L'essentiel de l'info :
· 38 % des automobilistes belges disent éviter certaines villes tant s'y garer esrt devenu difficile. Selon Touring, un tiers renoncent à cause du prix et huit sur dix ont déjà adapté leurs déplacements en fonction des possibilités de stationnement.
· Les trois régions réduisent les places en voirie au même rythme. Anvers a interdit son centre historique tandis que 3.000 places deviennent payantes à Liège dès novembre 2026.
· Les règles de paiement déroutent aussi : 40 % des conducteurs ne savent pas toujours s’ils doivent payer et 68 % se sont déjà retrouvé face à un horodateur défectueux. Les parcmètres sont d’ailleurs perçus comme les vaches à lait des communes.
Les villes n’aiment plus les voitures. Et ça se voit. Selon un sondage mené par Touring auprès de 1.000 Belges, 38 % des conducteurs évitent désormais certaines villes parce que s'y garer est devenu trop compliqué et près d'un tiers n’y vont plus à cause du prix du stationnement. On parle donc clairement d’un changement de comportement des automobilistes, car 80 % des sondés avouent avoir déjà adapté leurs déplacements au stationnement.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Changements de flux
Rien de tout cela n'est arrivé par hasard. Les villes ont sciemment repris de l'espace aux voitures au profit des vélos, des piétons, mais aussi des terrasses des cafés et des restaurants et, dans une moindre mesure, des espaces verts. La voiture est encore tolérée, mais pour combien de temps ? À Anvers, le stationnement en voirie est interdit dans le centre historique depuis août 2023. Et Gand, Louvain, Malines, Bruges, Hasselt ont elles aussi largement déployé des piétonniers. Et il n’y a pas que le nord du pays qui est concerné, loin de là.
Mais comment procèdent alors les automobilistes ? L’enquête de Touring montre qu’une grande partie des conducteurs (43 %) ont migré vers les magasins en périphérie ou vers les centres commerciaux couverts, là où les parkings sont gratuits et faciles. D'un côté, on a donc des villes qui se vident de leurs voitures et de l'autre une périphérie où elle reste reine. Le stationnement n'explique pas tout, la Meir à Anvers ou la rue Neuve à Bruxelles restent bondées chaque week-end, piétonnier ou pas. Réduire la place de la voiture en ville ne fait pas disparaître les automobilistes. Elle les envoie ailleurs.
Le pays qui retire ses places
Le mouvement est général. À Bruxelles, la ministre de la Mobilité, Elke Van den Brandt (Groen), assume de supprimer des places quand un réaménagement l'exige et la Ville vient d'en retirer cent au seul Nouveau Marché aux Grains pour y planter des arbres. Anvers compte 227.000 voitures immatriculées pour environ 110.000 places payantes publiques. Au sud, Liège rend payantes près de 3.000 places jusqu'ici gratuites à Outremeuse et à Fragnée dès novembre 2026. Partout, c’est donc la même logique.
Mais le plus étonnant est ailleurs. Car les Belges ne refusent pas de payer par principe : 56 % trouvent normal de le faire dans un centre fréquenté, et 65 % admettent que ça favorise la rotation. Ce qui fâche 80 % des usagers par contre, c'est le montant. Les parkings sont jugés être des « vaches à lait » pour les villes et communes. En outre, 40 % des automobilistes ne pas toujours s'ils doivent payer et 51 % butent souvent sur les règles de durée ou d'horaire qui sont jugés peu claires. Par ailleurs, 68 % des conducteurs ont déjà connu un horodateur en panne, un paiement refusé ou une erreur de zone (lorsque d’un côté de la rue c’est une commune et de l’autre une autre et qu’on se trompe d’horodateur). C’est la double peine.
Et demain ?
Rien n'indique que le mouvement va s'arrêter là. Pour mesurer jusqu'où la facture peut grimper, il suffit de regarder chez nos voisins. À Paris, stationner une voiture de plus de 1,6 tonne dans les arrondissements centraux coûte désormais 18 euros/h et jusqu'à 225 euros pour 6 heures. Aucune ville belge n'en est là, mais la trajectoire est comparable.
Sauf que la solution se trouve peut-être ailleurs. Car la voiture ne disparaît pas, elle change simplement de place. Anvers l'a compris avant les autres, en misant sur d'immenses parkings P+R en périphérie (à Linkeroever, Merksem ou Luchtbal) reliés au centre par le tram ou sur des parkings souterrains fléchés. La ville ne bannit pas l'automobiliste, elle le dissimule. Cachez cette voiture que je ne saurais voir : c'est sans doute la voie que suivront la plupart des villes belges à mesure qu'elles rendront la rue aux piétons. À suivre.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :
- Consulter gocar.be régulièrement
- Suivre Gocar sur Google Actualités
- S'abonner à la newsletter Gocar