à assurer des missions de patrouille et d'intervention dans des conditions réelles. Vingt-quatre véhicules répartis dans plusieurs régions, des VW ID.3 et ID.4 pour le quotidien, une Porsche Taycan pour les interventions autoroutières. Après deux ans de test, le verdict est tombé : les résultats ne sont pas à la hauteur des attentes et l’Autriche va donc remiser ses voitures électriques au garage. Ou presque...
Le matériel, ce parasite
Selon des sources proches du dossier, ce n'est pas une question de mauvaise volonté. Mais il faut comprendre qu’une voiture de police n'est pas une voiture ordinaire. Elle compte avec les gyrophares, une grosse radio de bord, un système informatique embarqué, tout un matériel qui tourne en permanence et souvent moteur à l'arrêt. Forcément, ça consomme l’énergie de la batterie.
Dans le cadre de cette utilisation, l'autonomie réelle est bien en deçà des chiffres d'homologation. Et comme il faut encore ajouter les missions imprévisibles, comme une surveillance prolongée, une intervention urgente à plusieurs dizaines de kilomètres du poste ou un service de nuit loin de toute borne rapide. Forcément, là où un moteur thermique se ravitaille en moins de cinq minutes, l'électrique impose une immobilisation plus longue et qui dépasse aussi souvent de loin les 30 minutes annoncées par les constructeurs pour une recharge rapide. Ça non plus ça n’a pas aidé pour des services qui doivent rester disponibles 24 heures sur 24.
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Cela dit, le ministère autrichien ne va pas jeter ses voitures à la casse pour autant. Les 24 véhicules restent dans le parc, mais ils sont réaffectés à des missions administratives et à des déplacements planifiés. C'est cohérent et cela démontre que l'électrique a un périmètre d'utilisation qui n'inclut pas la première ligne. Pas encore.
Et en Belgique alors ?
En Belgique, l'expérimentation des voitures électriques par les forces de l’ordre existe aussi, mais elle reste discrète. Quelques zones de police wallonnes ont opté pour de petits véhicules électriques (Citroën Ami, Twizy, Dacia Spring) pour leurs agents de quartier ainsi que des ID.4 dans certaines zones. Il est vrai que pour ces missions composées des rondes courtes, de tâches prévisibles et sans urgence, l'électrique reste à l'aise. Mais pour les voitures d'intervention, c'est une autre affaire.
La police de Zaventem s'offre des Tesla https://t.co/WEjf0Pitvb pic.twitter.com/59kA7wYr3O
— L'Echo (@lecho) September 1, 2018
L'exemple le plus emblématique nous vient de Zaventem. En 2019, la zone de police flamande commande deux Tesla Model S via appel d'offres européen. L'une prend la route en 2022, sans accroc. Mais l'autre est restée six ans en garage, victime d'un garagiste néerlandais qui avait revendu le même véhicule à une société de leasing avant de faire faillite. Facture finale : plus de 161.000 euros pour une Tesla achetée 82.000 euros. Le bourgmestre Dirk Philips a juste exprimé un soulagement. Zaventem n'achètera plus de véhicules de police à l'étranger.
Aucun bilan national n'existe encore en Belgique sur l'usage opérationnel des voitures électriques en intervention. Le contexte est pourtant moins hostile qu'en Autriche : pas de montagnes, un territoire plus compact et des patrouilles majoritairement urbaines ou périurbaines. Pour l'instant, la police belge avance donc prudemment sur le sujet sans faire trop de publicité. Et c’est sans doute mieux comme ça.
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