Une voiture qui percute un camion à l'arrêt : ce titre de fait divers, on peut le lire chaque semaine dans la presse locale. Et en général, il n’est pas nécessaire de poursuivre la lecture après le chapeau de l’article, car on sait que les conséquences de ce type d’accident sont presque toujours fatales. À vitesse élevée, comme sur voie rapide ou autoroute par exemple, le conducteur (et éventuellement son passager) ne survit pas face au semi-remorque. Et pour cause : la voiture se retrouve généralement en dessous du camion. Souvent, les poutres porteuses en acier de la remorque sont situées à hauteur des yeux et elles viennent frapper de plein fouet la partie supérieure de la voiture.
Que ce type d’accident survienne lorsqu’un embouteillage se forme ou à l’arrêt, c’est souvent dû à un manque d’attention et à la distraction de l’automobiliste ou du camionneur. On aurait pu imaginer qu’avec les aides à la conduite actuelles, ce type de risque aurait pu être réduit, voire même totalement supprimé. Mais ce n’est pas du tout le cas. Chaque année, 400 personnes meurent de cette manière sur les routes d’Europe.
Les systèmes de sécurité inopérants
L'association automobile allemande ADAC, le service National Highways du Royaume-Uni ainsi que les chercheurs d'Euro NCAP se sont mis ensemble pour examiner ce phénomène. Ils ont pu certes constater des manquements, mais ils entrevoient en même temps des améliorations possibles.
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Lors d'essais avec plusieurs voitures particulières très récentes et toutes équipées des derniers systèmes de sécurité actifs, il s'est avéré qu'aucun véhicule ne pouvait éviter une collision avec un camion à l'arrêt à 130 km/h (malgré donc les systèmes de freinage d’urgence). Bien sûr, certains dispositifs freinent le véhicule pour limiter l'impact, mais aucun n’a pu éviter le choc. À des vitesses plus réduites, certains modèles sont tout de même parvenus à éviter la collision.
Un autre problème provient du fait que, pour de nombreux systèmes de sécurité plus anciens, les radars et caméras ne détectent pas les semi-remorques et ils ne réagissent donc tout simplement pas. Et il apparaît également que les camions tampons utilisés dans les chantiers sur les autoroutes pour protéger les travailleurs n’étaient pas non plus détectés. On notera que, bien que les tests aient été effectués sur plusieurs modèles du marché, les trois organismes n’ont pas cité de marque ou de modèle dans leur étude. Tout au plus a-t-on pu voir sur les photos une Tesla Model 3.
Structure absorbante
Celle-ci a été catapultée contre différents types de semi-remorques. Après une collision effectuée à 56 km/h, les conséquences étaient déjà désastreuses. On a pu observer que les zones de déformation en dessous du capot de la voiture n’avaient pas fait leur travail correctement et que le choc avec les poutres porteuses réduisait presque à néant les chances de survie des occupants du véhicule.
Un test similaire réalisé aux États-Unis avec le système Toughguard – un système dont les barres de protection arrière empêche efficacement une voiture de s'encastrer sous la remorque, non obligatoire toutefois –, a montré que celui-ci retenait mieux le nez de la voiture. La zone de déformation peut ainsi être efficace et réduire l'impact des poutres porteuses.
Obligatoire aussi en Europe ?
L’Euro NCAP et l'ADAC appellent dès lors à rendre obligatoire en Europe ce type de dispositif « Toughguard » dont 70% des camions américains seraient déjà équipés.
Les deux parties demandent aux gestionnaires de flottes et aux fabricants de semi-remorques d'installer de manière proactive ces éléments afin de sauver potentiellement plusieurs dizaines de vies chaque année.
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