Se garer sans aide électronique : l'art que nos voitures nous font oublier

Un automobiliste sur cinq avoue ne plus pouvoir se garer sans caméra ni capteurs. Une étude néerlandaise met le doigt sur notre dépendance croissante aux systèmes qui pensent à notre place.

Publié le 17 juin 2026
Temps de lecture : 4 min

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Se garer sans aide électronique : l'art que nos voitures nous font oublier

Le chiffre est surprenant : 18 % des automobilistes néerlandais affirment ne plus être capables de se garer sans l'aide d'une caméra de recul ou de capteurs de stationnement. C’est presque un sur cinq. L'étude a été menée en mai 2026 par Markteffect pour le compte de Marktplaats, auprès de mille conducteurs. Elle ne porte officiellement que sur les Pays-Bas. Mais forcément, les comportements qu'elle décrit ne s'arrêtent pas à la frontière.

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La béquille invisible

Les voitures ont grossi, c'est un fait. Une Volkswagen Golf aujourd'hui fait la taille d'une Passat des années 1990 et elle pèse aussi plus lourd. Les SUV ont colonisé les parkings conçus pour des berlines d'une autre époque. Entre ces gabarits en expansion et des places qui, elles, n'ont pas bougé, les aides au stationnement ont comblé le vide. Bips, caméras, lignes de guidage sur l’écran ou système automatique de parking : ils ont rendu le créneau possible et moins stressant. Pour 32 % des sondés, se garer reste pourtant une source de frustration quand ça ne passe pas. Plus fort encore : 19 % des personnes interrogées avouent avoir squatté deux places pour éviter la manœuvre. Et c’est là la limite des systèmes : ils assistent, mais ils ne remplacent pas le geste. Côté conducteurs, la compétence n’est plus entretenue parce qu'ils pensaient ne plus en avoir besoin. Erreur.

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Pas que le parking

Selon l’enquête, la dépendance ne s'arrête pas aux manœuvres à basse vitesse. L'étude le montre clairement : 35 % des conducteurs interrogés disent faire confiance aux aides à la conduite pendant qu'ils roulent. Cela touche aux systèmes de maintien de voie, au régulateur adaptatif ou à la détection d'obstacles. Plus troublant : 17 % font davantage confiance au freinage automatique d'urgence qu'à leur propre réflexe. Cette réalité est en fait générationnelle, car l’écart entre les tranches d’âge est saisissant : parmi les 18-30 ans, 31 % délèguent mentalement leur freinage à la machine. En revanche, chez les 65 ans et plus, ce chiffre tombe à 5 %. On ne parle donc pas d'une évolution progressive, mais d'une rupture entre deux façons de concevoir le rapport au volant. L'étude note aussi un autre fait : 37 % des sondés s'irritent des signaux sonores que produisent ces systèmes et 30 % les coupent dès qu'ils le peuvent. Mais 47 % les jugent déterminants au moment d'acheter une voiture. Il y a donc un paradoxe : les acheteurs veulent la sécurité, mais ils tolèrent mal les contraintes sonores qu'elle génère.

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Le syndrome de l'assistant

Cette étude n’est en fait pas une surprise. Car, ce phénomène de désengagement ne se cantonne pas à l’automobile. Avec les smartphones, on ne retient plus un numéro de téléphone tout comme on ne s'oriente plus sans GPS. Les consommateurs délèguent de plus en plus aux algorithmes. Selon toute vraisemblance, l'IA générative prolonge le mouvement : pourquoi chercher, analyser, rédiger soi-même quand un outil le fait en trois secondes ?

La voiture n'échappe évidemment pas à cette logique. Plus l'assistant est performant, moins on entretient la compétence qu'il remplace. Ce n'est pas une critique des ADAS, car ces systèmes sauvent aussi des vies. Mais le fait est là : à force d'être assisté, on désapprend.

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Et en Belgique ?

L'équivalent belge de cette étude néerlandaise n'existe pas. Mais un rapport publié en 2025 par VIAS donne un éclairage qui fait écho : un conducteur belge sur trois peine à identifier ce que font les aides à la conduite installées dans son propre véhicule. Pourtant, le freinage automatique d'urgence, l’alerte de franchissement de ligne ou l’adaptation intelligente de la vitesse sont des systèmes désormais obligatoires sur tout véhicule neuf depuis juillet 2024 en Europe. Mais une grande partie de Belges ignorent à quoi elles servent, comment elles fonctionnent et quelles sont leurs limites. Mais encore une fois, ce n’est pas propre à l’automobile...

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Par David Leclercq Rédacteur automobile

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