Bruxelles aura droit à un second dimanche sans voiture dès 2027, sous réserve de l'accord des dix-neuf communes. La date retenue est le 2 mai. À la différence de l'édition de septembre, qui est tournée vers la mobilité durable, celle du printemps se veut plus centrée sur la qualité de vie et l'animation des quartiers, avec des circuits de découverte des commerces et des terrasses plus généreuses, du moins si la météo est au rendez-vous.
Que veulent les Bruxellois ?
Reste à savoir si cette deuxième journée répond à une vraie demande. À en croire les chiffres, oui. Un sondage YouGov, commandé en 2025 par une ASBL militant pour la qualité de l'air (Les Chercheurs d'Air) indiquait qu'une majorité d'habitants souhaitait davantage de journées sans voiture, une partie non négligeable en réclamant même quatre par an. Vraiment ? Peut-être, car le commanditaire est engagé.
Selon Statbel, Bruxelles serait la ville du pays qui compte le plus de ménages sans voiture : 56 % d'entre eux n'en possèdent aucune pour une proportion qui tombe à 25 % en Wallonie et à 24 % en Flandre. C'est du moins ce que rappelle volontiers Elke Van den Brandt, ministre régionale de la Mobilité (Groen) pour appuyer sa cause. Elle plaide d’ailleurs depuis des années pour multiplier ces journées, mais qui s’en étonnera ? Quoiqu’il en soit, les mesures de Bruxelles Environnement montrent qu'un dimanche sans voiture fait chuter les concentrations de dioxyde d'azote de 66 à 79 % par rapport à un dimanche ordinaire. Il y a donc un vrai avantage, personne ne le contestera.
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Un enthousiasme sous conditions
Cela dit, vouloir plus de journées sans voiture ne signifie pas les accepter n'importe comment. La Région l'a appris à ses dépens. Elle visait au départ le dimanche de la Fête de l'Iris, autour du 8 mai. Sauf qu'en 2027, ce dimanche tombe le 9, jour de la fête des Mères et dernier jour des congés scolaires francophones. Habitants et commerçants ont aussitôt protesté, redoutant le chaos des retours de vacances et l'impact sur une journée commercialement porteuse. Et comme le politique s’y est aussi mis, la Région a reculé de sept jours.
Tout ceci laisse songeur. Car si une seule journée supplémentaire provoque déjà tant de remous, on imagine mal ce que donnerait le passage à quatre réclamé par une frange des sondés. Le sondage dit une chose, mais le terrain semble dire autre chose. En tout état de cause, une ville ne peut pas s'arrêter à volonté et rien n'indique que les Bruxellois souhaitent vraiment autant de journées sans voiture. Vérification le 2 mai 2027.
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