À chaque plein, il est impossible de passer à côté de ce clic si familier quand le réservoir approche de sa capacité maximale. Le pistolet s'arrête tout seul, même en position automatique verrouillée, et l’alimentation en carburant est alors coupée nette. Ce que la plupart des gens ignorent, c’est qu’il n'y a aucune puce électronique derrière ce pilotage. En réalité, ce déclenchement est dû à la présence d’un petit trou à l'extrémité du pistolet. Celui-ci est relié à un petit canal qui obéit simplement à une loi physique connue depuis plus de quatre-vingts ans.
L'effet Venturi
Dans le pistolet, le carburant s'écoule à travers une goulotte rétrécie. Et, conformément à l'effet Venturi, le liquide accélère sa course à ce niveau tandis que la pression chute. Cette dépression aspire de l'air via un petit tube débouchant sur ce fameux petit orifice. Une ramification de ce canal mène à une chambre fermée équipée d'une membrane. Tant que l'air circule par le petit trou, tout reste en équilibre et la membrane ne bouge pas.
Mais dès que le niveau de carburant recouvre ce trou, les lois changent. Le canal ne alors peut plus aspirer d'air (mais seulement du carburant qui est plus lourd). La force d'aspiration dans la chambre augmente brusquement et la membrane se retrouve alors tirée vers l'intérieur. Ce mouvement enclenche un mécanisme conique dans lequel le point d'appui d'un levier contrôlant la poignée se libère. Le clapet se ferme et c’est alors le fameux « clic ». L'alimentation en carburant s'interrompt alors. Ce principe astucieux est en réalité fondamental, car c’est ce qui évite que les sols des stations-service soient recouverts de carburant.
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Une technologie datant de 1939
Il faut rappeler que les pompes à carburant existent depuis 1885. Elles étaient destinées à l'origine à la livraison de pétrole pour les lampes et les poêles. Cela dit, le principe de ce petit orifice est toutefois plus récent. Il faut en effet remonter à 1939, quand un certain Richard C. Corson, employé sur un quai de chargement dans l'État de New York, cherchait un moyen plus fiable de remplir des fûts de carburant. Selon la légende, son inspiration lui serait venue du bruit d'une chasse d'eau. Dans les faits, il s’est avéré que Corson voulait surtout permettre à une seule personne de remplir plusieurs réservoirs en même temps. Rentabilité quand tu nous tiens !
Il faut toutefois préciser que le pistolet ne mesure pas le taux de remplissage du réservoir lui-même. Il réagit au niveau de carburant dans le flexible, à la liaison entre le bouchon de remplissage et au réservoir proprement dit. Cela peut se produire plus tôt qu’on ne le pense. La formation de mousse, un angle de remplissage inadapté ou une ouverture de remplissage trop étroite peuvent déclencher le système alors que le réservoir n'est pas encore plein.
Ne pas continuer à pomper
Vouloir faire le plein à raz bord avant un long trajet de vacances ? C’est l’idée de beaucoup, mais ce n’est pas sans risque. Car les voitures modernes sont équipées d'un système EVAP : un filtre à charbon actif qui capture les vapeurs de carburant avant qu'elles ne s'échappent dans l'atmosphère. Ce filtre est conçu exclusivement pour des vapeurs et pas pour être en contact avec carburant liquide. Dès lors, si on continue à remplir le réservoir après le premier clic et que du carburant liquide pénètre dans le filtre, ce dernier peut être endommagé. La réparation peut coûter cher : entre 100 euros et 400 euros pour le remplacement de la cartouche-filtre. Voire plus si des dommages plus conséquents sont constatés. Le conseil ? S'arrêter dès le premier déclenchement.
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