L’Euro 7 sera-t-elle la dernière norme Euro pour les émissions des voitures particulières ? Peut-être, car avec l’interdiction totale de la vente de moteurs thermiques en 2035 dans l’Union européenne, il semble peu probable qu’une norme Euro 8 suive.
Mais ça ne veut pas dire non plus que l’Euro 7 ne concernera que les voitures à moteur thermique, car cette norme s’intéresse aussi aux émissions de particules fines des voitures électriques, spécifiquement celles dues à l’usure des pneus et des freins.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Encore un an de sursis
À partir du 30 novembre de cette année, chaque nouvelle voiture particulière mise sur le marché devra répondre à cette norme Euro 7. Une période de transition d’un an est toutefois prévue pour les actuelles voitures Euro 6. Celles-ci ne devront être retirées du marché qu’au 30 novembre 2027.
L’histoire montre que les nouvelles réglementations (que ce soit en matière d’émissions ou, par exemple, de systèmes de sécurité actifs) déciment en général l’offre de véhicules. C’est surtout le cas pour les modèles qui arrivent en fin de cycle de vie ou qui se vendent mal. Pour ceux-là, les constructeurs choisissent souvent de ne plus poursuivre leurs investissements pour adapter les technologies, car cela devient trop coûteux. L’opération est d’autant plus hasardeuse que chaque nouvelle technologie doit être testée puis homologuée.
A ce sujet, il faut se souvenir de l’introduction de la réglementation dite GSR II (pour General Safety Regulation) en juillet 2024. Sur le marché européen, celle-ci avait sonné la fin précipitée de la (précédente) Porsche Macan, mais aussi des Renault Zoé et Twingo, des Suzuki Jimny et Ignis ou encore des Toyota GR86/Subaru BRZ. Certains modèles sont évidemment restés à la vente, mais en dehors de l’Europe.
Il faut s’attendre à ce qu’en novembre 2027, toute une série de modèles disparaisse à nouveau du marché. Il s’agira surtout de modèles plus petits et plus anciens, issus des gammes de prix inférieures.
Publicité – continuez à lire ci-dessous
Ainsi, le groupe Volkswagen va par exemple arrêter en Europe la vente de son moteur trois cylindres de 1 litre. Ce qui signifie aussi de facto la fin de l’actuelle Polo dans sa version thermique essence. La nouvelle ID.Polo n’est évidemment pas concernée. La Polo essence n’est d’ailleurs plus construite en Europe depuis 2024, mais en Afrique du Sud, une délocalisation déjà liée à l’Euro 7.
Un investissement conséquent
Les enjeux de la norme Euro 7 sont nettement plus importants que pour les précédents sauts de générations d’Euro. Et ça s’explique : cette norme vise plus haut que la seule pollution du moteur tandis qu’elle fixe des objectifs de respect de la norme dans la durée nettement plus ambitieux. En effet, les véhicules doivent en effet respecter les limites d’émissions pendant une plus grande partie de leur durée de vie et notamment pendant un délai de 10 ans ou de 200.000 km.
Par ailleurs, les émissions de particules PM10 dues à l’usure des pneus et des freins seront également normées. Pour répondre à cette obligation, les fournisseurs des pièces concernées travaillent surtout sur les matériaux utilisés et sur la réduction de leur abrasion. Pour les moteurs thermiques, une limite d’émission de 60 mg/km s’appliquera aux oxydes d’azote (NOx), un seul qui passera à 80 mg/km pour les mécaniques Diesel. Certes sévères, ces exigences sont tout à fait atteignables, comme l’attestent les modèles récemment introduits ces derniers mois sur le marché européens.
Autre nouveauté majeure : le protocole d’homologation « GTR21 », pour « Global Technical Regulation No. 21 ». Ce protocole signifie que les tests ne se déroulent plus uniquement sur des bancs à rouleaux et en laboratoires, mais aussi en conditions de conduite réelle. Les mesures sont ainsi plus nombreuses, durent plus longtemps et couvrent davantage de cas de figure, y compris les plus exigeantes pour un moteur. Ça permet de mieux évaluer les trajets courts avec un moteur froid, les situations de conduite en charge ou encore avec une remorque.
Ces exigences entraîneront en tout cas une réduction sérieuse de l’offre de moteurs thermiques, car toutes les mécaniques ne pourront pas être adaptées. Les modèles qui devront absolument être conformés à la norme Euro 7 verront dès lors leurs prix se rapprocher des variantes électriques. C’est finalement cette norme qui poussera dans le dos la parité.
Des milliers de conducteurs belges suivent déjà Gocar pour rester informés et découvrir les meilleures offres d'occasion et neuves. Vous aussi, restez informé :