En 2026, il y aurait quelque chose de presque subversif à choisir une voiture Diesel. Car les grandes salles de conférence automobiles ne parlent que de kWh et les ingénieurs ne comptent plus qu’en cycles de charge. C’est dans ce contexte qu’Audi pose sur le marché un break de 5 m de long avec un quatre-cylindres Diesel sous le capot. Sans honte et sans excuses. Un choix qui se justifie de moins en moins facilement : le marché des flottes a tourné le dos au Diesel et ce modèle (aussi disponible en berline) s'adresse désormais presque exclusivement aux particuliers, un segment qui rétrécit lui aussi d'année en année. Les batteries avancent vite, assurément. Mais pour le grand rouleur qui veut 900 km d'autonomie et trois minutes à la pompe, le Diesel reste une réponse que l'électrique n'a pas encore rendue obsolète.
Techniquement, il faut rappeler que cette A6 Avant (la génération C9) repose sur la plateforme PPC (Premium Platform Combustion) distincte de la PPE réservée à la version e-tron. Ça n'a l'air de rien, mais ça change tout en termes d'architecture, de répartition des masses et d'intégration mécanique. Extérieurement, le break s'allonge par rapport à celui qui l’a devancé. Il affiche 4,99 m, gagne des ailes arrière joliment galbées, une lunette très inclinée et une calandre Single Frame agrandie. L'ensemble est tendu et élancé.
Un Diesel vrai
On ne présente plus le 2.0 TDI de 204 ch. Mais il embarque ici le système mHEV Plus : micro-hybridation 48V avec batterie LFP de 1,7 kWh et un moteur électrique de 24 ch intégré dans la transmission. La boîte robotisée à double embrayage S tronic à 7 gère l’ensemble. Sur le papier, la recette est connue et à l'usage, le bloc se montre volontaire avec 400 Nm disponibles dès 1.750 tr/min. La puissance et le couple suffisent, mais il ne fait pas non plus des miracles, car cette A6 Avant dépasse les 2 tonnes sur la bascule. Dès que l’on pousse la mécanique, il ne faut pas s’attendre à une poussée franche, mais simplement à un moteur qui fait le job. C’est sans doute pour cette raison qu’il n’y a pas d’offre inférieure à cette puissance.
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La micro-hybridation lisse les transitions en bas de régime, mais la boîte S tronic n’a pas la subtilité d’une automatique à convertisseur de couple. Elle provoque de temps en temps des à-coups, ce qui, à ce niveau de gamme peut surprendre. On connaît les boîtes robotisées du groupe Volkswagen et ça reste l’un de leurs défauts – tous comme celles des autres constructeurs du reste. Audi remédiera peut-être à cette carence d’ici peu.
Par ailleurs, l'insonorisation ne suit pas toujours non plus. Si à allure stabilisée, l’ambiance est acceptable, dans les phases transitoires, le quatre-cylindres reste raisonnant. Rien de dramatique non plus, mais les progrès dans cette matière restent perfectibles d’une génération à l’autre.
Cinq mètres, mais de l’agilité
Cette A6 Avant est donc longue et lourde. Mais elle n’est pas ennuyeuse pour autant. C’est le fait des quatre roues directrices – la direction intégrale, une option à 1.500 euros – qui changent l'expérience au quotidien. Ce break pivote comme une compacte dans un parking ou en sortie de virage serré. À vitesse soutenue, les roues arrière braquent dans le même sens que les roues avant pour stabiliser les trajectoires. Le Quattro fait le reste. On l’a dit, avec ses 2.054 kg en ordre de marche, cette A6 Avant TDI n'a rien d'un poids plume. Les suspensions pneumatiques adaptatives – 2.570 euros en option tout de même – réalisent un travail remarquable. Elles filtrent avec brio les déformations, mais sans parvenir encore au caractère ouaté procuré par une Classe E, il faut être honnête. La direction manque aussi de ressenti tandis que le train avant hésite parfois à vraiment mordre. Cela dit, l'efficacité d'ensemble reste bluffante, on ne peut pas le nier.
6,5 l/100 km
Opter pour un Diesel, c’est opter pour une voiture qui consomme peu en toutes circonstances. Il faut donc en parler. Sur l'ensemble de l’essai et en adoptant un style de conduite raisonné (sans accélérations brusques, en adoptant des allures maîtrisées et en privilégiant une majorité de trajets autoroutiers), nous avons relevé 6,5 l/100 km. C'est honnête au regard des 2.054 kg à déplacer. Mais c'est en deçà de ce qu'on espérait. Le cycle WLTP annonce entre 5,2 et 5,8 l/100 km. Audi a consacré un effort à l'aérodynamique de cette A6 C9 et l’hybridation mHEV apportent sans doute leur pierre à l’édifice, mais on reste malgré tout sur notre faim étant donné les précautions prises. Il faut toutefois remettre ce résultat en perspective : l'autonomie réelle atteint les 900 km avec un plein. En 2026, on peut parler de luxe, non ?
Sobre, presque parfait
À bord, la planche de bord de notre A6 frappe par sa clarté et sa rectitude. Le combiné numérique de 11,9 pouces et l'écran tactile central de 14,5 pouces proposent des menus bien agencés, des graphismes soignés et une belle réactivité. L'ergonomie est globalement réussie, même si la prise en main de cette A6 Avant bardée d'électronique et d'assistances en tous genres demande un certain temps d'adaptation. La qualité des matériaux est clairement de très haut niveau.
À l'arrière, les places latérales sont généreuses et les personnes de plus de 1,8 m trouvent leurs aises. La place centrale, en revanche, reste un strapontin qu'on réservera aux enfants et pour de très courts trajets. Du côté du coffre, les 466 l sont en deçà de ce que les dimensions extérieures laissent espérer. C'est sensiblement moins qu’une Mercedes Classe E Break (615 l) ou qu’une BMW Série 5 Touring (570 l). Mais la réalité du style est là : très inclinée, la lunette flatteuse ampute la hauteur disponible.
La question du prix
Parlons prix. L'Audi A6 Avant TDI Quattro débute à 68.400 euros dans sa version de base et à 65.500 euros en traction. Des tarifs qui la placent dans le même segment que ses rivales directes : la Mercedes Classe E Break 220 CDI 4Matic s'affiche à 69.575 euros, tandis que la BMW Série 5 Touring xDrive démarre à 68.650 euros. La concurrence est donc serrée et les niveaux de prix comparables.
Là où le bât blesse, c'est la facture finale. Les options s'accumulent rapidement, et notre modèle d'essai en est la parfaite illustration : avec sa liste d'équipements bien garnie (suspension pneumatique, toit panoramique, Pack Technology Pro, son Bang & Olufsen...), la note grimpe allègrement au-delà des 100.000 euros. Difficile de trouver cela raisonnable.
Conclusion
L'Audi A6 Avant TDI Quattro 2026 est bien une grande routière comme on en fait de moins en moins et c'est précisément ce qui la rend précieuse. Elle convainc par son dynamisme inattendu, son autonomie réelle et son habitacle de haut niveau. Le Diesel de 204 ch est volontaire, mais on l’attendait plus sobre et plus discret aussi. On l’attendait irréprochable et elle ne l’est donc pas, sauf sur la question du ravitaillement qui dure 3 minutes pour 900 km, le tout roulant en classe affaire. Pour certains, c’est déjà plus qu’il n’en faut.
- Dynamisme et agilité insoupçonnés pour le gabarit
- Autonomie réelle de 900 km
- Habitacle sobre, matériaux de qualité
- Motricité (Quattro)
- Insonorisation du 2.0 TDI perfectible
- Consommation réelle passable
- Coffre décevant au regard des dimensions extérieures
- Addition vite très élevée
Audi A6 Avant 2.0 TDI Quattro - FICHE TECHNIQUE
Moteur : 4 cylindres en ligne, diesel turbo, 1.968 cm³ Puissance : 204 ch à 3.800 tr/min Couple : 400 Nm à 1.750 tr/min Hybridation mHEV Plus : batterie LFP 1,7 kWh, moteur électrique 24 ch
Transmission : Aux 4 roues (ou aux roues avant)
Boîte de vitesses : S tronic 7 à double embrayage
L / l / H : 4.990 / 1.870 / 1.430 mm
Poids à vide : 2.054 kg
Coffre : 466 à 1.680 l
0 à 100 km/h : 7,0 s
Vitesse maximale : 238 km/h
Consommation mixte WLTP : 5,1 à 5,9 l/100 km
CO₂ : 135 à 155 g/km
Prix : 65.500 euros (traction) – 68.400 euros (Quattro)
TMC Flandre : 1.061,97 euros ; TMC Wallonie : 2.748,85 euros ; TMC Bruxelles : 2.478 euros
Taxe de roulage Flandre : 597,31 euros ; Taxe de roulage Wallonie et Bruxelles : 486,02 euros
Écomalus Wallonie : 0 euro
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